Fausse nouvelle

OPINION / Plus personne ne va au cinéma. C'est la perception que plusieurs partagent, mais est-ce vraiment une réalité? J'en surprendrai peut-être plus d'un, mais le revenu au box-office le plus élevé de l'histoire du cinéma a été enregistré en 2015 au Canada et aux États-Unis : 11,1 milliards de dollars.
À titre de propriétaire d'un cinéma depuis près de 10 ans et de président de la Corporation des salles de cinéma du Québec, qui représente 75 % du box-office au Québec, je constate au quotidien que le fait d'aller voir un film au cinéma demeure encore un incontournable pour un grand nombre de Québécois. Il s'agit d'une expérience imbattable qui permet de découvrir et d'apprécier notre culture en grand! Pourtant, on véhicule une image fausse et préconçue de la fréquentation et de l'appréciation du cinéma en salle par les consommateurs. Je souhaite donc apporter quelques précisions à cet effet. Malgré l'avènement du cinéma-maison, du streaming illégal ou de plateformes telles que Netflix ou Illico, les données autant pour le marché domestique (Canada/États-Unis) qu'en France démontrent que le nombre d'admissions dans ces salles demeure stable depuis cinq ans.
Il est vrai qu'au Québec, une baisse de fréquentation a été constatée ces dernières années. Pourtant, dans le reste du Canada et aux États-Unis, les revenus de billetterie ont augmenté, et ce, grâce à une offre de service bonifiée : des fauteuils plus spacieux et confortables, le service de vin, de la nourriture plus raffinée et des écrans plus grands que jamais. Il faut savoir que les propriétaires de salles québécoises ont dû consacrer des investissements énormes pour réaliser la transition vers le numérique plutôt que d'améliorer et de diversifier l'offre de service. 
Cependant, nous constatons depuis peu plusieurs initiatives prometteuses qui ont récemment vu le jour au Québec telles que le cinéma-boutique de Saint-Hyacinthe, le cinéma-apéro à Saguenay ou encore le Complexe VIP de Brossard. Je peux témoigner que dans toutes les régions de la province, des efforts sont déployés pour renouveler et enrichir l'expérience offerte aux amateurs du septième art. Mais au-delà de ces services bonifiés, il a été démontré qu'une cinématographie locale bien portante a un impact positif sur la fréquentation des salles de cinéma. 
Au Québec, la performance de notre filmographie fluctue d'une année à l'autre. Cependant, 2017 s'annonce une excellente année en terme de recettes, notamment grâce à des films québécois à grand succès comme Bon Cop Bad Cop 2 et De père en flic 2 ou encore, des films plus intimistes comme C'est le coeur qui meurt en dernier, qui a rejoint un plus petit public, mais tout aussi conquis. À ceux qui prédisent encore la mort du cinéma en salle, je répondrai que je demeure convaincu que l'expérience incomparable qu'offrent les salles de cinéma assure l'avenir de ce mode de diffusion. Je mets quiconque au défi de nommer une activité de loisir pour une personne seule, un couple ou une famille, d'une durée d'environ deux heures à moins de 12 $ par adulte (prix régulier) et qui donne l'occasion d'apprécier une production de qualité, dont les budgets atteignent parfois des centaines de millions de dollars. 
Aller au cinéma, c'est une sortie en soi; une activité sociale offrant un divertissement culturel unique, et par le fait même un moyen formidable pour les Québécois de contribuer au rayonnement de leur culture. 
La vraie nouvelle : le cinéma en salle n'est pas prêt de mourir!
Éric Bouchard, président
Corporation des salles de cinéma du Québec
Au carrefour de l'engagement
OPINION / Saviez-vous que plus de 2,4 millions de Québécois s'engagent bénévolement et que ceux-ci contribuent annuellement à hauteur 7 milliards de dollars dans notre économie ? Cet engagement est malheureusement peu tangible pour notre société.
Saviez-vous qu'au Canada, plus de deux tiers des moins de 19 ans déclarent s'investir bénévolement dans un organisme ? C'est près de 50% plus élevé que la moyenne ! Pourtant, l'étiquette « Les jeunes s'engagent moins que leurs aînés ! » est encore trop souvent présente. Les jeunes s'engagent donc ! De plus, ils investissent de nouvelles formes qui échappent aux critères dits « classiques ». (...) 
Nous assistons à la recherche d'un bonheur par l'accomplissement individuel à travers un projet collectif et à la volonté de trouver une réponse locale à des enjeux globaux.
Au Québec, à la vue des défis sociaux, économiques et écologiques de notre génération, il est urgent de donner une voix à la jeunesse et de lui donner des occasions d'émancipation. En effet, s'engager est un vecteur de développement social et psychologique. (...) Le bénévolat et le volontariat incarnent cette vision de jeunes altruistes, prêts à se dépasser et à relever des défis, à la fois acteur et créateur. Les carrefours jeunesse-emploi (CJE) encouragent quotidiennement ces jeunes, nonobstant leurs origines culturelle ou sociale, à s'investir dans des projets d'utilité collective à leurs images tout en développant leurs propres capacités d'agir. Les CJE travaillent afin que chacun ait une voix au chapitre car, dans cet effort commun, nous ne pouvons manquer d'aucune voix pour façonner le Québec de demain dès aujourd'hui. (...)
Laissons la place aux initiatives jeunesse et citoyenne afin d'actionner un puissant levier d'émancipation et de développement de potentiel pour les jeunes du Québec!
Alexandre Soulières, directeur
Réseau des CJE du Québec