Équité ou improvisation?

OPINION / Dans un article publié dans Le Quotidien du 31 mars dernier et signé de la plume de Mélyssa Gagnon, il est question des montants de subventions municipales qui ont été attribuées à différents organismes culturels et événements de Saguenay pour l’année 2018.

À la première lecture de cet article, on pourrait croire que je me plains des montants attribués au Festival des bières du monde et au Festival International des Rythmes du monde, alors qu’il n’en est rien.

Au contraire, il y a actuellement un travail constructif initié par l’administration de la mairesse Néron pour établir des grilles de calcul pour délimiter les montants à accorder aux événements saguenéens pour les prochaines années. Mais ce travail en est un de longue haleine et la décision de cette administration de garder le statu quo cette année avec les mêmes montants que l’an dernier, est une sage décision en attendant de pousser plus loin l’analyse des différents et nombreux dossiers de demandes d’aides financières.

 Plusieurs facteurs comme le pourcentage de subvention demandé versus le budget total de l’événement ; les données d’achalandage et de retombées économiques par des firmes spécialisées ; les services fournis par la Ville autres que l’argent, la création d’emplois, la pertinence de l’événement dans son arrondissement, les conditions de location, l’ancienneté, etc., doivent être tenus en compte lors de ces analyses.

Le manque d’équité, de grilles d’évaluation et d’études sérieuses a donné lieu à de l’improvisation systématique quant aux montants de subvention alloués sous l’ancienne administration municipale et le temps est venu de revoir en profondeur tout le processus d’attribution et abolir définitivement la culture des « tits-amis ».

La communauté des festivals et événements de Saguenay est certainement une des plus créatives et en même temps une des plus sous-estimées au Québec.

À preuve, les messages publicitaires touristiques estivaux diffusés à l’échelle provinciale par le Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean sont encore et toujours axés sur la nature, La Fabuleuse histoire d’un royaume et le Zoo de Saint-Félicien. Bien sûr, ce sont trois produits d’appel qui ont amplement fait leurs preuves dans le passé.

Mais n’y a-t-il pas moyen d’intégrer le côté festif de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans ces messages publicitaires ? 

On n’a qu’à penser aux Jonquière en musique, Festival des vins, Festival des bières, les Grandes Veillées, le Festival international des Rythmes du monde et autres...

À Montréal, depuis une dizaine d’années déjà, les festivals et grands spectacles se partagent des publicités nationales en plus d’utiliser des équipements communs comme du son et de l’éclairage, des chapiteaux, des scènes, des bannières, accès gratuit au Quartier des Spectacles, etc., pour faire des économies d’échelle. 

À Québec, outre la Ville de Québec, il y a le Bureau des grands événements, la Commission de la Capitale Nationale, la Société des Parcs Nationaux et l’Office du Tourisme de Québec qui aident financièrement leurs événements majeurs.

Ici à Saguenay, ni Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean ni Promotion Saguenay (depuis cette année) ne viennent en aide aux événements majeurs, ce qui empêche par le fait même leur croissance et les seules possibilités de nous démarquer en tant que région. 

Un fonds touristique spécial pour nos grands événements régionaux est plus que souhaitable, sinon essentiel. 

L’accès gratuit à nos sites et infrastructures municipales est une autre façon d’aider les organisateurs et producteurs de spectacles à se sortir la tête de l’eau financièrement. À quoi bon recevoir des subventions municipales d’un côté et les remettre à des organismes municipaux en frais de location de l’autre ?

Il serait grand temps qu’on reconnaisse que nous n’avons rien à envier aux grands centres comme Québec et Montréal et surtout, qu’il est plus qu’urgent de ne plus regarder la parade à partir des estrades et de sauter sur la patinoire si on veut compter des buts et gagner la partie !

Robert Hakim

Saguenay