Engagements demandés

OPINION / Dans le cadre de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le-Fjord qui a été déclenchée le 13 mai 2018, vous aspirez à devenir député le 18 juin prochain. Loge m’entraide vous demande de prendre deux engagements électoraux majeurs en faveur des locataires à faible revenu que nous défendons et représentons de par notre mission.

Mme Lina Boivin, Parti libéral du Canada

M. Éric Dubois, Nouveau Parti démocratique

M. Richard Martel, Parti conservateur du Canada

En premier lieu, êtes-vous prêts à vous engager à intervenir auprès du gouvernement fédéral afin que les sommes prévues dans la Stratégie canadienne sur le logement (30 milliards sur 10 ans) servent au développement de nouveaux logements sociaux ? En second lieu, êtes-vous prêts à intervenir pour que le gouvernement fédéral adopte une loi garantissant le droit au logement ?

Au moment d’écrire ces lignes, vous avez déjà entre les mains la documentation et les détails rattachés à ces deux engagements. Pour vous aider à bien saisir l’ampleur du problème, vous avez aussi le documentaire « Loge m’entraide : 20 ans de combat » dans lequel des locataires expriment leur joie d’avoir un logement social, d’autres leur besoin d’obtenir un logement social afin d’être logés dignement. Les chiffres sont éloquents pour justifier ce besoin à Saguenay : 7655 ménages consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement, dont 660 ménages plus de 80 % (recensement de 2016). Quoi dire de plus devant un tel constat ?

Au nom du droit au logement et de la lutte à la pauvreté, vous avez été par le fait même invités à venir nous rencontrer afin de discuter de cet enjeu majeur dans le cadre de cette élection partielle. Les engagements que vous déciderez de prendre en faveur des locataires à faible revenu seront pour eux une preuve tangible de votre intention de leur venir en aide si vous devenez député le 18 juin prochain. À vous maintenant de faire un premier pas vers cette portion vulnérable de notre société ! Notre porte vous est grande ouverte.

Sonia Côté

Coordonnatrice, Loge m’entraide

Desjardins par la bouche de Dieu

Il y a eu Mère Teresa, gardienne des pauvres. Il y a maintenant Guy Cormier, gardien de la rentabilité.

Grand gourou du profit, le président du Mouvement Desjardins s’est récemment exprimé devant ses ouailles. Évidemment, les questions étaient acerbes, mais les conclusions et conséquences seront comme une douce brise d’été sur la nuque des Québécois.

Un spectacle organisé pour calmer la grogne. Voilà en quoi consistait le show de boucane de cette commission parlementaire. Qu’ils soient bleu ou rouge, les gouvernements ont toujours eu un faible pour les Desjardins de ce monde. Allez savoir pourquoi…

L’invitation était trop alléchante pour être refusée. Une chance inouïe pour M. Cormier de marteler son message à l’infini. Cette technique n’est guère nouvelle, mais elle prend tout son sens dans le contexte actuel du contrôle des élites. Paul Joseph Goebbles, un homme d’État allemand, expert en propagande et en manipulation des masses, disait qu’un mensonge répété 10 fois reste un mensonge, mais qu’un mensonge répété 10 000 fois devient une vérité. Vous comprendrez donc que tout message organisé, médiatisé, fréquemment dit et redit, venant de la bouche d’un homme à cravate, se transforme en un miel d’un goût exceptionnel.

Que dissimule cette obsession des hyper profits ?

2 milliards d’excédents en 2017, ce n’est pas des pacotilles. Pour bien comprendre, je dirai 2000 millions. Évidemment ça semble des peanuts pour les gens riches, célèbres... et bien entourés dans ce merveilleux monde des élites québécoises.

Ne restons pas surpris, l’an prochain, de voir bondir le salaire de ces dirigeants. Au-delà de la sacrée sainte âme du dévouement suprême, cette caste cherche à nous convaincre qu’elle méritera le fruit de ses efforts de coupures.

L’idée que je me fais d’une coopérative est celle d’une entreprise qui cherche à remettre. Selon l’ICBA (International Credit Brokers Alliance), les coopératives financières ne devraient pas maximiser les profits au détriment du service aux membres.

Ce n’est pas un service public, dites-vous M. Cormier ?

Le patron de Desjardins dans un élan professoral se défend bien de ne pas être là pour la société québécoise, mais pour ses membres. Il a la mémoire bien courte. Laissez-moi lui faire un brin d’histoire.

En 2000, le gouvernement du temps a mis en place la « Loi sur le Mouvement Desjardins ». C’était pas assez public à votre goût, ça ? Pire, c’était une loi d’intérêt privé ! En connaissez-vous beaucoup d’entreprises qui ont ce privilège, qui ont leur loi ?

En 2008, Le parti libéral a voté la « Loi sur les Coopératives de services financiers ». Un projet de loi pour protéger Desjardins écrivait le journaliste Patrick Bellerose, le 15 juin 2017. Deux ex-membres du gouvernement avaient d’ailleurs tenu à afficher clairement leur désaccord en disant qu’il s’agissait d’une erreur. Le premier était Alain Paquet, professeur en sciences économiques de l’UQAM et ex-ministre libéral et le deuxième, Rosaire Bertrand, ex-député et ex-président de la commission des finances publiques.

Il va sans dire que Desjardins a bénéficié amplement du droit québécois pour parfaire son expansion et son emprise. M. Cormier, Desjardins a un pied dans l’Assemblée nationale depuis longtemps alors, s’il vous plait, gardez-nous de votre morale à 5 cents.

Martin Malo

Président de l’Action Coalition pour notre Caisse Desjardins