Diffusion Saguenay ou les marchands du temple

OPINION / Ceux qui ont consulté la programmation de Diffusion Saguenay ont pu constater sûrement la tendance lourde de cet important diffuseur culturel, depuis sa fondation, de miser sur les « valeurs sûres » et de prioriser la rentabilité souvent au détriment justement de son mandat « culturel ». Ainsi, on peut voir encore cette année une surreprésentation des humoristes et des groupes rétro et une diminution en quantité et en qualité de ce qu'on appelle les « arts de la scène » comme la danse et le théâtre.
En gros, on dénombrerait une cinquantaine de spectacles de la catégorie « humour/variété », deux spectacles de danse et une douzaine de pièces de théâtre dont plusieurs pourraient rejoindre la catégorie « humour ». 
D'ailleurs, sur la première page du programme, ce sont uniquement des spectacles d'humour que l'on met en évidence pour annoncer la saison. Je n'ai rien contre l'humour ni la nostalgie des groupes du « bon vieux temps », mais il n'y a pas que ça ! 
Je comprends très bien les diffuseurs du Québec de vouloir rentabiliser leurs installations en exploitant les secteurs culturels les plus à la mode, mais cette recherche de rentabilité devrait leur permettre d'exposer leur public à une offre culturelle plus variée et plus riche en contenu. Et les tournées du Théâtre du Nouveau Monde sont une façon d'atteindre cet objectif. 
Cette année, le TNM offre aux diffuseurs régionaux deux pièces du répertoire classique : Les Fourberies de Scapin de Molière et Vu du Pont d'Arthur Miller. Mais Diffusion Saguenay a jugé que le public de Saguenay n'est pas capable d'apprécier les pièces du théâtre classique comme toutes les grandes villes du Québec. 
Ainsi, Diffusion Saguenay a choisi de ne pas poursuivre la tradition de l'Auditorium Dufour d'offrir des forfaits dans tous les secteurs de la culture et notamment un forfait théâtre qui offrait systématiquement les tournées du TNM. 
Ainsi, cette nouvelle administration a choisi la rentabilité pour la rentabilité et non pas la rentabilité pour améliorer son offre culturelle. Heureusement qu'on a le Théâtre La Rubrique pour compenser l'indigence de l'offre de théâtre de Diffusion Saguenay.
Gaétan Lepage, Saguenay
Stone le Québec ?
OPINION / Un ami à moi a quitté dernièrement l'appartement où il demeurait depuis seulement quelque mois. La raison principale, l'habitude du couple de l'appartement voisin de fumer du « pot » plusieurs fois par jour et ainsi d'avoir indubitablement à sentir l'odeur tout de même assez forte de ladite drogue. Il en avait pourtant glissé mots au propriétaire qui demeure à l'étage supérieur, mais celui-ci disait ne pas avoir eu connaissance de cette odeur et lui aurait dit de toute façon qu'il fallait s'y faire, puisque la marijuana serait bientôt légale et que les Québécois pourront en fumer du bon à leur aise. 
En fait, le proprio lui-même fumait son petit joint de temps à autre. Mon ami l'a su plus tard. Belle affaire !
Là, je me suis dit que cette situation risquerait de devenir une problématique qu'aura à vivre plus d'un locataire au Québec. 
Bien malvenus ceux et celles qui viendront se plaindre que ça sent le pot à plein nez, que ce soit à leur domicile ou dans différents lieux publics. La mari sera légale, tenons-nous-le pour dit. On en fumera peut-être pas plus qu'avant au Québec, mais plus besoin de se cacher. Puis fini l'ère du « pusher » du coin. On pourra en acheter librement !
Dès mon adolescence, j'ai été confronté à la présence du « pot » dans ma vie. Mes amis en fumaient, quelques blondes et même plus tard certains de mes professeurs. Mais je n'en ai jamais fumé même si on m'en proposait souvent. Et je ne posais aucun jugement à ceux qui en consommaient ! Ce n'était juste pas mon truc.
Étudiant en littérature et en théâtre à l'université, presque tout le monde que je côtoyais en fumait. Presque tout le monde était gelé.
Alors je me dis qu'est-ce que ce sera une fois la marijuana rendue légale. Le Québec deviendra-t-il « stone » pour le meilleur ou pour le pire ? Là est la question.
Yvan Giguère, Saguenay