D’une époque à l’autre

OPINIONS / Depuis plusieurs années, je suis un bénévole assidu au Club de golf Lac-Saint-Jean, à Saint-Gédéon. Particulièrement affecté aux travaux pour l’amélioration du terrain, je fais en moyenne 125 heures de travail par année. Je me suis retrouvé à de nombreuses reprises à utiliser un outil qui m’a rappelé mon enfance : la primitive, mais non moins utile pelle ronde à main.

Après presque 80 ans, je garde un souvenir inoubliable de la période du travail à la ferme où tout se faisait presque exclusivement à la main. Pour un jeune homme un peu frêle, c’était un défi quotidien d’accomplir les tâches de la ferme.

En 1939, lorsque j’avais 11 ans, quand venait le temps des vacances d’été, comme de coutume, mon père Joseph Fortin – qui est décédé accidentellement l’année suivante, d’ailleurs – nous amenait mes deux petits frères et moi dans le champ et nous disait : « Prenez une pelle ronde. » Pelle qui était juste à notre hauteur. En arrivant au fossé, il nous précise : « Vous allez prendre une tranchée dans le fonds du fossé de la hauteur de la pelle ! »

On commence à pelleter, on fait 100 pieds dans la journée à trois. On faisait ça pendant un mois et demi, car il faillait creuser sur plus d’un mille de long. Lorsque l’on a eu fini de creuser le fossé, alors notre père nous disait : « Là, les vacances vont commencer… » Mais en gardant à l’esprit qu’il fallait tout de même, matin et soir, traire les vaches. Fait à noter, le salaire horaire pour ce genre de travaux de fossé était de 0,10 $, alors nous faisions économiser plus de 40 $ à nos parents et nous étions heureux !

Comme on peut bien s’en rendre compte, des années 1930 à ce jour, la petite pelle ronde reste toujours en vedette sur les ouvrages de terrassement, malgré l’équipement moderne disponible. Et pour moi, c’est une fierté de fêter 80 ans de pelle ronde à main.

Laval Fortin

Alma

LA NÉCESSAIRE CONSULTATION DU PERSONNEL DE SOUTIEN

L’intention du gouvernement d’abolir les élections scolaires et de transformer les commissions scolaires en centres de services suscite beaucoup de questionnements et d’inquiétudes, bien légitimes, chez le personnel de soutien dans les commissions scolaires. Au coeur du fonctionnement des commissions scolaires, ces travailleuses et travailleurs – qui œuvrent souvent dans l’ombre – connaissent tous les rouages qui assurent le déroulement des activités quotidiennes des écoles et des centres.

Le personnel de soutien (administratif, en adaptation scolaire, en service de garde, en entretien, les ouvriers, etc.) jongle chaque jour avec les multiples exigences du système actuellement en place. Certes, il y a matière à amélioration, mais nous appelons à la prudence avant d’implanter trop rapidement et trop radicalement une série de mesures qui pourrait mener à un bourbier administratif dans le cadre de son implantation. Premier au front, le personnel de soutien est à même de prévoir les effets des changements préconisés. À ce titre, nous réitérons au gouvernement notre demande de consulter les travailleuses et travailleurs qui sont « au cœur de la machine », car au bout du compte, ce sont les élèves qui subiraient les impacts de changements mal planifiés.

Surcharge de travail et dévalorisation de leur rôle sont trop souvent le lot du personnel de soutien dans les commissions scolaires. Inévitablement, les effets négatifs qui en découlent se répercutent chez les élèves et les parents.

L’abolition des élections scolaires priverait la population, tant anglophone que francophone, d’un important palier démocratique. Bien que des lacunes soient identifiées, par exemple concernant le taux de participation aux élections, aucune réforme, aucun changement n’ont été tentés pour améliorer la situation.

Une réforme réussie passe par les personnes qui œuvrent sur le terrain, au quotidien. La FEESP–CSN représente la majorité des employés-es de soutien, soit plus de 30 000 travailleuses et travailleurs dans les commissions scolaires, et ce, partout au Québec. Leurs connaissances sont grandes, pertinentes et les décisions qu’ils prennent mettent toujours en priorité le bien-être et les services aux élèves.

Grâce à elles et à eux, les enseignantes et enseignants peuvent enseigner et les enfants peuvent apprendre.

Nathalie Arguin, présidente

Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

Annie Charland, présidente

FEESP–CSN (secteur scolaire)