Financement de l’ERD: fausseté

OPINION / Le 4 janvier dernier, le citoyen Mishell Potvin écrivait sur cette tribune que les trois conseillers de l’ERD bénéficiaient d’une « subvention de 945 000 $ ». Cette information est complètement fausse, les conseillers de l’ERD ayant droit exactement aux mêmes budgets que les conseillers indépendants.

Le 945 000 $ auquel M. Potvin fait référence est le calcul du montant auquel la personne qui occupe la fonction de maire a droit annuellement pour le fonctionnement de son cabinet, et est exclusivement réservé à ces fins. Ce montant n’a aucun lien avec l’appartenance ou non à un parti politique. Tous les maires de villes de plus de 100 000 habitants y ont droit, selon les articles 114.4 et suivants de la Loi sur les cités et villes.

D’ailleurs, pour répondre à la demande de M. Potvin de couper ce budget, je lui réponds que Mme Néron n’a pas attendu qu’on lui en fasse la suggestion pour réduire les dépenses du cabinet de la mairie. Depuis son entrée en poste, elle ne fait inscrire au budget que les deux tiers du montant permis. Et même réduit d’un tiers, elle n’a jamais utilisé ce budget en entier.

En bref, il est faux de prétendre que les élus de l’ERD ont accès à des budgets supérieurs à ceux des conseillers indépendants et le budget du cabinet de la mairie a déjà été coupé de façon importante par Mme Néron.

Marc Bouchard, conseiller municipal, district 11

Président du caucus de l’ERD

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KÉNOGAMI: UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT

En tant que citoyenne du secteur de Kénogami, je me permets de répondre à l’opinion parue le mardi 7 janvier dans cette section, Kénogami, un bidonville. Le texte publié m’a fait sursauter et m’a semblé porter des jugements et des stéréotypes dévoilant une grande mauvaise foi concernant les projets annoncés dans le quartier.

« Je n’ai rien contre la Maison de quartier, mais vous avez eu l’occasion rêvée de vous en débarrasser afin d’investir à Jonquière. Quelle richesse pour Kénogami en ruine ! Kénogami est pauvre et vous avez décidé d’y créer un bidonville : la Maison de quartier, L’Escale et l’épicerie communautaire, alors qu’il existe déjà la Soupière, le Kéno R.O.C.K Café, la Saint-Vincent de Paul. »

Déjà, lancer la pierre aux organismes qui offrent des services à la population, c’est ici un signe d’intolérance et un manque flagrant de respect envers leurs missions. Aussi, associer les ressources communautaires à l’appauvrissement d’un secteur démontre une méconnaissance du travail et des retombées dans le milieu.

En décembre, on nous a annoncé qu’un projet structurant de cinq millions allait s’implanter à Kénogami. Un projet où des organismes (Maison de quartier, épicerie Halte-ternative, café, services d’intervention du Patro de Jonquière) se regrouperont pour répondre à des besoins criants dans le milieu. Mais que pensez-vous que feront ces organismes, au juste ? Ils ne vendront pas seulement des objets de seconde main ou des denrées pas chères ! Ces organismes vont s’investir dans le milieu, vont y amener leurs salariés et leurs bénévoles qui investiront le quartier. Ces mêmes travailleurs et bénévoles vont constamment vouloir l’amélioration du secteur dans lequel ils opèrent. Ils vont se regrouper, s’impliquer, développer. Le développement amène le développement et je crois sincèrement que l’addition de tous les projets à venir donnera des idées à d’autres.

Si on lit entre les lignes, si on porte attention au vrai message, Mme Aubut apporte des points avec lesquels je partage ses points de vue : l’abandon de la culture et le fait que le quartier ne soit pas propice à l’utilisation du transport en commun. La décision de fermer la bibliothèque de Kénogami n’en est pas une bonne, car ce n’est jamais une option sensée d’enlever des lieux accessibles de culture aux gens. La Ville aurait clairement pu considérer une relocalisation, notamment avec l’annonce du projet communautaire dans l’ancien édifice Gagnon Frères. Et pour ce qui est du transport en commun, il y a des améliorations au niveau du tracé, des services et des coûts pour le rendre attrayant aux gens.

Pourquoi ne pas profiter de l’implantation du projet communautaire pour inclure les institutions et les points d’intérêts déjà existants et les mettre en valeur ? Le parc commémoratif William Price, le centre d’histoire, le club de curling, le club de boxe et le centre de ski Mont-Fortin. À Kénogami, il y a également des entreprises, des associations, des écoles, des parcs ! Des lieux qui ne sont présents dans aucun bidonville et qui méritent de faire partie de cette vision de développement pour Kénogami.

Peut-être qu’il n’est pas question de grande entreprise ou de franchises bien populaires pour Kénogami, mais pouvons-nous voir ça comme une opportunité, comme une chance de développer de façon durable et responsable ?

La richesse d’un secteur ne se traduit pas par le salaire moyen de ses résidants, mais par le fait qu’ils s’y sentent bien, qu’ils s’identifient et qu’ils participent au dynamisme et à la vie du secteur. Personnellement, je suis très enthousiaste à l’idée de voir de nouveaux projets voir le jour dans le quartier et je suis convaincue que ça n’ira qu’en s’améliorant.

Kénogami, un bidonville ? Et pourquoi pas Kénogami, un nouveau modèle de développement ?

Julie Durand, citoyenne de Kénogami

Étudiante au baccalauréat en travail social, UQAC