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Carrefour des lecteurs
Le Quotidien
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Fier de Nutrinor

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OPINION / Dans l’édition du Quotidien du 12 février, je lisais que Nutrinor, une entreprise coopérative agricole du Saguenay-Lac-Saint-Jean, regroupant essentiellement les producteurs laitiers, continue de progresser. Elle déclare des bénéfices de 19,2 millions de dollars pour 2020. J’imagine que les agriculteurs membres de la coopérative doivent être fiers de leur organisation économique et croient encore davantage en la mission de Nutrinor, soit « unir nos forces à celles de la terre pour accroître, de façon durable, la richesse collective ».

Par Louis Pilote, Lac-Kénogami

J’aimerais leur signifier que, moi aussi, je suis fier d’eux. Je suis de ceux qui encouragent et soutiennent le plus possible les initiatives économiques régionales, particulièrement les entreprises coopératives. Comme eux, je crois à la souveraineté alimentaire. Je m’efforce d’acheter localement. J’encourage à ma manière l’agriculture durable.

C’est au début des années 80 que l’Association coopérative laitière du Saguenay-Lac-Saint-Jean change de nom pour Nutrinor. Aujourd’hui, avec un peu plus d’un millier de membres producteurs laitiers et son chiffre d’affaires de près de 500 millions, Nutrinor est incontestablement un leader du développement régional. Faut se le dire et prendre conscience qu’en région la réussite économique est possible. Ne pas attendre que les autres viennent nous développer et le modèle coopératif semble prometteur pour l’avenir des régions.

Il y a quelques années, les membres de Nutrinor ont choisi de rester indépendants et de ne pas se fusionner avec Agropur. La décision n’allait pas de soi. Se joindre à un plus gros pour progresser est défendable. Aujourd’hui, on peut dire que leur décision était la bonne. Agropur en arrache. Son taux d’endettement est énorme et les profits sont minimes.

Agropur fonctionne à la manière d’une multinationale même si elle a le statut de coopérative. Les décisions sont très centralisées et les régions ne sont souvent que des fournisseurs de produits que l’on transforme ailleurs. C’est le modèle de la multinationale, plus lié aux fluctuations des marchés transnationaux et par le fait même plus ou moins soucieux des besoins des régions. Une coop ne peut être délocalisée. Elle doit se coller aux impératifs économiques locaux parce qu’elle a été créée pour satisfaire les besoins spécifiques des membres propriétaires.

Longue vie à Nutrinor et chapeau aux administrateurs et aux gestionnaires de cette coopérative prospère du Saguenay-Lac-Saint-Jean.