Deux bonnes nouvelles

OPINIONS / Le premier ministre du Québec annonce deux bonnes nouvelles pour les régions du Québec : le redéploiement de la fonction publique sur le territoire et la réduction de la taxe scolaire.

Le redéploiement de la fonction publique prendra la forme d’une augmentation de 5000 postes de fonctionnaires dans les régions du Québec. Le gouvernement reconnaît enfin qu’il a été un acteur du sous-développement des régions en concentrant une très grande partie des fonctionnaires à Québec et Montréal. C’est une revendication de très longue date. J’avais écrit mon premier article sur cette question du développement régional au début des années 80. Espérons que cette nouvelle tentative donnera les résultats attendus.

La réduction de la taxe scolaire permettra de mettre fin à l’injustice dont les régions étaient les principales victimes. L’équité est la qualité essentielle d’une taxe et le gouvernement libéral avait contribué à rendre la taxe scolaire encore plus inéquitable. Elle permettra aussi de remettre de l’argent dans les poches des contribuables et de stimuler l’économie locale. Pour une résidence de valeur moyenne dans notre région, la réduction du compte de taxe scolaire sera de 400 $, une augmentation de revenu non imposable. De retour dans l’économie locale, cette réduction de taxe créera également des centaines d’emplois. Pour les propriétaires qui profiteront de cette baisse de taxe, il serait normal et juste qu’ils en fassent bénéficier les locataires en gelant ou encore diminuant les augmentations de loyer. Il serait opportun de mettre en place des mesures de suivi à cette fin.

Le rythme auquel cette réduction de taxe prendra forme n’est pas encore connu. Comme l’enjeu principal est de mettre fin à une injustice, espérons que le gouvernement procédera rapidement et que notre ministre régionale fera des démarches dans ce sens.

Gilles Bergeron, économiste

Saguenay

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LES ASSASSINS DE NOTRE MÉMOIRE

OPINIONS / 2002, année marquée au fer rouge dans notre mémoire collective : on assiste à la création d’une nouvelle ville dans le Haut-Saguenay, issue des fusions de 7 municipalités, telles Jonquière, Chicoutimi et La Baie. Il lui fallait un nom ; on la désigna du nom de Saguenay. Dès lors, la ville de Saguenay devient la seule ville au Québec dont le nom n’est pas celui d’une des villes fusionnées.

Saguenay, un nom qui identifie à la fois un fjord qui se transforme en rivière à la hauteur de Chicoutimi, une région qui correspond au bassin hydrographique de cette rivière et enfin un royaume décrit par Cartier, en 1535, mais qui malheureusement se situait aux confins de la rivière des Outaouais, royaume qui n’a d’ailleurs jamais existé selon l’avis des historiens.

Et pourtant cette ville est composée de 14 secteurs qui ont tous leur propre histoire. Aux précédents, on peut ajouter, entre autres, Arvida, Saint-Alexis-de-Grande-Baie, Laterrière, Shipshaw ou Kénogami.

Plusieurs de ces noms sont d’origine autochtone.

Parmi ceux-ci, le nom Chicoutimi identifiait le territoire de cette nouvelle ville depuis des centaines d’années. Le père Laure qui a résidé à la mission catholique de Chicoutimi de 1725 à 1737 a produit plusieurs cartes géographiques de la région. Sur ses cartes, le nom Chicoutimi est associé à une île délimitée par les rivières qu’on désigne actuellement du nom de Saguenay, Chicoutimi, aux Sables et le lac Kénogami. Le nom Chicoutimi n’appartient pas plus aux gens de Chicoutimi qu’à ceux de Jonquière. Il a toujours désigné ce territoire « où l’eau est peu profonde » à la source du fjord et qui constitue la zone tampon entre la mer et l’intérieur des terres.

Comment se fait-il alors que ce nom, entre autres, n’ait pas été retenu ? C’est ce qui arrive quand on laisse les citoyens choisir sans les avoir préalablement bien informés.

Le Mouvement Chicoutimi propose une solution pour régler cette controverse et invite la population du Québec à répondre à un sondage qu’il a mis en ligne sur son site Web et sur sa page Facebook.

Il est plus que temps de réagir. Il suffit de consulter le site Internet de la ville de Saguenay (cartes et brochures) pour réaliser comment la situation se dégrade, les noms des secteurs ayant disparu. On critique beaucoup le traitement qu’on fait subir à notre patrimoine bâti. On devrait aussi s’indigner de la disparition de nos toponymes patrimoniaux. Aucune société ne bâtit son avenir en éradiquant son passé.

Jacques Pelletier, président

Mouvement Chicoutimi