Des autobus remplis d'air

OPINION / En réaction à la lettre de madame Sylvie Dussault, publiée le 9 mai courant :

nne dans ma rue, j’ai fait à un passant le commentaire suivant : « Ce véhicule devait être surchargé ! » Et le monsieur m’a répliqué du tac au tac : « En effet, il y a beaucoup d’air, là-dedans ! » J’ai bien ri du trait d’esprit, mais il faisait quand même le constat d’une réalité déplorable. Car cela fait des décennies que nos autobus sont majoritairement vides.

Aussi, de vouloir à tout prix lier, dans notre ville, le réseau de transport en commun à la protection de l’environnement et à la diminution des gaz à effet de serre, c’est une vue de l’esprit. Dans une société où on dénonce comme un scandale le fait que les automobiles ne transportent souvent qu’une seule personne, comment peut-on considérer comme vertu le fait qu’un véhicule de cinquante places ne contienne la plupart du temps que le chauffeur… et de l’air ?

D’un autre côté, de comparer notre situation à celle de Paris ou même de Montréal, là, c’est de la démagogie. On ne va quand même pas prétendre que les contraintes imposées par la densité de la circulation, les stationnements et les distances sont pareilles à Saguenay ! Même à Québec, j’ai vu des autobus, des doubles articulés, s’il vous plaît, complètement vides. Mais je laisse à Québec ses problèmes.

Voici la vérité. Le temps l’a démontré, on ne ressuscitera pas chez nous le transport en commun, quelles que soient les mesures que nos politiciens mettront en place. Depuis au moins quarante ans, plus ça change, plus c’est pareil. En réalité, c’est le modèle gros transporteur, qui ne change pas ; que ce soit pour écraser un brûlot ou un diplodocus, on met en œuvre le même marteau-pilon. Comme corollaire à ce constat, les autobus sont ruineux et extrêmement polluants, compte tenu de leur taux d’efficacité. Non seulement ils consomment énormément, ils sont très coûteux d’achat et d’entretien. De plus, en raison de leur poids, ils détruisent carrément les infrastructures routières, surtout dans les quartiers résidentiels, qui ne sont pas prévus pour le trafic lourd.

Il y a quelques semaines, notre vénéré premier ministre s’est amené à Saguenay pour annoncer une nouvelle subvention de quelques millions au transport en commun. On l’a vu à la une en compagnie de la mairesse et du député de Dubuc. Tous, ils étaient tout sourire pour nous annoncer qu’on allait engloutir un peu plus de fonds publics dans une cause perdue. Par ailleurs, chaque fois que vous renouvelez l’immatriculation de votre véhicule, vous déboursez un montant pour un transport en commun globalement inefficient, du moins dans notre communauté.

Que faire ? Faut-il mettre un terme au service ? Non ! Mais il est évident que les politiciens sont à court d’idées sur le sujet. Ce que je dis, c’est qu’il faut confier le transport en commun à l’entreprise privée. Ça se fait à certains endroits, et avec succès. Vu les subventions qui sont consenties à cette activité, je suis persuadé qu’une entreprise ferait fortune en un rien de temps. C’est bien connu, les instances politiques ne savent pas économiser, seulement dépenser.

Je fais de plus le pari qu’une corporation privée assurerait un meilleur service que la STS, un service davantage personnalisé. En même temps, je pourrais presque garantir qu’elle ne mettrait pas des fardiers sur la route pour transporter une ou deux personnes ; ainsi, elle ménagerait les voies urbaines, si coûteuses à entretenir, si enclines à se consteller de nids-de-poule.

Clément Martel

Chicoutimi

Mourir dans le bienveillance

OPINION / Au Canada, (c’était) la Semaine nationale des soins palliatifs, du 6 au 12 mai. Tout un thème : « Vers un Canada encore plus bienveillant, hey ! » Saluons les professionnels, les bénévoles et les établissements canadiens qui veulent prendre soin de plus en plus avec bienveillance des personnes en fin de vie. Admiration et gratitude à eux.

Comment augmenter cette bienveillance auprès des personnes en fin de vie et à la fin de leur vie ? Réponses. Leur permettre de plus en plus de terminer leur vie en fierté, en dignité, selon leur identité, selon leurs valeurs, selon leurs croyances, surtout en liberté. Cette bienveillance s’exprimera davantage et en hauteur à travers leur liberté de choix. Leur permettre de choisir librement entre le refus des traitements et médications antidouleurs appropriées, les soins palliatifs de confort, la sédation palliative continue, l’aide médicale à mourir

Avec le libre-choix et la primauté du seul intérêt de la personne en fin de vie, la bienveillance se bonifie et elle a bien meilleur goût.

Ainsi, le Canada, de plus en plus ouvert à tout l’univers des soins de fin de vie, augmentera sa bienveillance pour ses 250 000 finissants de la vie/année, leurs proches, leurs soignants, leurs bénévoles, leurs établissements de soins.

Yvon Bureau, travailleur social

Québec