Fausse bonne idée

OPINION / Depuis des années, les nutritionnistes de plusieurs pays cherchent la formule magique pour alerter le consommateur que le produit alimentaire qu’il s’apprête à acheter pourrait lui causer des problèmes de santé ou de surpoids. Plusieurs choses ont été tentées : des logos, des alertes à l’image des feux de circulation, etc. Santé Canada veut maintenant qu’un logo standard apparaisse sur le devant des produits alimentaires. Il sera indiqué, sur ce logo, « Élevé en : gras saturés / sucres / sodium ». L’objectif visé est d’aviser, en un coup d’œil, le consommateur qu’il s’apprête à consommer un produit élevé en l’un ou plusieurs de ces trois nutriments. Ce logo sera le même pour tous les produits qui dépassent le seuil identifié par Santé Canada.

Tout cela est plein de bonnes intentions et il est même un peu gênant d’émettre des réserves, tant on a l’air de s’opposer à la lutte contre le surpoids ou les maladies chroniques. 

Si ça marchait, ce serait merveilleux. Par une simple image, on éduquerait enfin les citoyens à la santé par l’alimentation. Mais comme le disait Mencken, « il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe et fausse ».

On dénombre des centaines de logos et les opinions les plus contradictoires circulent sur leur efficacité. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, au terme d’une analyse neutre et exhaustive, a conclu que « les systèmes d’information nutritionnelle [logos] ne paraissent pas adaptés aux enjeux de santé publique que constituent surpoids et obésité, désordres métaboliques, maladies cardio-vasculaires et certains cancers. »

On ne peut classifier l’ensemble des aliments en deux catégories (les bons et les nettement moins bons).  C’est discriminatoire à l’égard de nombreux produits qui sont sains, même s’ils peuvent dépasser légèrement un seuil d’ingrédient moins désirable. Par exemple, plusieurs produits transformés à base de fruits (jus, compotes, etc.) contiennent naturellement du sucre. Avec ce nouveau logo, ceux-ci seraient désormais catégorisés « à haute teneur en sucre », ce qui inciterait les consommateurs à ne pas en acheter, même s’ils fournissent un apport important en minéraux (potassium), fibres et en vitamines. On pourrait multiplier les exemples, notamment avec les produits laitiers. 

Nous ne sommes pas les seuls à y voir un problème.  Le logo chilien, qui a inspiré Santé Canada, a même été critiqué par les représentants du Canada à l’Organisation mondiale du commerce en 2014, 2015 et 2016. Vraisemblablement, la main gauche gouvernementale ignore ce qu’en dit la main droite.

Mettre en évidence la teneur en certains éléments qui présentent des risques particuliers en matière de surpoids est pertinent. Mais plutôt qu’un simple logo, pourquoi ne pas fournir des informations précises et nuancées, comme la teneur réelle en nutriments plus critiques, en gramme et en pourcentage d’apport quotidien, d’une portion d’un produit?  Ce serait plus complet, plus utile pour les consommateurs et plus respectueux des producteurs et les transformateurs alimentaires.

Il faut accroître la préoccupation « santé » dans l’alimentation et le choix des produits. Les entreprises ont certes une responsabilité à cet égard, mais on ne peut leur imputer l’ensemble des causes ou des effets alors que plusieurs découlent du comportement des consommateurs. Malgré toutes les études et avancées scientifiques, les produits à haute teneur en gras, sucre et sel restent très populaires.  Il y a donc des efforts de sensibilisation et d’éducation à déployer, mais c’est l’ensemble de la société qui doit prendre les bouchées doubles. 

Stéphane Forget, président directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec

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Bien-être animal

Si, selon le professeur Alain Roy, les pratiques du rodéo contreviennent à la Loi sur le bien-être animal, il devrait se pencher sur certaines activités humaines. L’Homme est lui-même, avant tout, un animal. Doté de sensibilité encore plus que les bêtes. Selon son raisonnement, il faudrait abolir tous les sports de combat, la majorité des sports olympiques et toutes activités de travail qui causent des souffrances.

De plus, la vie en milieu naturel étant un impératif biologique essentiel aux animaux, il devrait condamner ceux qui gardent prisonniers chiens et chats dans leurs maisons devenues prisons. De telles sortes que ces derniers développent souvent des comportements neurasthéniques et qu’ils doivent consulter, car ils ont été dépouillés de leur nature profonde et transformés en «patates de sofa», à mille lieues de leur animalité profonde.

Les animaux doivent être aimés et respectés, mais traités comme des animaux, pas comme des humains. L’anthropomorphisme de certains frise le fanatisme animaliste. 

On peut respecter les animaux tout en les utilisant. Dans les règles de l’art. Certains confondent service et sévices. Les animaux ont de l’instinct, mais n’ont ni l’intelligence, ni le libre arbitre, ni le jugement, ni la débrouillardise que nous avons et c’est pourquoi ils sont à notre service et non l’inverse. Et tous les deux nous sommes dotés de sensibilité et parfois, nous comme eux, nous souffrons. La souffrance et la mort font partie de la vie. N’en déplaise aux curés et aux déséquilibrés qui disent que leur animal de compagnie est leur bébé. Si ton chien est ton bébé, je te laisse deviner ce que tu es. 

Quand ton animal de compagnie doit consulter parce qu’il a des comportements erratiques et erronés, peut-être que le maître devrait en faire autant. Certains n’aiment pas assez les animaux et d’autres, trop. On l’a vu lors du meurtre ignoble de madame Vadnais, perpétré par un tueur cruel et sanguinaire. Certains «amis des animaux» sont même allés jusqu’à menacer de mort ses proches éplorés.

Michel Favreault, Sainte-Ursule