Encore du travail !

Compte tenu de plusieurs décennies de mouvement féministe, existent-ils toujours des raisons de revendiquer pour les droits des femmes? Les conditions des femmes ont bien changé ces dernières années. Nous sommes pour la majorité au travail, nous avons accès à des garderies à prix modique et de bonne qualité, nos conjoints ne rechignent plus à partager les tâches ménagères, les conseils d'administrations nous sont ouverts et les postes de responsabilité publique veulent bien nous accueillir. La preuve : nous avons une femme première ministre! Mais qu'en est-il vraiment derrière ces constats?
Le revenu moyen des femmes est encore inférieur de près de 35 % à celui des hommes malgré le fait qu'elles soient, en moyenne, plus scolarisées que ces derniers. La participation des hommes aux tâches domestiques compte pour 75% de celui des femmes, qui sont pour la plupart les premières répondantes auprès des enfants et les plus nombreuses à agir comme proches aidantes auprès des aînés et des personnes malades. Les femmes ne forment que 15,8% du personnel de direction des grandes entreprises, ne sont que 29,3% à siéger comme conseillères municipales et ne représentent que 29% de la députation. Les femmes demeurent les premières victimes de la violence conjugale (4,6 fois plus souvent que les hommes). Les aînées, malgré une vie dédiée à la famille, demeurent les plus pauvres de notre société.
Il est convenu de reconnaître que l'on mesure l'évolution d'une société à l'aune de l'égalité entre les sexes. Une société égalitaire est gage de cohésion sociale, de paix et d'harmonie.
Je fais partie d'une association qui, depuis plus de 40 ans, met toute son énergie à améliorer la condition des femmes et surtout, depuis quelque temps, travaille à en maintenir les acquis. Il s'agit de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale, que vous connaissez sous le sigle d'AFÉAS. Prônant un féminisme égalitaire, nous sommes entendues à tous les niveaux de gouvernement et participons activement aux commissions parlementaires et publiques. Nos mémoires sont bien reçus, nous en avons pour preuve ceux présentés dernièrement à la Commission pour une aide médicale à mourir et à celle sur la Charte de la laïcité. Nous continuons de travailler auprès du gouvernement fédéral pour une révision du Code pénal pour ce qui a trait à la prostitution, essayant de trouver un outil aidant et efficace pour les travailleuses du sexe. L'AFÉAS regroupe près de 2000 femmes de notre région qui initient des réflexions individuelles et collectives sur les droits et les responsabilités des femmes et réalisent des actions en vue d'un changement social.
Malgré tous les gains obtenus grâce à nos revendications, il reste encore bien du travail à accomplir. Nous croyons qu'il est nécessaire de souligner la Journée des femmes du 8 mars tant et aussi longtemps qu'il restera des femmes qui ne sont pas traitées équitablement.
Diane Beaulieu
Conseillère AFEAS régionale
Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau Jonquière