Encore une déclaration sans fondement

Dans une entrevue sur une de nos radios locales, l’ex-maire de Saguenay donne son opinion sur la décision de la mairesse de Montréal d’enlever le crucifix à l’hôtel de ville.

Naturellement, il était contre et il a droit à son opinion. Toutefois, c’est quand il explique pourquoi il est contre que cela se corse.

En effet, il déclare que lorsque Jacques Cartier est reparti lors de son 1er voyage au Canada, il a dressé une croix et non planté un drapeau. « C’est le symbole du Québec », déclare-t-il. Pourquoi ? « C’est parce que les Français ne sont pas venus pour fonder des villes, (...) ils sont venus ici pour la croix, pour évangéliser. » A-t-il raison ?

Voici comment fut déclenchée l’expédition de Jacques Cartier. Tout le monde se souvient de la découverte d’un Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492. Deux ans plus tard, La Castille et le Portugal se sont partagé le monde par le traité de Tordesillas, sous le regard bienveillant du pape. Les deux monarchies règnent sur les flots, ce qui irrite et provoque même la colère de François 1er, qui aurait déclaré à un ambassadeur italien : « Le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde. » François 1er obtient du pape Clément VII une interprétation assouplie de la bulle : le traité de Tordesillas ne concerne que « les terres connues et non les terres ultérieurement découvertes par les autres Couronnes ».

C’est ainsi qu’il décide en 1534 d’envoyer vers l’ouest une expédition de deux navires et 61 hommes, dirigée par Jacques Cartier. Je cite textuellement leur mission : « Faire le voyage de ce royaume es Terres Neuves pour descouvrir certaines yles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses. » Un historien ajoute que Cartier devait « faire tout en son pouvoir pour découvrir le passage aux Indes Orientales que l’on cherchait en vain depuis des années ». Qui plus est, aucun missionnaire n’accompagnait Cartier lors de ces voyages de 1534 et 1535. On est donc loin d’une mission catholique.

L’ex-maire nous parle de la croix. Voici ce qu’en dit Cartier : Nous « fîmes faire une croix de trente pieds (...) au milieu de laquelle nous mîmes un écusson relevé avec trois fleurs de lys et dessus était écrit en grosses lettres : “VIVE LE ROY DE FRANCE” ». Mais cette croix semble inconvenante à Donnacona, le chef des Autochtones. Craignant les conséquences de ce mécontentement, Cartier ment en décrivant la croix comme un insignifiant point de repère.

Il en fallut très peu pour que Cartier renie ses convictions. D’ailleurs, il ne faut pas confondre les convictions de la France et celles de Cartier. La France, tout comme tous les autres pays d’Europe, n’avait comme seuls buts : conquête et richesses.

Jacques Pelletier

Auteur du livre « Le toponyme Chicoutimi, une histoire inachevée »

Chicoutimi

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DÉCISION DOUTEUSE À LA STS

À la réunion du conseil d’administration de la Société de transport du Saguenay, qui a eu lieu le lundi 18 mars à 14 h 30, et qui devait avoir lieu « exceptionnellement » à cette heure, il a été décidé que ces réunions mensuelles se dérouleront dorénavant, toujours, le 3e lundi du mois à 14 h 30.

Je dénonce depuis presque un an le fait que les réunions du CA de la STS aient toujours eu lieu trop tôt en journée (15 h 30 avant). En considérant le fait qu’à 14 h 45, les chauffeurs de la STS du matin terminent leur quart et que ceux de l’après-midi prennent la relève, cette heure de début leur nuit énormément pour y assister. Le CA est important pour les chauffeurs, ils sont toujours plusieurs à y prendre part, à y faire leurs demandes et à poser leurs questions concernant les trajets et le côté logistique de leur travail. Pourquoi le CA a-t-il pris cette décision en sachant très bien cela ?

De plus, je tiens à rappeler à M. Marc Pettersen qu’il a lui-même dit en entrevue, et je cite : « Les chauffeurs devront être mis à contribution plus que ça parce que c’est eux qui sont sur le terrain et leur expertise devra être considérée. » Alors, pourquoi les empêcher d’aller vous voir en réunion, M. Pettersen ?

Et le public lui ? Comment les usagers font-ils pour y aller à 14 h 30 ? Moi, j’ai fait un spécial le 18 mars, mais je ne pourrais pas y aller comme je le voudrais. Et quand j’ai posé la question, M. Roberge, directeur, m’a répondu : « Il n’y a jamais de public qui vient aux réunions ! » Et il parle de leurs réunions passées qui étaient à 15 h 30. C’est normal, à 15 h 30 !

Et peu importe qu'il n'y ait pas de public, l'idée est qu'il s'agit d'une réunion publique et qu'il est logique qu'elle ait lieu à une heure où le public peut y assister.

Une autre réponse que j'ai entendue de la part de M. Roberge est que les conseillers membres du CA sont trop occupés pour faire leur réunion le soir. Je m'excuse, mais je ne crois pas du tout que ces messieurs aient autre chose chaque soir, du lundi au vendredi.

Je tiens aussi à souligner que toutes les autres sociétés de transport au Québec tiennent leurs réunions à 17h30, 18h30 et 19h.

Je demande, par la présente, une révision et un changement d'horaire des réunions mensuelles du CA de la STS, pour une heure raisonnable, en soirée, et ceci afin de permettre au public et aux chauffeurs d'y assister pour exercer leur droit de parole.

Si vous ne le faites pas, le public pourra considérer que vous faites exprès pour qu'il y ait le moins de monde possible à vos réunions et ainsi avoir la liberté de faire tout ce que vous désirez.

Marilyne Tremblay

Jonquière