Des études incomplètes

OPINION / Cette missive est en réaction à la lettre d’opinion intitulée « Comment (encore) gagner du temps », signée par Pier-Olivier Boudreault, SNAP Québec, Julee Boan, auteure principale de l’étude From Climate to Caribou : How Manufactured Uncertainty is Affecting Wildlife Management , Henri Jacob, Action Boréale, Louis Bélanger, Nature Québec, Mélissa Mollen-Dupuis, Fondation David Suzuki, Olivier Kolmel, Greenpeace Canada. Ladite lettre est parue le 6 mars dans les pages du Quotidien.

Quelle ne fut pas notre étonnement de lire dans le journal Le Quotidien paru le 6 mars dernier une lettre ouverte intitulée Comment (encore) gagner du temps, lettre signée par six organisations écologistes dont cinq d’entre elles ont leur bureau dans les grands centres urbains, de même que dans une autre province du pays, nous faire la morale sur nos pratiques forestières dans notre région.

Ces organisations écologistes devraient savoir que, même si nous vivons en région, nous ne sommes pas des ignorants et que nous sommes tous conscients, plus que quiconque, de l’importance des changements climatiques et de la protection des espèces vulnérables et menacées, car notre gagne-pain et le développement de nos communautés en dépendent.

C’est justement parce que cette cause nous tient à cœur que nous réagissons fortement par cette lettre ouverte. Nous n’acceptons pas certains propos incendiaires tenus par ces organisations, frôlant même l’intimidation en nous traitant de climatosceptique. Des propos tenus par des organisations écologistes qui s’approprient une cause en brandissant certaines études scientifiques qui avantagent leur discours et ignorent volontairement les autres études scientifiques ou les questionnements qui ne vont pas dans la même direction que leurs propos.

Les questions que nous soulevons sont légitimes et ne servent nullement à gagner du temps. Au contraire, nous voulons nous assurer du fondement réel afin de trouver les solutions les mieux adaptées pour rejoindre les objectifs de chacun soit de contribuer le plus possible à préserver l’espèce menacée qu’est le caribou forestier, mais dans une optique de ne pas compromettre également les emplois établis depuis longtemps qui font vivre les nombreuses familles de la région. Dans un objectif d’équilibre entre l’environnement, la société et l’économie, nous demandons au ministre des Forêts de la Faune et des Parcs le statu quo sur toute décision pouvant engendrer une baisse de possibilité forestière tant et aussi longtemps que des études scientifiques actualisées et plus approfondies soient faites sur le caribou forestier.

Nous considérons que les études sur le déclin du caribou forestier qui ont été rendues publiques jusqu’à maintenant sont incomplètes, car elles ne considèrent pas, selon nous, tous les paramètres qui peuvent mener à une diminution du nombre de caribous forestiers ; s’agissait-il d’un phénomène naturel ou d’un phénomène lié aux changements climatiques ? Et pourquoi y a-t-il, selon certaines études, augmentation de la population de caribous forestiers alors qu’il y a des activités forestières à ces endroits ? Voici des exemples de questions auxquelles les organisations écologistes et signataires de la lettre ouverte ne répondent pas.

De plus, il est aussi dommage de constater que les organisations écologiques oublient de mentionner que plusieurs entreprises régionales au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme la nôtre, contribuent favorablement, depuis de nombreuses années, par le reboisement de millions de plants, à stocker le carbone pour compenser les émissions de CO2 que nous produisons et du même coup, participent à l’effort mondial pour diminuer le réchauffement climatique.

Pour ce qui est de la possibilité forestière qui ne serait pas totalement récoltée au Québec selon vos propos, encore là vos arguments sont complètements farfelus et démontrent votre ignorance des faits dans notre région, car, l’an dernier le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs a ajusté, en fonction de la possibilité forestière, les garanties d’approvisionnements pour la période 2018-2023 accordées à chaque industriel de la région. Si comme vous le dites il y avait eu de la marge de manœuvre dans la possibilité forestière, nous en serions tous heureux, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire.

Un plan de rétablissement du caribou forestier est très important, mais il ne faudrait pas oublier que nous allons devoir mettre en place également un plan de rétablissement de l’entrepreneur forestier puisque ce dernier est également très vulnérable et menacé.

Alain Paradis, ing.f.

PDG de Produits Forestiers Petit Paris