Entrepreneur, vous dites !

Monsieur Ghislain Harvey, que l’ex-maire Tremblay nous présente comme un véritable prophète du développement économique, n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais d’aucune façon que ce soit un générateur brut de richesse. Simplement parce qu’il n’est pas un entrepreneur.

Durant des années, il s’est par contre improvisé comme tel, allant même jusqu’à considérer légitime de faire ses propres « placements » discrétionnaires à coups de subventions à on ne sait qui trop ni pour quels projets. M. Harvey et Mme Priscilla Nemey, à la tête de « pseudo entreprises » dans lesquelles ils n’ont pris aucun risque, n’ont rien investi, n’ont pas eu à se battre contre la concurrence et, cerise sur le gâteau, n’ont jamais eu à se ronger les sangs avec le financement, les échéances, les liquidités… Tous des enjeux que les vrais entrepreneurs sauront reconnaître. 

Non, car les faux dragons de Promotion Saguenay dorment en fait comme des bébés chaque nuit, bien abreuvés à la mamelle du contribuable et bien au chaud dans de douces pensées où leur salaire stable et quasi éternel n’a rien à voir avec leur chiffre d’affaires, leur marché… alouette. M. Harvey s’est tellement cru un homme d’affaires, un « vrai », qu’il conclut maintenant mériter 425 000 $, tel un commerçant qui vend sa business, la fierté en moins. Il se croit tellement méritant, qu’il est même convaincu que les contribuables doivent assurer la subsistance de son épouse si la faucheuse le frappait en premier. 

Si M. Harvey n’a pas pu épargner assez dans sa vie active (laissez-moi rire), c’est alors là seulement qu’il a un point en commun avec plusieurs entrepreneurs ! À la différence que M. Harvey n’a bâti aucun empire, si petit ou si gros soit-il, à la sueur de son front pour en récolter la valeur au bout d’une vie. M. Harvey, sans les payeurs de taxes et les braves entrepreneurs, les « vrais », vous ne seriez fort probablement qu’un quidam quelconque. Mais jamais un « moneymaker » naturel, car vous n’avez pas la fibre, vous préférez vous bercer d’illusions de réussite au crochet de la société.

 Depuis des décennies, c’est le peuple qui vous paie grassement. Avant, comme député et maintenant pour on ne sait trop quels accomplissements en fait. Et laissez-moi vous dire que si vous n’aviez pas vu le jour, les « projets » tels que BlackRock, GNL, etc., auraient tout de même trouvé leur route jusqu’au Royaume. Vous n’avez quand même pas inventé les eaux profondes navigables qui les attirent ! Et pour finir, dans le même registre, si Mme Nemey veut gérer une entreprise de navettes à la place du privé, elle n’a qu’à les acheter elle-même ! Quoi ? Ce sont des superstars de la gestion ! Des perles ! Les meilleurs ! Je ne vois pas comment ils pourraient en être incapables par leurs propres moyens!

Mélanie Boucher, Jonquière, entrepreneure de 4e génération de fiers Boucher

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Les régions et l’Autre

Dans une lettre envoyée au Quotidien, qui n’a jamais été publiée, j’avais avancé que, tenant compte de la prégnance encore très forte de Justin Trudeau, le vainqueur de l’investiture libérale en vue de l’élection partielle dans la circonscription fédérale de Lac-Saint-Jean, le remplaçant du conservateur Denis Lebel, deviendrait le député du dit-comté.

L’Autochtone Marjolaine Étienne, qui affrontait le nouveau député libéral Richard Hébert, aurait dû, à mon sens, remporter l’investiture. La participation des Premières Nations à l’essor de l’économie canadienne, souhaitée par l’ex-politicien Bob Ray, et leur reconnaissance pleine et entière pour le passé et l’avenir du pays n’en auraient été que plus bénéfiques. Mais les citoyens du haut du Lac ne sont pas encore prêts à confier leur destinée politique à un autre qu’un Blanc. Ce qui est, par ailleurs, le cas de la majorité des autres régions éloignée de la province.

La cuisante défaite de la candidate néo-démocrate Gisèle Dallaire dans cette élection partielle (quatrième) renvoie au fondamental du propos tenu plus haut. Pour descendre aussi bas, après avoir chauffé l’ex-ministre Denis Lebel à l’élection générale de 2015, il a fallu qu’il se soit passé quelque chose d’inusité dans la tête des électeurs du comté. Je pense ici à la visite dans la circonscription du nouveau chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, affublé d’une barbe hirsute, d’un turban et d’un kirpan: des signes religieux sikhs. La croix au cou d’un chef blanc aurait fait une différence, selon moi, pour la candidate Gisèle Dallaire.

Je me considère comme non-raciste et non-xénophobe, mais il y a toujours un coin de mon cerveau incapable de soutenir des signes religieux ostentatoires que ce soit la croix au cou, le turban ou le voile intégral tel que celui présenté en page 3 du quotidien Le Devoir, le 23 octobre dernier. M’habituerais-je un jour?

Marcel Lapointe, Jonquière