Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Feu du pont Dubuc: triste anniversaire

Carrefour des lecteurs
Carrefour des lecteurs
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
OPINION / Ça fait maintenant sept ans que le pont Dubuc a brûlé. L’accès à la rive nord du Saguenay venait d’être coupé abruptement à la circulation et ça allait durer presque trois semaines. Je m’en rappelle, parce que toute la nuit, j’avais assisté les autorités municipales en plus d’alerter les médias.

Par Marc Pettersen, conseiller municipal de Chicoutimi-Nord

D’ailleurs, André Deschênes, du 92,5 FM, était entré en ondes plus tôt pour annoncer la nouvelle à une population incrédule. Je me souviens également de la couverture exceptionnelle de Patricia Rainville et de toute l’équipe du Quotidien. Ainsi, en ce matin polaire de décembre, on a tous constaté la vulnérabilité de ce lien vital entre les deux rives. Pourtant, à Jonquière, il y a trois ponts pour traverser la Rivière-aux-Sables ; à Alma, trois ponts et une route de ceinture flambant neuve pour une population de 30 904 citoyens ; à La Baie, trois ponts pour la rivière à Mars. Mais ici, pour Chicoutimi-Nord, Shipshaw, la MRC du Fjord-du-Saguenay et l’augmentation spectaculaire du camionnage lourd allant et venant de la Côte-Nord... Eh bien on préfère gérer le risque. Ça veut dire que tant qu’un camion d’essence ne se renversera pas, qu’il ne prendra pas feu et qu’il n’y aura pas de morts, le ministère des Transports et le gouvernement – et là j’inclus tous les gouvernements depuis 20 ans – ne lèveront pas le petit doigt pour concrétiser un projet de deuxième pont. Je dois dire cependant que j’ai confiance en notre ministre Andrée Laforest qui, jusqu’à maintenant, ne déçoit pas la population de Chicoutimi. Je veux toutefois rappeler, pour faire accélérer la réflexion et les décisions, qu’on gérait aussi le risque à Lac-Mégantic !

Revenons à ce fatidique feu juste pour nous rappeler que les ministres Bédard et Gaudreault nous promettaient une étude «bidon» de circulation pour faire taire ceux – dont moi – qui réclament depuis longtemps un second pont. Or, ce n’est pas une question de trafic que de réclamer un second accès sécuritaire pour les citoyens de l’«autre rive», c’est une question de développement économique et de sécurité civile.

En 2018, à la suite de représentations que j’avais faites durant la campagne électorale, le candidat devenu premier ministre François Legault lui-même avait promis une vraie étude socioéconomique pour un nouveau pont, mais on attend toujours. J’espère seulement qu’il va demander une vraie étude et pas seulement s’appuyer sur l’étude de circulation que les péquistes nous proposaient. Parce que comme on l’avait réclamé pour l’autoroute dans le parc des Laurentides, ce n’est pas une question de quelques bouchons de circulation, c’est encore une fois une question de développement économique et de sécurité civile.

Et justement, à l’époque, quand j’étais dans le bureau de direction d’Accès Bleuets, on réclamait une vraie étude socioéconomique. Dès que cette étude a été publiée, la nécessité de construire ce lien important pour le développement économique de la région a mené à sa réalisation. De la même manière que construire un second pont avec une route de ceinture industrielle comme à Alma va permettre à Chicoutimi-Jonquière-La Baie et la MRC de se développer encore plus tout en devenant un point stratégique du Moyen Nord et du Plan Nord. À ce sujet, Chicoutimi-Jonquière-La Baie et la MRC du Fjord-du-Saguenay ont besoin de cette infrastructure majeure et essentielle et je vais continuer à me battre pour sa réalisation tout en respectant le voeu des 28 000 personnes qui ont signé de leur main la pétition.

C’est très légitime de réclamer à grand cri une étude socioéconomique de la même valeur (au moins 2 millions) que celle qui est faite actuellement pour le pont à Tadoussac et la grande région de la Côte-Nord. Il faut mentionner à ce sujet que l’étude pour un second pont sur le Saguenay devrait inclure la rénovation de la route 172 à quatre voies divisées à des endroits stratégiques pour améliorer la circulation et permettre par le fait même aux biens et services et aux populations de la Côte-Nord de transiter par Chicoutimi-Jonquière-La Baie pour rejoindre le reste du Québec.