Et après, on s’étonne du cynisme des électeurs

OPINION / Un exemple évident de ce pour quoi il y a tant de cynisme de la part des électeurs : le conservateur Richard Martel réélu par la peau des fesses, lundi dernier, commence par saluer le brio du chef du Bloc québécois, Yves François Blanchet, pour la campagne qu’il a menée.

Assez troublant quand même. Martel qui déclare : « On ne peut se le cacher, contrairement à nos chefs à nous... » « Scheer, ce n’est pas la meilleure campagne qu’il a faite. » C’était sa première !

Martel — c’est comme un nez au milieu de la face — a douté de la capacité de son chef ; et il a même laissé entendre qu’il y aura un vote de confiance sur le chef.

Oui, Martel a le droit de dire qu’il n’a plus confiance en son chef. Là n’est pas le problème.

Ce qui m’écœure, c’est d’apprendre ensuite de la bouche de son directeur de bureau que Martel garde pleine confiance en Andrew Scheer. Là, j’en suis pas revenu.

Puis en bonus, le journaliste du Quotidien, Pascal Girard, qui avance dans un article, aujourd’hui, que Richard Martel est reconnu pour son franc-parler. Misère !

Vivement, l’ajout d’une case sur le bulletin de vote ! Pour permettre, à celles et ceux qui le veulent, de voter blanc, et que leur vote soit répertorié.

Marcel Lapointe

Jonquière

LES EMBROUILLES

What you see, what you get — comme disent les Anglais. Manifestement, plusieurs analystes ne voient dans les résultats électoraux qu’un bric-à-brac plein d’embrouilles. Peut-être ont-ils raison sur les symptômes.

Comme d’autres, qui voient le Canada éthéré de Justin Trudeau profondément divisé. Comme d’autres encore, qui voient dans le champ de bataille politique canadien des profonds clivages sociaux entre l’Est, le Centre et l’Ouest, les régions et les grandes villes, entre les intellos et le populo, entre les riches et les ouvriers, entre l’élite dirigeante et le peuple. Comme d’autres enfin, désespérément positifs, qui voient dans cette courtepointe politique fléchée le reflet dynamique original et multiculturel de la diversité canadienne d’une « mare usque ad mare ».

Et si dans le fond ce « what you see » n’était justement, platement, que ce qu’il y a à voir et rien d’autre. C’est-à-dire un pays qui n’en est pas un, quand il essaie de se composer une fierté factice et s’ériger en territoire patriotique national. Et qui, comme son actuel premier ministre, finit par s’inventer un rêve de plus en plus fantasmé pour déjouer le déclin et l’héritage de cette royauté britannique vieillissante de moins en moins présente sur notre monnaie.

Tel un Don Quichotte, ce Trudeau fils qui nous joue une idéologie totalitaire de la diversité, croyant accomplir finalement la prophétie pourtant inexistante du père timonier Trudeau. Qui s’acharne comme chef de gare à mettre sur les rails l’illusoire train économique pétrolier d’une mare à l’autre, rapidement embourbé dans les marécages ensablés du Far West bitumineux.

Mais la réalité (comme il y réfère constamment), c’est que ce pays, dans le fond, ne fonctionne avec une certaine efficience que lorsqu’il laisse ses diverses parties, ses diverses patries — devrait-on dire — être ce qu’elles sont dans l’expression de leur identité, de leurs particularités, de leurs aspirations.

Exactement ce que le Québec revendique comme société distincte. D’autres, à une certaine époque, avaient parlé d’un fédéralisme décentralisé, une fédération où les patries contrôlent le gouvernement fédéral. On peut rêver… Mais restons lucides et vigilants !

Laval Gagnon

Chicoutimi