La chronique de Sébastien Lévesque intitulée « Dieu est mort » a suscité une vive réaction, notamment chez les croyants.

Dieu est mort... vraiment ?

Publié dans notre édition du 16 décembre sous le titre « Dieu est mort », le plus récent texte de notre chroniqueur Sébastien Lévesque a suscité un torrent de réactions. Voici quelques-unes des lettres qui nous ont été transmises sur le sujet.

OPINION / Lundi, la chronique de Sébastien Lévesque, parue dans cette page, m’a accroché avec ce titre : « Dieu est mort ». Dans une société saine, chacun et chacune a droit à son opinion, et c’est pourquoi j’ajoute la mienne. Je me dois d’ajouter que j’aime lire les chroniques de ce dernier. Pour illustrer son propos, Sébastien souligne le fait que sans preuve de l’existence de Dieu, il n’y a pas lieu d’y accorder une quelconque croyance. Et que toute croyance en Dieu relève forcément de l’irrationalité.

Avoir la foi, pour nous, chrétiens, c’est adhérer au fait que sur le plan de la science, ce n’est pas un fait. Je dirais plutôt « que le peuple hébreu a reconnu dans son histoire la manifestation de Dieu ». Cette reconnaissance a été mise par écrit dans les livres bibliques de l’Ancien Testament.

Avoir la foi, c’est croire que « Marie a donné naissance à celui que les chrétiens ont reconnu comme le Fils de Dieu ». C’est pourquoi, sans connaître la date exacte de sa naissance, nous célébrons cet événement à une date symbolique qui est le 25 décembre, jour de Noël.

Avoir la foi, c’est croire et attester que Jésus a parlé au nom de Dieu et que tout ce qu’il a dit et ce qu’il a fait révèlent qui est Dieu. « Celui qui m’a vu a vu le Père », a-t-il dit à Philippe, un de ses disciples. (Jean 14,9)

Avoir la foi, c’est croire qu’après sa mort sur la croix, Dieu l’a ressuscité. C’est essentiellement sur cet événement que repose notre foi. Car sans résurrection, notre foi est vaine !

Toutefois, ce qui est perceptible, c’est que depuis plus de 2000 ans, des gens de toutes catégories, ayant « fait l’expérience » de la présence de Dieu, ont donné leur vie à la suite du Christ, que ce soit en acceptant de mourir en fidélité à leur foi, en se consacrant à la vie religieuse ou presbytérale, en s’engageant comme missionnaire, en s’engageant dans différentes œuvres comme la santé, l’éducation ou encore dans des domaines à caractère social ou caritatif, etc.

Avoir la foi ne relève non pas de la science, mais de l’ordre de l’expérience. L’expérience d’une rencontre personnelle avec Dieu. C’est de cette expérience dont il faut parler. Celle-ci se mesure dans l’engagement au quotidien. Elle se mesure dans l’attitude plus ou moins parfaite des gens qui ont vécu cette réalité. Les gens qui témoignent d’une telle expérience en sortent transformés. Et cette transformation est bien réelle !

Depuis plus de 2000 ans, la foi des gens a contribué à façonner notre monde. Un monde qui n’est certes pas parfait, mais qui est sans doute meilleur.

La foi est certes parsemée de doutes, ce qui est d’ailleurs très bien, parce que le doute permet d’aller toujours plus loin, de creuser plus profondément.

Dieu est-il mort ? Ce n’est pas tant l’existence de Dieu qu’il faut prouver, mais la véracité de l’expérience que nous en faisons... par notre vie.

Jean Gagné, ptre

Saguenay

LE MICROBE DEVENU MICROBIOLOGISTE

Étant donné que vous vous identifiez comme athée, ça confirme ce que j’avais perçu dans votre chronique, c’est-à-dire qu’il y a souvent des allusions antireligieuses.

Bien entendu, chacun est libre de croire ce qu’il veut. Toutefois, j’ai noté dans votre texte des commentaires méprisants pour les croyants. Si les religions en général vous répugnent, pourquoi vous obstiner à mépriser les croyants ? La réalité, c’est que même l’athée croit à quelque chose. La preuve, c’est que vous croyez à la théorie de l’évolution et aux scientifiques qui en font la promotion.

Ne savez-vous pas que le fondement de la preuve scientifique repose sur le fait que l’expérience sous étude doit être reproduite plusieurs fois avec les mêmes paramètres pour être valable, ce qui est impossible avec la théorie de l’évolution (macroévolution) ? Ne savez-vous pas qu’il n’y a pas consensus sur la théorie de l’évolution, que différents scientifiques ont différentes théories ? Ne savez-vous pas que le mot théorie n’est pas pareil comme le mot certitude ? Quand les croyants en Jésus-Christ, comme moi, croient à ses œuvres, sa vie, sa mort et sa résurrection, ils se basent sur des témoins oculaires contemporains de sa vie.

Si Dieu n’existe pas, alors quelle est la différence entre votre vie et celle d’un animal ? Ça prend une bonne dose de foi pour croire à la théorie de l’évolution et, par extension, croire que le microbe est devenu microbiologiste. Pour ma part, ma foi repose sur le témoignage de témoins oculaires qui attestent la résurrection du Fils de Dieu.

Jacques André Fortin

Dolbeau-Mistassini

SCIENTIFIQUE ET CROYANT 

Je témoigne que Dieu est vivant, présent et vivifiant dans ma vie, dans toutes les épreuves que je vis continuellement, comme père de famille et homme d’affaires.

J’ai une formation d’ingénieur physicien, et je suis un entrepreneur en haute technologie, donc je n’ai pas le profil obscurantiste ou naïf que certains attribuent aux croyants. Est-ce que j’ai une preuve matérielle irréfutable que Dieu est là ? Non, mais vous, avez-vous une preuve que votre femme vous aime, ou que vos enfants vous aiment ? Non, vous avez des signes, mais aucune preuve.

C’est la même chose pour moi, j’ai des dizaines de signes, et une force qui m’habite et me guide dans les épreuves, et me remplit de joie quand je contemple la beauté de la nature et la complexité de Son œuvre. M. Lévesque, avez-vous déjà écrit du code source, programmé une application complexe ? Quand votre code compile, et qu’il n’y a plus de bugs, ce n’est pas le hasard, c’est le résultat d’une intelligence. Vous voyez l’œuvre, mais vous ne voyez pas l’artiste derrière. Dire que l’univers est le fruit du hasard, c’est croire qu’en tirant une boîte de nouilles « alphabet » sur le plancher, vous aurez un programme en « C » bien conçu et optimisé. Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup l’en rapproche. Pour moi, le naïf n’est pas le croyant, c’est celui qui croit que tout se fait seul. Imaginez la complexité du corps humain, de l’ADN, du cerveau, dont on comprend à peine le fonctionnement.

Avez-vous déjà conçu un système asservi, avec les boucles de feedback pour autoréguler une condition ? Le corps humain est rempli de centaines de telles fonctions d’un perfectionnement incroyable, automatique. Et ce serait arrivé seul ? Pensez-vous que le pilote automatique de votre Boeing 787 est le fruit du hasard ou d’une intelligence ? Or, les autorégulations du corps humain sont infiniment plus complexes. Pensez à votre œil, avec une lentille autofocus, à la régulation de votre température, etc. Si on recule, on regarde l’univers, dont le taux d’expansion augmente, sans qu’on sache pourquoi, rempli de fameuse dark matter dont on n’a aucune idée de quoi il s’agit. Tout cela est une symphonie qui éclate d’intelligence et de raffinement.

Joyeux Noël, M. Lévesque, et tous mes amis qui n’ont pas encore connu la joie de la foi. Ouvrez votre cœur, et laissez-vous emplir de la joie de celui qui vous aime et qui rigole sûrement un peu de notre orgueil naïf à tous.

Éric Bergeron, ing. MSc

Québec

UNE FOI INÉBRANLABLE

C’est toute une nouvelle que nous annonçait lundi le chroniqueur Sébastien Lévesque.

« Dieu est mort. » Une nouvelle qui aurait dû, tel un scoop, apparaître à la Une de ce journal. En réalité, qu’y a-t-il de neuf là-dedans ? Rien. En 1883, par la voix de son personnage, Nietzche l’avait proclamé. « Dieu est mort. » Nietzche est mort. Dieu est-il mort ? Pas sûr du tout. En tout cas, il vit dans la pensée et l’espoir des croyants et ils sont largement majoritaires... Et ce ne sont pas tous des êtres crédules et dépourvus. Sur les quelque 900 récipiendaires de prix Nobel, toutes des personnes sensées, on dit que 65 % sont ou étaient croyants. Et ce ne sont pas des arguments d’ordre scientifique qui vont ramener à la raison la multitude des croyants.

Hubert Reeves affirmait que « la science ne peut infirmer ni confirmer l’existence de Dieu ». Ce n’est pas son rôle de le faire. Dans une entrevue à l’émission Second Regard, au sujet de cette pensée de Dieu, il disait : « Moi, c’est ce qui me fait vivre. »

Puisque notre chroniqueur évoque la théorie de l’évolution de Darwin, je rappelle que Darwin lui-même, de croyant tourmenté qu’il était, à la suite du décès de sa fille, est devenu athée. En revanche, à la suite d’expériences tout aussi marquantes, des athées deviennent croyants. Le soir de Noël 1925, Paul Claudel, un athée pur et dur, eut l’idée d’entrer dans la basilique Notre-Dame de Paris. À l’écoute du Magnificat chanté par une chorale d’enfants, il raconte : « En un instant, mon cœur fut touché et je crus d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que depuis, tous les livres, tous les raisonnements n’ont pu ébranler ma foi, ni même la toucher. » Pour ma part, je n’ai pas de preuve absolue de l’existence de Dieu, mais j’ai des milliers d’indices.

Guy Laberge

Chicoutimi