Des éveilleurs de conscience

En réaction à la chronique de Sébastien Lévesque intitulée « Les dissidents » et publiée le 25 novembre dernier.

OPINION / Monsieur Lévesque, merci pour votre article suggérant une plus grande attention et une écoute accrue envers les dissidents de tous niveaux, quels qu’ils soient. Peu importe leur appartenance ou leur idéologie, on devrait leur accorder, sinon notre adhésion, du moins notre attention, pour plusieurs raisons.

Contrairement aux médias électroniques comme les «nouvelles continues » et «GAFA» (Google, Amazon, Facebook, Instagram, etc.), les dissidents ou libres-penseurs deviennent des étincelles dans le noir, des allumeurs de réflexions et, finalement, des lanceurs d’alertes dans nos communautés subtilement ankylosées par la culture populaire «tout dit, tout pensé».

La pensée libre et libérée n’est pas esclavage et soumission à ces courants de la diffusion standardisée des médias populaires et populistes. Comme toute conviction, elle ne saurait se faire pensée «fast-food», celle du «précuit », du tout prêt, qui reste tellement facile et accessible à quiconque.

La pensée naît de l’observation lente et attentive, qui débouche ensuite sur une réflexion, pour se poser enfin sur un jugement valide, un constat final.

Ce processus méthodique et raffiné n’est déjà plus celui de la nouvelle instantanée des médias qui, eux, visionnent plutôt des faits bruts ou décrivent des acteurs tels qu’ils leur apparaissent. Cette manière de voir et de rapporter se révèle bien loin de la réalité exacte, prétendument perçue.

Yvon Côté

Sherbrooke

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AU NOM DE CES FEMMES

Le 6 décembre de chaque année nous rappelle tristement que 14 femmes ont perdu la vie suite à un attentat perpétré à la Polytechnique de Montréal. On souligne d’ailleurs cette année le 30e anniversaire de cette tragédie qui a marqué le Québec.

L’homme de 25 ans qui a commis ce crime, d’une lâcheté incommensurable, avait un objectif bien précis — voire un message à nous adresser —, soit celui de dire que des femmes ne méritaient pas de poursuivre des études afin d’accéder à des postes qui étaient auparavant réservés aux hommes. Il ne pouvait supporter que des femmes s’accaparent les avantages des hommes, selon ses dires. Une lettre laissée de sa part, après son suicide, a par ailleurs confirmé cela. Voilà qui rend encore plus odieux son crime.

Son nom ne mérite pas de passer à la postérité et je préfère ne pas l’évoquer ici. Mais il en va autrement pour le nom de ces femmes qui sont tombées sous ses balles le 6 décembre 1989 et qui avaient une place qui leur revenait de droit dans notre société, dans notre monde. Hommage soit ainsi fait, en lettres d’or dans le temps, à ces femmes : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte.

Yvan Giguère

Saguenay