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Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / À mon avis, la notion de «possibilité forestière» reste abstraite ou mal comprise par le lecteur peu familier avec le domaine de la foresterie. Avant l’action d’éclat L’Erreur Boréale initiée par l’artiste Richard Desjardins, la possibilité forestière n’avait pas de frontière pour les compagnies assoiffées de profit. En fait, la question de la possibilité forestière ne se posait même pas, parce que ces compagnies agissaient comme si tout le parterre forestier leur appartenait.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

Une commission d’enquête, suivie d’une loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, est venue mettre la hache dans cet appétit vorace et démesuré commandé par des actionnaires aux goussets sans fond.

Un Forestier en chef nommé par le gouvernement en vertu d’une première loi sur l’aménagement durable allait ralentir le saccage des forêts publiques et mettre au pas les compagnies en leur octroyant des territoires bien précis à couper pour leurs besoins d’affaires. Plus question de saccager le parterre forestier à la recherche des plus gros troncs, au détriment d’une ressource appartenant à tous les citoyens.

J’en sais quelque chose sur le dossier de l’industrie forestière. À titre de lecteur intéressé, j’en ai suivi le déroulement grâce à la plume avisée et bien documentée du journaliste du journal Le Quotidien, Louis Tremblay. Ses nombreux textes empreints de neutralité m’ont permis de me faire une bonne idée sur les tenants et les aboutissants de la gestion établie depuis fort longtemps par des compagnies forestières. À mon sens, une gestion au strict avantage de leurs bailleurs de fonds capitalistes.

Selon de récents propos dans Le Quotidien du PDG du Conseil de l’industrie forestière, Jean-François Samray, c’est la diminution de cette nécessaire possibilité forestière qui a provoqué la fermeture de plusieurs usines, comme les scieries, avec les pertes d’emplois concomitantes.

Lorsqu’on parle de diminution de la possibilité forestière, on parle de restreindre les abus et non pas de priver les entreprises d’un accès à la ressource; un accès correspondant à leurs besoins réels, y incluant un coussin sécuritaire. L’épaisseur de ce coussin qui n’a jamais fait l’affaire de l’industrie forestière. Le but d’imposer un surveillant en la personne du Forestier en chef est d’encadrer et de civiliser l’exploitation de la ressource dans l’esprit de protéger la durabilité des forêts. À ma connaissance, jamais une scierie n’a mis la clé sous la porte parce que son approvisionnement en mètres cubes de bois lui a fait défaut.

M. Samray a-t-il déjà oublié que la crise financière de 2008 a plombé, de façon magistrale, l’économie ici comme ailleurs? Ce creux économique associé à la dématérialisation technologique de l’information a provoqué une chute vertigineuse de la demande de papier journal. La construction domiciliaire, de son bord, a subi un fort recul à cause de la frilosité des banques à prêter aux consommateurs. Sans compter l’imposition des tarifs douaniers excessifs à la frontière canado-américaine sous les administrations Obama et Trump.

C’est tout cela, selon moi, qui a entraîné la déconvenue qu’a connue l’industrie forestière; et non l’imposition par le Forestier en chef de la quantité de mètres cubes à couper mise à la disposition des compagnies.

Et faut-il le rappeler? La forêt québécoise est un bien public accessible à toutes et tous. Il s’y trouve d’importantes et patrimoniales forêts anciennes à protéger contre les saccages de la machinerie forestière qui envahie le parterre forestier à la recherche des plus troncs.

Particulièrement en ces jours sombres, on entre sous la canopée forestière, riche en biodiversité pour requinquer notre âme en plongeant dans le silence, pour s’y divertir, cueillir, partir à l’aventure. Bref, la forêt nous permet de changer d’air dans le respect de la biodiversité, des aires protégées et des nombreuses ressources dont elle regorge.