Expérimenté

OPINION / La première fois que j'ai vu dans les médias que l'ancien ministre, M. Jean-Pierre Blackburn, se présentait à la mairie, j'ai eu la réflexion qu'il était un vieux politicien et qu'il nous faudrait du sang neuf pour gouverner notre ville. Or, j'ai ravisé mon propos réflexif lorsque je me suis attardé à l'équipe de M. Blackburn et notamment, en occurrence, la candidature du conseiller de La Baie, Luc Boivin. Son entreprise est devenue un des plus beaux joyaux dans l'industrie fromagère qu'on a eu au Québec. La brochette de candidats de l'équipe de M. Blackburn est des plus talentueuses, car elle est composée de professionnels chevronnés dans notre collectivité. Dans toute équipe sportive, un bon entraîneur (référence à M. Blackburn) ne peut gagner des championnats sans une équipe de joueurs compétents et vaillants autour de lui.
Il est faux de prétendre que M. Blackburn est l'émule de Jean Tremblay ; chacun a un style différent et une vision distincte dans l'art de diriger une ville.
Jean-Pierre-Blackburn, avec son expérience diplomatique, sera en mesure d'apporter ce qu'il faut à notre ville afin que notre jeunesse ne quitte plus jamais notre région et la déserte. Combien d'ambassadeurs du Canada à l'UNESCO à Paris, notre région a eus dans sa jeune histoire ? Un seul : M. Blackburn.
La politique demande une certaine noblesse langagière, n'est-ce pas !
Le respect des gens (autant un enfant qu'un politicien) s'apprend au berceau par l'éducation parentale. Comme le mentionne Nietzche : « Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler. » Il nous faut davantage de personnes civilisées et respectant autrui en politique. Jean-Pierre Blackburn est à hauteur d'homme. Il utilise un verbatim cohérent et distinctif dans sa manière d'épiloguer avec les gens.
Maxime Simard
Chicoutimi
Entre rigueur et liberté
OPINION / Maintenant que le Canada et le Québec développent leur stratégie agroalimentaire, plusieurs se demandent si deux stratégies peuvent coexister. En effet, d'autres provinces comme la Colombie-Britannique et la Saskatchewan considèrent faire la même chose. Avant ce jour, le Canada ne s'était jamais doté d'une stratégie, alors il était temps. Mais pour que la stratégie soit à la mesure de ses ambitions, le processus doit être inclusif, et surtout, bien calculé. 
Pendant des années, Ottawa demeurait muet tout en observant une panoplie d'organismes développer des politiques et stratégies pour le pays. Depuis cinq ans, le Conference Board du Canada, la Fédération canadienne de l'agriculture, l'Institut canadien des politiques agroalimentaires, le Réseau pour une alimentation durable, et d'autres ont tous publié une politique pour le Canada. Bien que toujours invité à la table, Ottawa se prononçait rarement sur les enjeux importants. Mais tout cela est sur le point de changer, peut-être.
Un amalgame de stratégies peut coexister dans la mesure où l'on reconnaît que la teneur de certains enjeux peut être traitée de façon cohérente par plusieurs paliers. 
Ottawa aura la lourde tâche d'harmoniser les initiatives souhaitées par l'ensemble des factions. Pas facile. Santé des consommateurs, sécurité alimentaire partout au pays, incluant le Nord canadien, exportations, productions animales dans un contexte de marché en pleine mutation. 
Malgré les bonnes volontés, le processus à Ottawa démarre vraiment mal. Après avoir reçu sa lettre du mandat du premier ministre en octobre 2015 après la victoire libérale, le ministre MacCauley se devait d'offrir une politique agroalimentaire au Canada. Avant l'annonce qui conviait des centaines d'intervenants à Ottawa pour un sommet sur une politique alimentaire canadienne qui se tiendra les 22 et 23 juin 2017, il n'y avait pas eu grand-chose. L'annonce soudaine d'Ottawa en a surpris plus d'un. Le processus n'est pas clair, et le secteur agroalimentaire invité à Ottawa à la fin de juin, durant une période très occupée, ne charme pas. Pas très logique cette histoire. 
Pendant ce temps, à Québec, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) travaille sur sa politique depuis un certain temps. Un sommet se tiendra en novembre prochain, et celui-ci sera précédé par trois ateliers de travail. Le premier s'axera sur le consommateur, le deuxième, sur la transformation et l'industrie de la restauration et finalement le troisième se consacrera à l'agriculture. Un quatrième atelier aurait permis de singulièrement analyser la restauration, mais ce processus semble beaucoup mieux structuré et rythmé avec les intervenants du milieu. Ottawa devrait en prendre bonne note. 
Cependant, le principal problème au Québec alimentaire demeure celui de l'expression libre. Bien que le MAPAQ ait un processus ouvert, il existe de nombreux messages remaniés à l'arrière-scène pour satisfaire les plus influents. Et de façon subtile, certains groupes comme l'Union paysanne se voient carrément écartés. Plus insultant encore, le MAPAQ semble le seul ministère qui demande à certains conférenciers de soumettre à l'avance le contenu de leur présentation dans le but de suggérer certains changements, question d'éviter des débats difficiles. Du jamais vu. 
Au Québec, la liberté d'expression dans le domaine agroalimentaire reste illusoire. Peu possèdent une liberté intellectuelle capable d'influer les politiques de la Belle Province. La situation est tellement grave que la plupart des parties prenantes au Québec ne s'en rendent même plus compte.
Sylvain Charlebois, doyen 
Université Dalhousie
Halifax, Nouvelle-Écosse