Donner à César ce qui appartient à César

OPINION / Depuis que le gouvernement a annoncé l’augmentation de la pension de la sécurité de la vieillesse de 75 cents par mois, il ne se passe pas une journée sans qu’on entendre des personnes âgées crier au scandale. Ont-elles vraiment raison de se plaindre ?

Pour répondre à cette question, il faudrait d’abord se poser la question suivante : d’où vient l’argent que le gouvernement donne aux personnes âgées ou aux bénéficiaires de l’aide sociale ? Premièrement de nos impôts, de la TPS et de la TVQ pour une grande partie. 

Cependant, les revenus des deux paliers de gouvernements perdent beaucoup, beaucoup d’argent et cela ne changera pas à moins que les gens changent leurs façons de faire. Le gros problème est que de plus en plus de Canadiens achètent en ligne et ne payent ni TVQ ni TPS, et les pertes pour le gouvernement sont énormes. 

Exemple, en 2013, les Québécois on acheté pour 7 milliards $ en ligne et 40 % de ces achats ont été faits aux États-Unis et seulement une petite — vraiment petite — minorité ont payé la TPS et la TVQ. On estime que les achats à l’étranger entraînent des pertes de revenus fiscaux annuels de 10 milliards pour les gouvernements fédéral et provincial. 

Ces grandes pertes de revenus pourraient-elles justifier la petite augmentation de 75 cents par mois de la pension des personnes âgées ? La question se pose vraiment. Les gens qui achètent sur le web sont-ils tenus de payer la TPS et la TVQ ? La réponse est oui, et Revenu Québec nous rappelle qu’il existe un formulaire qui permet aux Québécois de remplir eux-mêmes leurs obligations fiscales, rapport connu sous l’appellation d’autocotisation, mais cela ne semble pas très populaire. Une année, seulement trois personnes ont fait cette déclaration et l’année suivante, elles n’étaient que quatre. 

De plus, la survie de plusieurs commerçants est aussi menacée. L’allocation de sécurité de la vieillesse ainsi que l’aide aux personnes bénéficiant de l’aide sociale sont aussi menacées, si rien n’est fait pour corriger la situation. Un jour ou l’autre, nos gouvernements n’auront plus les fonds nécessaires pour continuer à donner de l’argent aux personnes âgées ni aux bénéficiaires de l’aide sociale. 

Pour éviter que cela arrive, il y a deux choses à faire : que ceux qui achètent sur le web payent les deux taxes ou que les gouvernements mettent en place un système pour récupérer leur dû. Acheter sur Internet, c’est cool, mais pour ne pas perdre nos avoirs, il faut que ceux qui le font donnent à César ce qui est à César. Mon grand-père disait : « Tu peux te brancher directement sur la vache à lait, mais si tu ne lui donnes pas de foin, un jour ou l’autre, elle ne donnera plus de lait. »

Camille Lalancette, Chicoutimi

Zone sinistrée

OPINION / Le ministre Coiteux, en visite ici, prétend que le recul démographique de la région ne permet pas de conclure que c’est à cause des politiques de Québec des 25 dernières années. Non ? Peut-être pas les 25 dernières années, mais les 4 dernières années d’austérité libérale, sûrement. 

Le ministre préfère mettre cela sur le compte du vieillissement de notre population qui a le dos large. Comme si pareil phénomène se produisait juste ici. Pourtant, les autres grandes villes du Québec : Trois-Rivières, Montréal, Sherbrooke et Québec, ont toutes connu des hausses démographiques entre 2013 et 2017 malgré le vieillissement. 

Qu’est-ce qu’il y a dans les cartons de Québec pour la plus grande ville de région éloignée afin d’aider à sa revitalisation ? Québec ne veut surtout pas reconnaître Saguenay comme une « zone sinistrée » au plan économique ; ça l’obligerait à appliquer les mesures qui s’imposent. Par exemple, va-t-on continuer encore longtemps à être vu comme une pourvoyeuse de ressources naturelles et les laisser se transformer ailleurs, comme si de rien n’était. 

Monsieur Coiteux, on en a plein le casque de nous contenter de la part des anges. Et de grâce, cessez donc de nous ressasser toujours les mêmes fadaises, genre : « Définissez entre vous vos priorités pour bien guider l’action gouvernementale. » Ou encore : « Pour que ça fonctionne, il faut que les priorités soient définies chez vous, pas à Québec. » Mais, monsieur le ministre, vous semblez avoir lu le rapport du sommet économique régional tenu il y a peu à Alma. Alors, ne faites pas semblant.

Marcel Lapointe, Jonquière