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Des sondages révélateurs en attendant le rapport du BAPE

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Le Quotidien
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OPINION / Le récent sondage de la firme Léger qui fait état du faible taux d’acceptabilité sociale à l’échelle provinciale du projet de complexe de liquéfaction de GNL Québec a soulevé une colère bien compréhensible chez les partisans de l’entreprise. Parmi ceux-ci, on compte plusieurs élus et gens d’affaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour qui les retombées économiques qui découleraient de cet investissement de 14 G $ doivent primer sur toute autre considération.

Par Clément Fontaine, Chicoutimi

Les partisans du projet acceptent mal qu’en raison de leur importance démographique, les agglomérations de Montréal et de Québec représentent 60% des répondants au sondage, le 40% restant englobant toutes les régions, dont celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Selon eux, il appartient aux gens des régions de décider en priorité du bien-fondé des projets qui les concernent directement.

Pourtant, si on examine le résultat du sondage Léger pour les régions seulement, le camp du non (41%) l’emporte encore sur celui du oui (39%). La marge d’erreur de 3,1% que certains ont évoquée pour suggérer que les deux camps pourraient être en fait à égalité joue dans les deux sens, de sorte que l’écart est peut-être plus grand encore.

Le sondage mené deux mois plus tôt par la firme Segma Recherche, limité cette fois à la région, donnait déjà un infime avantage (52,3%) au camp du oui. Un autre tiers des répondants se disait prêt à y adhérer si et seulement si les conditions étaient bonifiées, principalement en ce qui a trait à la protection de l’environnement. Cela n’a pas empêché les pro-GNL de conclure que le projet récoltait un taux d’approbation de 85% et de publiciser cette fausse information.

Les pro-gaz ont aussi attaqué le sondage Léger en soulignant que les répondants des grands centres avaient déclaré avoir été, ces derniers mois, moins bien informés que les autres sur le projet GNL Québec/Gazoduq. Cela signifie-t-il qu’ils ne se sont pas prononcés en connaissance de cause?

Il est vrai que la plupart des grands médias nationaux ont délaissé la couverture du projet Énergie Saguenay au cours des derniers mois. Par contre, comme le BAPE se tenait à Chicoutimi, et là seulement, les médias régionaux, principalement ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont continué à suivre le dossier de très près.

Il n’empêche que les résidents des grands centres avaient suffisamment entendu parler d’Énergie Saguenay auparavant pour se faire une opinion. Tout indique que s’ils avaient été mieux informés des plus récents développements concernant ce projet, le sondage Léger aurait mesuré une opposition encore plus grande de leur part.

En effet, le BAPE a reçu un nombre record de mémoires, dont la très grande majorité s’oppose avec vigueur à Énergie Saguenay. Lors des audiences, les porte-parole de groupes environnementaux et de nombreux scientifiques de renom ont démoli les prétentions du promoteur voulant que le GNL exporté depuis le Saguenay servirait à réduire les émissions de GES à l’échelle planétaire. Des économistes mettent en doute la viabilité du projet même à court terme en raison de la forte concurrence sur le marché mondial des hydrocarbures.