Dossier de l’amphithéâtre

OPINION / Par pur hasard, le président de la Ligue de hockey junior majeur du Québec se paye un voyage à Chicoutimi et apporte, dans son auto, la coupe du Président et la coupe Memorial. Bien plus, il a un rendez-vous d’une heure avec la mairesse de Saguenay et exige qu’un nouvel aréna soit érigé à Saguenay afin que les Saguenéens continuent leurs activités pour les prochaines cinquante années. M. Gilles Courteau, de quoi vous mêlez-vous ? Êtes-vous un contribuable de Saguenay ?

Il est évident qu’on assiste ici à un autre coup fumant de Mme Néron qui ne cesse d’inventer des stratagèmes afin d’entrer dans la gorge des citoyens son projet démesuré, dont l’équipe des Saguenéens, qui appartient à la ville, serait le locataire principal en attirant une moyenne de 1500 spectateurs payants par match. Il ne faudrait pas reproduire ici l’erreur du Centre Videotron de Québec, déficitaire depuis son ouverture.

Le Centre Georges-Vézina, avec quelques transformations, fera encore la « job » pour plusieurs années et Saguenay, avec ses 10 arénas, est la ville qui dessert le mieux ses citoyens (un aréna par 16 000 citoyens) comparativement aux autres grandes villes du Québec, où la moyenne est d’un aréna par 25 000 citoyens.

Il y a bien d’autres structures à Saguenay qui ont un besoin pressant d’investissements, les rues et les centres de ski (monts Fortin et Bélu), dont les remontées mécaniques doivent être rénovées et même remplacées pour assurer la sécurité des skieurs. Et encore, la Ville a reçu le mois dernier, de Transports Québec, l’expertise du service des ponts et chaussées sur l’état du pont de Ste-Anne et l’ampleur des travaux à réaliser (plusieurs millions) pour le conserver et le rendre sécuritaire pour encore quelques années. Mais cela, la mairesse n’en parle pas.

Eugène Tremblay

Chicoutimi

+

N'EN DÉPLAISE À BILL

Prenons deux extrêmes. Léo Léandre, un mendiant qui œuvre tous les jours sur les trottoirs de Montréal et qui en une heure peut espérer récolter en moyenne 5 $. Puis Bill Gates qui, selon les dernières données, gagnerait autour de 250 $ la seconde, ce qui totalise 15 000 $ la minute pour 900 000 $ l’heure. Deux extrêmes, dis-je bien !

Les deux hommes habitent pourtant la même planète. Ils se lèvent et se couchent tous les jours. L’un dort dehors et parfois dans un centre d’hébergement pour sans-abris. L’autre dort dans une immense demeure, somptueuse, protégée de tous bords tous côtés par des caméras de surveillance et des gardes du corps qui font le guet 24 heures sur 24.

Ces deux hommes, que tout sépare et différencie, ont pourtant un point en commun : ce sont deux philanthropes.

Léo, après avoir passé une journée de huit heures à mendier son prochain, fait ses comptes et lorsqu’il voit qu’il a amassé plus de 40 $, met des sous de côté afin de les redistribuer chaque vendredi à une œuvre de charité de Montréal. En une semaine, Léo peut ainsi redonner l’équivalent de 50 $. Soit environ 20 % de ce qu’il aurait récolté en une semaine.

De son côté, Bill, qui gagne en moyenne 21 millions par jour pour environ 147 millions par semaine, a donné en 2017 4,6 milliards de dollars à des œuvres caritatives. Ainsi il a donné 5 % de sa richesse d’alors. Bill a donc donné moins en pourcentage que Léo, si on compare bien sûr leurs revenus.

Mais au moins, Bill a donné. Sa fortune est estimée aujourd’hui à 90 milliards.

Or, cela dit, ce ne sont pas tous les milliardaires qui donnent à leurs semblables, ce qui est tout à l’honneur de Bill. Et ce ne sont certes pas les plus pauvres qui donnent le plus également. Léo est une exception comme Bill l’est aussi.

Si l’un est trop pauvre et l’autre trop riche, on ne peut pas y faire grand-chose. Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres de la planète se creuse de plus en plus et semble irréversible.

Hélas, ceux qui sont du mauvais côté et qui crient famine, ne peuvent compter sur tous ceux qui sont du bon côté et qui vivent dans la surabondance, l’opulence ou l’excès.

Si notre monde semble courir à sa perte, c’est en grande partie dû à cette iniquité entre les humains. N’en déplaise à Bill et à tous les milliardaires de ce monde !

Yvan Giguère

Saguenay