Et si le Québec?

OPINION / Récemment, la Catalogne déclarait unilatéralement son indépendance suite à un référendum. Celui-ci eut comme résultat 90 % pour le Oui, avec un taux de participation de 43 %. Bien que déclarés illégaux par l’Espagne, les résultats ont parlé. Samedi, l’Espagne s’appuyant sur l’article 155 de sa constitution destituait le président de la province catalane, procédait à des arrestations et plaçait cet « État » sous tutelle.

Et si le Québec ? L’exemple catalan pourrait-il donner des ailes aux politiciens du Québec et nous permettre de franchir le pas ? Un nouveau référendum avec des intentions claires : « L’indépendance : oui ou non ? » Simple, mais direct ; pas de bel emballage comme en 1980, pas 50 000 détours, juste une option. Celle où le Québec affirme être prêt à assumer son identité. Une option où jeunes et moins jeunes s’assumeront dans leur histoire, leur culture et leur identité nationale.

Et si le Canada ? Comment le ROC (Reste du Canada) réagirait-il si le Québec s’affirmait indépendant ? Comme l’Espagne ? Les autres provinces seraient-elles soulagées de larguer le boulet québécois ? Pourraient-elles faire pression sur le fédéral pour qu’il accepte de nous laisser enfin voler de nos propres ailes ?

Question de démocratie. Qu’est-ce qui justifie une déclaration unilatérale d’un gouvernement, qui lui s’appuie sur un fort pourcentage d’une faible proportion de la population ? La majorité simple c’est 50 % + 1, mais de quoi ? De l’ensemble d’un pays, d’une portion de la population ? Il y a une ombre sur ce concept, mais l’image claire qui nous vient d’Espagne, c’est qu’il y a un mal de vivre politique en Catalogne.

Et si le Québec avait aussi ce mal de vivre ? Et si le vivre-ensemble finissait par creuser un fossé, non pas avec le ROC, mais bien plus avec notre identité québécoise et notre histoire ? Et si le Québec s’oubliait pour n’être qu’une parmi tant d’autres, sans saveur, sans culture, perdant notre héritage ?

Et si le Québec…

Annie Bonneau

Roberval

Une musique à l’oreille

OPINION / Ma douce ! 

Entendre ces deux mots-là de la bouche d’un candidat à la mairie de Saguenay me parle plus que tous les discours féministes réunis ensemble. M. Blackburn parle de sa douce comme la personne essentielle à tout ce qu’il a pu accomplir et ce qu’il est devenu.

Une musique à l’oreille. J’ai beaucoup d’estime pour vous, M. Blackburn, malgré ce que j’ai pu écrire le 2 mars 2017 dans le Carrefour des lecteurs sous le titre « Come back to the future ». Votre visage s’illumine chaque fois. Elle vous est indispensable. Vous êtes le premier de qui on a pu entendre ces mots.

Que ça fait du bien. Pour cela vous aurez mon vote, Monsieur, mais aussi pour tout ce qu’on sent chez vous de possible à réaliser avec aisance, expérience, respect, compétence.

Pauline Germain

Chicoutimi

Une affaire de société

OPINION / Depuis deux semaines, plusieurs allégations de harcèlement et d’agression sexuelle sortent au grand jour. Les victimes qui dénoncent ces actes ont toute mon admiration. C’est remarquable d’arriver à déclarer avoir été harcelé ou agressé, de s’afficher publiquement, de raconter une histoire qu’elles préféreraient sans doute oublier. 

Cette vague de dénonciations nous amène à réaliser qu’il s’agit d’un problème grave dans notre société et qu’il faut agir. J’apprécie grandement cette prise de conscience collective. Tous s’unissent pour encourager les victimes à dénoncer ces agressions.

Je me demande par contre si on attaque le problème de la bonne façon. Pourquoi faut-il attendre qu’il y ait harcèlement ou agression avant d’agir ? Pourquoi est-ce à la victime que revient la responsabilité de faire changer les choses ? 

Imaginez un monde où personne n’est sensibilisé aux effets nocifs de la cigarette. Imaginez que l’on attende qu’un fumeur soit atteint du cancer du poumon pour lui apprendre que fumer, c’est dangereux. C’est inconcevable n’est-ce pas ? Alors, pourquoi attendre qu’il y ait des victimes d’agression avant d’agir ?

Il faut miser sur la prévention et cela passe par l’éducation. Bien sûr, il faut éduquer les jeunes, mais aussi les adultes. Il faut que l’ensemble de la population sache faire la distinction entre un comportement qui est acceptable et un comportement qui ne l’est pas. Il faut par exemple que les témoins d’actes inacceptables interviennent. Il faut changer les mentalités afin que ce type d’intervention devienne automatique. 

De nos jours, la plupart des gens ne laissent pas partir un individu en état d’ébriété avec sa voiture. L’éducation et la sensibilisation ont porté fruit. Il pourrait en être de même en ce qui concerne le harcèlement sexuel.

Il faudrait aborder le problème à la base plutôt que de demander à des personnes déjà fragilisées par le traumatisme qu’ils ont vécu de porter ce fardeau. 

Manon Bouchard

Chicoutimi