Faisons preuve de bon sens

OPINION / Le printemps est arrivé. Ça fait du bien de sentir la chaleur du soleil, de mettre les mains dans la terre et de préparer la saison de culture pour moi qui est paysan. C’est si beau et si bien fait, la vie ! Je me retrouve pieds nus, à jardiner et à vivre des instants de bonheur à contempler l’ensemble de toute cette beauté. Et puis, je reviens vite à la réalité… à nouveau les déchets.

Cet hiver, j’ai fait le tour du réservoir qu’on appelle faussement un lac. Sur le chemin, j’ai ramassé tous les déchets que j’ai croisés. À pied, sur le bord des rangs, le plus souvent, avec mon chien, à marcher et à m’arrêter dans plusieurs villes et villages. Au fil de ce périple, j’ai développé une forte appartenance au territoire d’où je suis.

L’autre jour, je pensais être parti marcher sur le bord de l’eau paisiblement. Et, comme il m’arrive régulièrement, je me suis plutôt retrouvé à ramasser des déchets. Le pire est celui que tu ne réussis pas à ramasser au complet ; ce plastique qui se désintègre, sous les feuilles mortes, sous la glaise. Il y a bien d’autres affaires… de la vitre plus souvent fragmentée que complète. On n’a quasiment pas besoin de traîner de sac, on en trouve vite un quelque part !

C’est terrible de constater l’ampleur de tout ça. Le pire reste pourtant invisible. Je vois mes animaux boire dans l’eau du ruisseau et je sais fort bien que les agriculteurs utilisent des pesticides, insecticides, fongicides et intrants chimiques. On ne peut même pas boire l’eau qui coule dans les ruisseaux !

Il est impératif de remettre nos pratiques en question. C’est vrai pour l’agriculture, ce l’est aussi pour l’ensemble de ce qu’on fait dans la société. La convention est orientée vers la mort. « Une belle job propre » qui consiste à retirer la vie à son état naturel et à prendre le contrôle en contaminant le tout.

Il y a urgence climatique, extinction de masse, perte de biodiversité et puis, on continue à avoir ces mauvaises pratiques ? Alors qu’il y a nombre d’injustices et d’inégalités. C’est honteux !

Et on se fait parler de croissance économique… Ça me sidère !

Comment se fait-il que nous soyons ici et maintenant, vivants dans la même région, ayant les mêmes besoins et que, malgré cela, on n’ait pas une vision commune de ce qui est bon pour nous ? Par nos choix économiques, servons-nous vraiment nos intérêts ? La vérité, c’est qu’il n’y a même pas d’espace pour en discuter. Ça s’appelle un manque démocratique ; c’est la politique dans la forme où elle est censée nous représenter.

Qu’en est-il de notre politique ?

À l’heure où tout est orienté vers l’industrie, vers l’exportation, quand nos besoins réels risquent fortement d’être déficitaires, alors que nous faisons face à de nombreux enjeux, il est temps de s’organiser.

Faisons preuve de bon sens et rassemblons-nous pour remettre de l’ordre entre le politique, l’économique et le social, et pour mettre les fondements d’un projet de société qui sert véritablement notre intérêt !

Charles Bois

Représentant, Saguenay–Lac-Saint-Jean

Union paysanne

PRINCIPE DE PRÉCAUTION

J’ai été impressionné par la vigueur intellectuelle manifestée par notre sociologue Guy Rocher, un acteur important de notre révolution tranquille, qui, à 95 ans, s’est déplacé en commission parlementaire à Québec pour faire entendre son point de vue concernant le projet de loi 21 sur la laïcité. Le même soir, il a répondu longuement et avec aplomb à toutes les questions que lui a posées Anne-Marie Dussault à 24/60.

Mais je n’ai pas été impressionné par l’argumentaire qu’il a soutenu pour appuyer le projet de loi 21 sur la laïcité, soi-disant qu’étant donné qu’il est impossible de fournir des motifs supérieurs ou des données probantes, comme l’a souhaité Gérard Bouchard à cette même commission, pour aller de l’avant avec un tel projet de laïcité qui veut interdire, en particulier, aux futures enseignantes de porter un voile islamique en classe, il est donc nécessaire de faire appel au principe de précaution, au cas où des élèves ou des parents seraient inconfortables avec une telle tenue, eux qui sont peut-être Témoins de Jéhovah, catholiques, protestants ou même athées... La liberté de conscience de ces derniers étant plus importante, selon M. Rocher, que celle d’une enseignante qui désire porter le voile sur ses heures de travail. Il évoque aussi l’utilité de ce principe de précaution pour éviter une possible « reconfessionnalisation » des écoles devant une certaine prolifération des voiles islamiques portés par des enseignantes.

Cet argumentaire de M.Rocher ne s’inscrit pas dans le réel. En effet, les commissions scolaires et donc les écoles sont non-confessionnelles depuis 1998, et ce, conformément à la loi. Aucun retour en arrière n’est prévu ou envisageable par les Québécois. Je concède que dans certaines écoles, où plusieurs enseignantes portent des voiles, il peut y avoir une certaine apparence confessionnelle islamique, mais ce ne sera toujours qu’une apparence. Et concernant l’interdiction de porter le voile dans les écoles pour ce dernier motif, mais, en particulier, pour des motifs de respect de la liberté de conscience autant des élèves que de leurs parents, le principe de précaution souhaité par M. Rocher ne peut se justifier, car depuis au moins vingt ans, aucun problème n’a été soulevé sous ce rapport. Il est manifestement sans objet.

En fait, pour prendre une comparaison dans le monde réel, il est connu que les municipalités, et même Québec, légifèrent ou tentent de le faire pour obliger les pitbulls à porter une muselière quand leur maître les amène dans des parcs où il y a des enfants avec leurs parents. Et c’est justement le principe de précaution que ces autorités invoquent, même si ça ne fait pas l’affaire de certains propriétaires qui prétendent que leur chien est tout gentil et inoffensif. Ici, le principe de précaution se justifie amplement, pourquoi ? Parce qu’il y a eu des cas tragiques.

C’est pourquoi, en l’absence d’une réelle problématique, museler les enseignantes sur le plan de l’expression religieuse, au cas où seulement, m’apparaît plutôt abusif et irrespectueux. Aussi, s’il n’est pas trop tard, je souhaite que ce modèle de laïcité d’interdiction, justifié maintenant par l’argumentaire déraisonnable de M. Rocher, soit abandonné pour y préférer un modèle de laïcité d’invitation basée sur l’adoption d’un code d’éthique élaboré selon une approche transpartisanne, si telle chose est encore possible. Mais pour cela, il faudrait que le Parti libéral du Québec et Québec solidaire demandent le retrait de l’actuel projet et endossent courageusement ma proposition ; sinon, par défaut, ils cautionneront ce projet vu que le gouvernement est majoritaire et que s’ils ne font rien en termes de contre-proposition signifiante, il sera bel et bien adopté.

Denis Forcier

Shefford

Carrefour des lecteurs

Distraction

OPINION / Ma lettre s’adresse à tous les candidat.e.s de cette campagne électorale. Je suis la campagne électorale, car je veux comprendre la plateforme des différents partis pour pouvoir exercer mon devoir de citoyenne le 21 octobre de façon éclairée. J’apprécie de pouvoir trouver l’information désirée sur les différents médias d’information.

Par contre, je ne suis pas une adepte de téléromans ou de nouvelles à sensation. Une campagne électorale n’est pas un feuilleton télévisé servant à divertir, n’en déplaise à certains médias.

Carrefour des lecteurs

La culture dans l’école

OPINION / Nourris par l’effervescence de la rentrée et par l’enthousiasme des enseignants pour les activités du volet scolaire des Journées de la culture, nous prenons la balle au bond pour livrer le fruit de nos réflexions sur la place que devraient occuper, au quotidien, les arts et la culture dans les écoles primaires et secondaires du Québec.

Les études scientifiques le confirment : la pratique artistique et les compétences culturelles contribuent au développement de tous les apprentissages. Comme le cours Éthique et culture religieuse, qui inculque aux jeunes les valeurs de savoir-être, de respect de soi et d’acceptation de l’autre, les arts et de la culture ont aussi un rôle fondamental à jouer dans la construction de la personne.

Opinions

Intelligence artificielle et fonction publique

OPINION / Le Québec est devenu un leader mondial dans l’industrie de l’intelligence artificielle (IA). Or, tandis que le développement de cette technologie s’intensifie dans le secteur privé, le gouvernement du Québec est bien discret sur le rôle qu’il entend faire jouer à l’IA dans ses propres services publics. Souhaite-t-il offrir des services publics supportés par celle-ci ? Si oui, est-ce que des règles éthiques en encadreront l’utilisation ? Autant de questions pour lesquelles les élus au pouvoir ne semblent pas avoir de réponse.

Actuellement, le gouvernement applique une vigoureuse politique de subvention destinée à l’IA : des centaines de millions de dollars ont été octroyés à des entreprises et des organismes du secteur, surtout concentrés à Montréal, pour favoriser leur croissance. À l’opposé, l’État québécois peine à développer une expertise en intelligence artificielle au sein de sa fonction publique. D’ici quelques années, si cette situation perdure, l’État se retrouvera inévitablement dépendant du secteur privé, tout comme il l’est déjà dans le domaine du développement de logiciels. D’ailleurs, de nombreuses firmes privées lorgnent les lucratifs contrats gouvernementaux qui seront associés à l’intelligence artificielle.

Carrefour des lecteurs

Rétablissons les faits

OPINIONS / À titre de président d’Alliance boréale et au nom des élus, des communautés et des travailleurs que je représente, je me dois de rectifier certains propos énoncés par M. Francis Fortier, directeur général mandats stratégiques, au sein du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, et rapportés dans Le Quotidien du 13 septembre par le journaliste Denis Villeneuve dans un article intitulé Caribou forestier : le ministère veut faire preuve d’ouverture.

Je ne peux laisser sous silence les propos de monsieur Forcier laissant entendre que j’ai induit les médias et les lecteurs en erreur lorsque j’ai mentionné que le ministère avait un objectif de recensement de 1,5 caribou/100 km2, lors de mon passage au Cercle de presse la semaine dernière. 

Carrefour des lecteurs

Le mirage du carboneutre

OPINIONS / Quel que soit le produit d’une entreprise, si c’est carboneutre tout est permis ?

Que ce soit des hydrocarbures fossiles comme le gaz de fracturation, des produits venant de l’exploitation minière, des produits d’usines de fabrication d’armes, des produits cancérigènes, des produits toxiques, etc. Quelle que soit la finalité de votre production, si vos opérations sont carboneutres, tout est parfait ? Indépendamment de ce qui se passe avant et de ce qui se passe après !

Opinions

Histoire de pêche

OPINIONS / Je parle de celle que Luc Boivin a racontée dans le Carrefour des lecteurs au chroniqueur Roger Blackburn, qui venait d’écrire sur les bateaux de croisière à La Baie. C’est le moins qu’on puisse dire, M. Boivin n’a pas apprécié.

Ça m’a rappelé une histoire de pêche contée par Ti-Gus pour faire rire. Elle se termine ainsi : « Coupe ta ouananiche, m’a éteindre mon fanal. » Luc s’adressant à Roger, ce pourrait être : « Coupe ton article, m’a cesser d’inventer. »

Carrefour des lecteurs

La grenouille et la compagnie

OPINION / Monsieur Marc St-Hilaire, Votre éditorial du 5 septembre comparant le blanc de GNL Québec à celui immaculé du béluga est fort instructif à plusieurs égards. Par contre, il est réducteur d’affirmer que nous sommes peu habitués au laxisme dans les études présentées par Rio Tinto aux autorités.

Dans le projet Vaudreuil et l’accumulation des résidus de bauxite dans le boisé Panoramique, la consultation du BAPE a été vite mise de côté par l’ex-premier ministre Couillard, contrairement à l’opinion initiale émise par son ministre de l’environnement M. Heurtel.

Carrefour des lecteurs

D’une époque à l’autre

OPINIONS / Depuis plusieurs années, je suis un bénévole assidu au Club de golf Lac-Saint-Jean, à Saint-Gédéon. Particulièrement affecté aux travaux pour l’amélioration du terrain, je fais en moyenne 125 heures de travail par année. Je me suis retrouvé à de nombreuses reprises à utiliser un outil qui m’a rappelé mon enfance : la primitive, mais non moins utile pelle ronde à main.

Après presque 80 ans, je garde un souvenir inoubliable de la période du travail à la ferme où tout se faisait presque exclusivement à la main. Pour un jeune homme un peu frêle, c’était un défi quotidien d’accomplir les tâches de la ferme.

Carrefour des lecteurs

Le 11 septembre et ses 18 ans

OPINION / On souligne en ce 11 septembre 2019, aux États-Unis tout particulièrement, le 18e et triste anniversaire des attentats du Word Trade Center.

À mes yeux, cela devient hautement symbolique. En effet, 18 ans, c’est l’âge d’Éva, la fille d’une amie à moi qui est née le jour même de cette tragédie. La voici devenue adulte. Elle est l’une des enfants du 11 septembre, comme on s’est employé à le dire afin de nommer tous ceux et celles qui sont nés en ce jour où plus de 3000 personnes ont perdu la vie suite à ces actes terroristes.

Opinions

Ce n’était que du fard vert

OPINION / On parle abondamment de l’importance d’un journal régional vivant, qui dit présent quand vient le temps de protéger l’essentiel, en toute logique.

À titre d’exemple, à venir jusqu’à maintenant, concernant les grands projets dans le fjord du Saguenay, je pense que la ligne éditoriale du journal Le Quotidien a été à la hauteur, parce qu’elle fut cohérente et équilibrée. Tenter de l’accuser de parti-pris serait, à mon avis, pure malhonnêteté.

Opinions

Pas la Côte-Nord, mais Arianne Phosphate

OPINION / Des acteurs socioéconomiques de la Côte-Nord proposent la construction d’un tout nouveau lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau comme outil de développement de leur région et du Québec.

Selon eux, le projet QcRail améliorerait la fluidité du transport des marchandises entre le Canada et les marchés internationaux, entraînant ainsi des bénéfices économiques significatifs. Il va sans dire que des entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean seraient mobilisées pour travailler à ce projet, tout comme elles le sont ailleurs dans le nord.

Carrefour des lecteurs

Les politiciens dorment au gaz

OPINION / On apprenait récemment que le gouvernement fédéral donnerait une subvention de 7,5 millions $ pour une étude pour un lien ferroviaire de 1,5 milliard $ pour permettre les échanges des biens et services de l’Ouest canadien vers les marchés internationaux. Essentiellement, le lien proposé par QcRail servirait à l’exportation du blé jusqu’au port de Baie-Comeau.

On sait qu’actuellement, le blé de l’Ouest doit d’abord passer par bateaux plus petits « style grand lacs » avant d’être transbordé dans de plus gros navires pour ensuite être livré sur les marchés internationaux. En fin de compte, c’est de cela qu’il est question : permettre à une multinationale déjà installée à Baie-Comeau de sauver quelques millions en frais de rupture de charge. Ainsi, le gouvernement fédéral met le pied dans un engrenage de 1500 millions de dollars alors qu’au Saguenay, la solution existe déjà. Je me pose actuellement des questions sur la pertinence de ce projet. Est-ce quelque chose de viable ou seulement de la poudre aux yeux électorale ?

Carrefour des lecteurs

Zone ferroviaire : un projet peu réaliste

OPINION / Le projet d’amphithéâtre de la zone ferroviaire, chéri de façon presque obsessive par la mairesse Josée Néron depuis bientôt un an, franchit une nouvelle étape visant à rallier les conseillers de l’ensemble de Saguenay.

Les élus de l’arrondissement de Chicoutimi ont présenté, ces derniers jours, un projet « allégé » de l’ordre de 60 millions $, supposément à coût nul, aux conseillers des arrondissements voisins. Le projet compte sur des retombées totales annuelles de 1,6 million $ pour financer la part de la ville estimée à 20 millions $ (1/3 des coûts), afin que le contribuable soit épargné financièrement sur son compte de taxes ; les paliers gouvernementaux, provincial et fédéral, devant quant à eux acquitter 2/3 de la facture.

Carrefour des lecteurs

Voie ferrée sur la Côte-Nord

OPINION / M. Carl Laberge s’inscrit en faux pour le projet de ligne ferroviaire reliant Dolbeau à Baie-Comeau sur le bassin versant nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me permets, comme simple citoyen, d’apporter un éclairage différent à ce projet.

Les quelques projets miniers au nord de notre région ont démontré la difficulté d’acheminer leurs produits vers les clients mondiaux. Atteindre le port de Grande-Anse pour eux nécessite de passer dans des villes et villages et sur des ponts. Qui plus est, même si le transport ferroviaire est le plus adapté pour leurs produits, ils se voient confrontés à deux obstacles majeurs : obtenir l’approbation de Rio Tinto pour aller de Jonquière à La Baie et finir le dernier kilomètre en camion (eh oui, la voie ferrée ne se rend pas au port de Grande-Anse). Donc, ils en arrivent au besoin de construire un nouveau port qui fera compétition sur la rive nord du Saguenay… On se tire dans le pied.

Carrefour des lecteurs

Feu rouge au Quotidien

OPINION / Dans son éditorial du 31 août dans Le Progrès, « Vous êtes donc où ? », Marc St-Hilaire déplore que peu d’intervenants socioéconomiques manifestent leur inquiétude quant à la « menace » que représenterait pour le port de Grande-Anse la réalisation d’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau. Son appel à monter aux barricades sera sûrement entendu par certains.

Je crois tout de même que la mentalité des intervenants en question a évolué, de pair avec celle des Saguenéens en général. Ils comprennent que cette nouvelle ligne de chemin de fer constitue une avancée pour un développement équitable de l’ensemble du Québec, en même temps que la meilleure solution pour le projet de la minière Arianne Phosphate.

Point de vue

L’heure juste sur les indemnisations

OPINION / Au courant de la dernière semaine, le commentateur Sylvain Charlebois a critiqué dans quelques médias le programme d’indemnisation des producteurs de lait à la suite de l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne (AECG) ainsi que pour le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Il reproche d’abord à ce programme d’être basé sur des pertes hypothétiques. L’AECG, par exemple, est en vigueur depuis près de trois ans. Les données d’Affaires mondiales Canada sont probantes et publiques. Pour les deux premières années, 99 % du fromage fin autorisé par cet accord est entré au Canada sans tarifs. Les pertes n’ont donc rien d’hypothétique : ce sont à terme 17 700 tonnes de fromages qui, sans cet accord, auraient été fabriqués ici avec du lait d’ici et qui désormais ne le seront plus.

Parallèlement, en 2018, seulement 0,5 % du porc, 3,1 % du bœuf et 8,8 % du maïs canadien autorisés à entrer sans tarifs en Europe par cet accord ont été exportés. Les producteurs d’ici, toutes productions confondues, ne recevant pas un soutien financier de l’État à la hauteur de celui offert à leurs concurrents européens, ont de la difficulté à être compétitifs avec le trésor public européen. En outre, en matière agricole, les gains anticipés de ces accords, eux, sont pour l’instant purement hypothétiques, mais les pertes des producteurs de lait sont déjà bien réelles et mesurables.

Carrefour des lecteurs

L'envers de la médaille

Cette lettre d’opinion est signée par Stéphane Allaire, Nicholas Bussières, Catherine Duquette, Patrick Giroux, Élisabeth Jacob, Nicole Monney, Karine N.-Tremblay, et Pascale Thériault, professeurs et professeures au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

OPINION / Nous souhaitons apporter un complément d’information qui nuance l’article du Quotidien intitulé « Une croissance des étudiants de 8 % à l’UQAC » paru le 28 août 2019.

D’entrée de jeu, précisons que nous sommes ravis de la hausse des inscriptions en enseignement à l’UQAC. 

En ce 50e anniversaire de l’université, cette augmentation pourrait permettre d’espérer une pleine reconnaissance de la formation des enseignants en nos murs ; un secteur qui fait partie de la loi fondatrice de l’Université du Québec.

L’article fait fi d’une conjoncture plus large qui sévit actuellement et qui, en plus d’apporter un bémol important à la bonne nouvelle, menace les conditions d’apprentissage offertes aux étudiants. Ce qui est publicisé par l’organisation en tant qu’expérience de proximité UQAC.

Depuis quelques mois, pour des motifs financiers, on assiste à une accélération importante de l’entassement d’étudiants dans un même groupe. 

Cette situation ne touche pas que le Département des sciences de l’éducation.

Par exemple, alors qu’auparavant, on pouvait former deux groupes de 50 étudiants chacun pour un même cours, l’administration exerce maintenant une pression de plus en plus forte sur les départements et les programmes pour n’en former qu’un seul de 100. 

Une autre pratique consiste à regrouper des étudiants de programmes différents dans un même cours. 

Par exemple, on réunira des futurs enseignants de secondaire et de primaire pour leur apprendre à gérer le comportement des élèves. 

Pourtant, les problèmes de comportement des adolescents diffèrent fondamentalement de ceux des enfants plus jeunes. Il en est de même pour les interventions à mettre en place.

De telles décisions sont contradictoires avec la relation de proximité pédagogique qui caractérise la formation à l’UQAC depuis longtemps. 

En outre, elles réduisent la possibilité d’adapter l’enseignement aux particularités de chaque profil ou programme. 

Sans compter que, dans le cas spécifique de l’éducation, elles mettent des bâtons dans les roues à un déploiement optimal des exigences du Comité d’agrément des programmes de formation à l’enseignement (CAPFE). Cet organisme réglementaire assure la qualité de la formation des enseignants avant d’autoriser les universités à la dispenser.

Pour conclure, la rectrice a raison de reconnaître les efforts de recrutement déployés par l’ensemble des départements de l’université. Qu’ils soient faits en sus de la tâche officiellement reconnue montre toute la bonne volonté et l’engagement des professeurs à l’égard du développement de l’université. 

Toutefois, ces efforts témoignent-ils vraiment d’une intelligence collective lorsqu’on considère les pratiques d’entassement d’étudiants en vigueur ? Du point de vue financier, sans doute, puisque le financement fluctue en fonction du nombre d’inscriptions. 

Mais du point de vue de l’expérience étudiante et de la qualité de la formation, on se demande si on n’est pas en train de se tirer dans le pied…


Carrefour des lecteurs

Pour un journal régional

OPINION / La crise qui frappe de plein fouet Groupe Capitales Médias (GCM) démontre éloquemment que pour survivre, les journaux régionaux, individuellement ou collectivement, devront trouver un modèle d’affaires solide, stable et créatif…

La principale cause des déboires, on le répète abondamment, vient de la migration des revenus publicitaires vers les plateformes des géants numériques, surtout du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), qui vampirisent le contenu sans en assumer le moindre coût. Il en résulte une dislocation fatale pour les journaux entre la production d’information, la création de valeur et les revenus.

Les appels du pied pointent en direction de déductions fiscales (salaires, dépenses numériques, abonnements), de fonds d’aide aux médias, de philanthropie, de nouveaux modèles d’affaires, dont le mode coopératif. Mais à ce jour, aucune simulation n’a démontré la portée déterminante et pérenne de ces mesures sur la rentabilité de chacun ou de l’ensemble des journaux de GCM ou toute nouvelle publication. C’est inquiétant !

Une piste cruciale et féconde de financement demeure, selon moi, inexploitée, en raison de la passivité des acteurs régionaux et du conformisme du milieu de l’information. C’est celle de la société civile. Cette société civile est constituée de dizaines, voire de centaines, d’organismes du milieu, des secteurs publics, parapublics, entreprises, sociétés, coopératives, groupes, syndicats, finances, etc. Cette société civile, avec ses ressources encore importantes, produit, anime et alimente largement l’écosystème collectif. Elle est, depuis toujours, le théâtre même de l’actualité régionale dans toutes les facettes de sa diversité. 

Comme d’autres sociétés, notre région subit de diverses façons le tsunami numérique et tente avec ses moyens limités de s’adapter. Conséquemment, les nombreux acteurs de la société civile régionale (pas uniquement les commerces) mettent beaucoup d’argent sur ces nouvelles plateformes, dont Facebook ou d’autres éditeurs de contenu. Il est impossible à l’échelon régional de mesurer l’ampleur des sommes investies par la société civile. J’avance sans crainte de me tromper les six chiffres, même les sept chiffres, si on inclut toutes les ressources mobilisées et les salaires affectés à la cueillette, l’ordonnancement, la production et la diffusion d’informations destinées à diverses clientèles, y compris le grand public. Ce faisant, disons les choses comme elles sont, ils deviennent des agents de détournement du marché médiatique régional, contribuent à son déclin et provoquent l’affaiblissement et la dilution de la couverture du milieu. Un cercle vicieux qui en plus accentue l’exode du capital financier en dehors de la région. 

Sans exclure les formes d’aide énumérées plus haut, je suggère l’ajout au modèle d’affaires d’une troisième catégorie de contenu, l’information commanditée, indépendante évidemment des deux autres (rédaction et publicité commerciale). Le magazine L’Actualité et Le Devoir exploitent à divers degrés ce créneau. Il ne s’agit pas d’imiter aveuglément les plateformes comme Facebook qui accueillent abondamment et sans restriction divers types de contenu commandité et rejoignent massivement une clientèle d’abord individuelle ciblée par les algorithmes. Il s’agit, au contraire, de régionaliser en les rassemblant sur un support médiatique à portée territoriale l’information journalistique (les journalistes), le contenu sociétal (la société civile) et la publicité commerciale (les commerces). 

Bien sûr, le modèle doit ériger des cloisons étanches entre les catégories de contenu, adopter une charte déontologique rédactionnelle couvrant les trois catégories, présenter un graphisme distinguant clairement les catégories, proposer à la société civile une tarification attrayante et souple, rendre accessibles en permanence les contenus et les statistiques liées à l’édition commanditée, etc. 

J’en appelle aux acteurs de la société civile. S’ils croient nécessaire un journal régional qui reflète nos intérêts communs et soit le creuset de notre collectivité régionale, il y a là un devoir de solidarité et d’engagement. 

Par journal régional, j’entends un média qui, quotidiennement, relate et commente l’actualité d’une région. L’information produite peut être diffusée sur plusieurs supports médiatiques, le papier, la radio, la télévision et les télécommunications, dont les plateformes numériques. 

Laval Gagnon

Chicoutimi

Carrefour des lecteurs

Travailleurs immigrants

OPINION / Vous vous souvenez de l’époque pas si lointaine où les Québécois pestaient contre les immigrants ? Ces derniers étaient qualifiés de « voleurs de jobs ». Aujourd’hui, les entrepreneurs plaident en faveur d’une invasion massive de travailleurs immigrants.

Pour eux, il faut maintenir le même rythme de production. C’est comme dire que les consommateurs d’ici, moins nombreux, devraient s’efforcer de maintenir leur niveau de consommation et même l’augmenter. Si c’est pour exporter des produits fabriqués, ça va. Mais si c’est pour que les consommateurs d’ici aient à consommer davantage, il y a là un problème. Pour le manque de main-d’oeuvre, n’y aurait-il pas lieu d’arrêter ou ralentir quelques machines ?

Carrefour des lecteurs

Ce gaz que l’on dit naturel

OPINION / Dans le texte « À quoi sert le gaz naturel », paru le 17 août dans cette même rubrique, Gilles Gauthier rappelle la nécessité d’utiliser une certaine quantité de ce carburant fossile même dans une province comme le Québec, grande productrice d’énergie hydroélectrique. Cependant, il importe de nuancer cette réalité pour ne pas fausser le débat concernant la pertinence d’accueillir dans notre région de nouvelles industries qui reposent sur l’extraction, la transformation et l’exportation de ce type d’énergie.

C’est le cas du projet Énergie Saguenay avec son gazoduc de 780 kilomètres en territoire québécois, son usine de liquéfaction de Grande-Anse à La Baie ainsi que sa flotte de super méthaniers à destination d’autres continents en passant par les fragiles écosystèmes du fjord et du fleuve Saint-Laurent.

Carrefour des lecteurs

Le Cégep de Jonquière: en soutien à Groupe Capitales Médias

Cette lettre d'opinion a été rédigée par les professeurs du département Techniques de communication dans les médias au Cégep de Jonquière.

OPINION / Le Cégep de Jonquière, qui a été le premier établissement au Québec à offrir un programme d’études en journalisme et qui poursuit cette mission aujourd’hui avec son programme exclusif Techniques de communication dans les médias, s’inquiète quant à l’avenir des médias d’information et particulièrement ceux situés dans les régions. Au cours des dernières années, nous avons tristement assisté, impuissants, à de nombreuses fermetures.

Carrefour des lecteurs

Un grand homme derrière ses pensées

OPINION / Par une journée sombre où le vent et la pluie semblaient s’installer sur l’ensemble de la journée, j’ai entrepris de lire des moments importants de la vie de René Lévesque. Mais principalement de son passage en politique.

Sa vision du peuple, sa détermination, ses grandes citations, etc.

Carrefour des lecteurs

Même en Californie

OPINION / Je vous écris pour vous dire comment j’apprécie lire Le Quotidien sur Internet. Comme je suis partie de ma région natale depuis maintenant plus de 33 ans, votre journal me tient bien informée au sujet de l’actualité et de la culture saguenéennes. Je vous suis restée fidèle quand je suis partie en Ontario pendant 10 ans, et aux États-Unis, où je vis depuis 1992.

J’ai entendu dire qu’il serait possible que Le Quotidien fasse faillite. Il serait bien dommage de priver les lecteurs de la région, ainsi que ceux qui comme moi habitent à l’étranger, de ce monument littéraire.

Opinions

Liberté d’information

OPINIONS / La liberté d’information est la base de la liberté d’expression. Chaque fois qu’on perd un média, la convergence que cela entraîne réduit la diversité de ses sources et la façon de traiter les opinions et surtout les tendances qui teintent les allégeances idéologiques, donc politiques. On connaît ces tendances chez Radio-Canada et Québecor à ce titre en politique et en environnementalisme.

Ces attitudes polluent l’opinion publique et cela ne fera qu’empirer si on laisse faire les choses en perdant un grand média de plus. Ces deux autres médias vivent de nos impôts ou de notre câble. Le reste de nos dépenses de consommation et les grands changements causés par Internet au fil du temps sont un vrai trou noir galactique dans l’économie. 

Avec MSN, Facebook, Google, etc, les nouvelles qu’ils publient ne citent pas toujours leurs provenances, leurs auteurs et surtout, sont gérées par l’extérieur où l’événement survient pour nous revenir chez nous sans passer par nos journalistes qui ont une réputation et qui sont reconnus.

Opinions

L’essentielle indépendance des médias

OPINIONS / Ce lundi 26 août, la Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale du Québec se penchera sur l’avenir des médias « afin d’assurer le droit du public à l’information ». Elle entendra plusieurs témoins qui ont été invités à réfléchir et à présenter des solutions sur le financement des médias dont les difficultés les mettent en péril; sur la présence des médias en région (une question de très grande actualité avec le danger de faillite qui menace le Groupe Capitales Médias) et la valorisation du rôle local de l’information; sur la viabilité des modèles d’affaires à l’heure du numérique ainsi que sur l’indépendance des médias.

Carrefour des lecteurs

Un quotidien essentiel…

OPINIONS / Dans la saga entourant la faillite de Groupe Capitales Médias, nous souhaitons d’abord exprimer notre solidarité envers les journalistes et l’ensemble des travailleurs du Quotidien.

L’inquiétude et l’incertitude sont difficiles à vivre, dans n’importe quel milieu de travail.

Carrefour des lecteurs

Les lecteurs du Quotidien derrière les journaux régionaux

Les événements des derniers jours concernant Groupe Capitales Médias ont suscité une vague d’appuis de la part de notre lectorat. Voici quelques messages qui nous ont été envoyés mercredi.

Je suis abonnée au Quotidien depuis plusieurs années et je trouve essentiel de recevoir tous les matins le journal papier. Il nous tient informés. De plus, mon époux ne connaît pas vraiment le fonctionnement d’Internet, donc il ne pourrait pas lire ses nouvelles s’il ne les avait pas sur papier. Je paie mon abonnement tous les ans et c’est toujours avec plaisir. Je souhaite sincèrement que Le Quotidien et tous les autres [journaux régionaux]soient maintenus. La solution proposée de taxer le Web serait une solution à envisager. Les revenus permettraient de maintenir nos journaux locaux. C’est plus tangible de lire les nouvelles avec un journal que sur un écran.

Carrefour des lecteurs

Appui au projet du parc de la zone ferroviaire

OPINION / La vie municipale saguenéenne connaît ces temps-ci une effervescence démocratique à laquelle l’ancienne administration ne nous avait pas habitués ! En effet, depuis le rêve éveillé de notre mairesse (Josée Néron) de dynamiser la zone ferroviaire de Chicoutimi par un grandiose projet d’amphithéâtre multifonctionnel, sondages, mémoires et débats se multiplient et passent par le filtre d’une commission qui rendra bientôt son rapport aux élus.

Des nombreux mémoires déposés, trois propositions ont été retenues :