Fête de la nativité

OPINIONS / La fête de la nativité telle qu'on me l'a enseignée et telle que mon expérience de foi me l'a fait comprendre. C'est en ces termes qu'à l'occasion de cette célébration, que partout dans le monde on appelle la «fête de Noël», je voudrais aborder ce thème.
À mon sens, Noël en lui-même ne veut pas dire grand-chose. Au Japon et en Chine des pays sans religion affichée, là aussi on fête Noël avec moult lumières et décorations, mais sans plus. En fait, il n'y a guère que dans les pays de religion musulmane que Noël ne trouve à peu près aucun écho. Un Saoudien qui oserait dresser un arbre de Noël devant sa porte risquerait sans doute au mieux la prison.
Mais qu'en est-il de nous Québécois? Au temps des Fêtes, invariablement on invite des artistes à répondre à l'inévitable question. Que veut dire pour vous Noël? La réponse? Aussi invariable que la question elle-même. Moi, c'est les cadeaux, l'amour, la dinde et les tourtières. Eh non! En dehors du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Charlevoix, on n'a pas encore saisi la différence entre la tourtière et les pâtés à la viande. Mais, de dimension religieuse? Rien ou à peu près rien. Bien au contraire plus souvent qu'autrement on affiche volontiers son athéisme. En revanche donc, pourquoi le croyant, lui, n'afficherait-il pas sa foi?
Personnellement j'aime plutôt parler de la fête de la nativité. Selon la révélation, Dieu, le créateur, aurait, il y a 2000 ans, à un moment précis de l'Histoire, choisi d'envoyer son Fils pour sauver l'humanité. Rien de moins. La première phrase du Minuit Chrétiens nous situe en plein coeur du mystère. L'inimaginable se produit. Franchissant le temps et l'espace, sur une quelconque planète d'une quelconque étoile, d'une certaine galaxie parmi les quelque 2000 milliards d'autres, Dieu envoie son fils pour sauver l'humanité. Une histoire à dormir debout... diront certains. «Mais la sauver de quoi?» ... répondait Luc Ferry, l'ancien ministre de l'Éducation nationale de France à la question qu'on lui posait. Du péché! Du mal! De ce mal qui arrive de partout, qui est en chacun de nous, par nous et pour nous. Comment pourrions-nous choisir le bien si nous n'étions pas aussi exposés au mal?
C'est ce que je crois... sans prétention.
Guy Laberge
Chicoutimi