Déférence et admiration

OPINION / Ébahissement également devant ces dieux et déesses de la nage en eau libre. Cela remonte, je crois, à mon enfance. Mon joueur de hockey était bien sûr Maurice Richard. J’avais un lutteur préféré, Yvon Robert. Et mon nageur, le seul à l’époque à vaincre les eaux les plus hostiles, était Jacques Amyot.

Une fois, mon père, alors maire de Rivière-du-Loup, avait reçu ces trois géants du sport à l’hôtel de ville pour signer le livre d’or de la cité. À ses côtés, j’ai eu la réaction de tout enfant normal. Timoré. Yvon Robert s’était baissé vers moi pour me mettre à l’aise ; en voyant son oreille en chou-fleur, j’ai détalé sans demander mon reste.

Des années plus tard, j’ai vu de mes yeux Jacques Amyot accomplir une prouesse dans le fleuve Saint-Laurent : la traversée Saint-Siméon — Rivière-du-Loup ; bien avant sa conquête du Piékouagami. De sorte que j’ai toujours gardé une grande admiration envers ce géant des mers et ses semblables, pour moi hors de l’ordinaire. Si bien que depuis que je me suis établi au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Traversée internationale est devenue pour moi un incontournable.

Le 28 juillet dernier, la foule massée sous la pluie, attendant de voir apparaître la première embarcation accompagnatrice faire son entrée dans la rade de Roberval, en a eu bien plus que pour son argent. En effet, non pas une, mais quatre chaloupes sont apparues en même temps. Du jamais vu à ma connaissance.

En scrutant l’horizon à l’aide de jumelles, ce ne sont pas une tête et deux bras, mais plutôt quatre têtes et huits bras serrés, entremêlés, que j’aperçois battant la surface de l’eau pour décider du maître du Piékouagami cette année. En matière de sensations fortes, nous sommes bien loin devant les exploits en solo, dont Petar Stoychev et John Kinsella nous avaient habitués. L’un des commentateurs, un ex-nageur, a même osé prédire une fin de course historique alors que les quatre athlètes du peloton de tête finassaient de stratégies dans l’eau sombre et tumultueuse du Piékouagami, à six kilomètres de la plaque d’arrivée. La suite lui aura donné raison.

Vous dire la fébrilité que ces Formule 1 de la nage en eau libre ont transmise à une foule en délire, qui la leur a bien rendue par des cris et applaudissements à tout rompre... Inimaginable !

Une tête a séparé le vainqueur, l’Italien Edoardo Stochino, du second, le Québécois Xavier Desharnais. Plus de sept heures à lutter contre les mauvaises conditions surprises du Piékouagami. Faut le faire !

Ces athlètes-là, je me dis, ne compétitionnent pas d’abord pour l’argent (une maigre bourse totale de 40 000 $). Américains, me direz-vous ? Même pas au sommet de leur gloire, vous connaissez, comme moi, des athlètes-vedettes qui ne se déplaceraient pas pour si peu.

Marcel Lapointe

Jonquière


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UNE UTOPIE

OPINION / Réaction à une lettre d’opinion publiée le 2 août dernier, sous la plume de Mathieu St-Pierre Castonguay, président du Parti québécois Saguenay-Lac-Saint-Jean-Nord-du-Québec.

« Fakes news, think hard », tout y passe. 

La vérité choque et cela irrite les gens. Calmez-vous bon sang ! Le point central de la philosophie est la pensée claire. Pour cela, il faut dire la vérité, et là vous mentez. 

Pour parodier Epictète, « ce n’est pas le fédéralisme qui choque, mais la pensée qu’on en a ». Pour remettre les pendules à l’heure, je ne suis pas séparatiste, je ne suis pas fédéraliste ; je suis fanatique du Québec riche. 

Le dernier gouvernement séparatiste nous a laissé en héritage un déficit budgétaire de presque 3 milliards, plus un 800 millions non comptabilisés. C’est une chance inouïe que ce gouvernement ait été battu. Voyez-vous cela, trois autres milliards déficit ? 

Les agences de cotation nous auraient relégués dans les bas-fonds. 

J’ai encore en tête Mme Marois tapant de la cuillère sur une casserole, dans une foule d’étudiants dont l’un des leaders (M. Nadeau) n’avait pas encore payé d’impôt. Édifiant non…

Statistique Canada révèle qu’elle perçoit 41 milliards du Québec en impôt de toutes sortes. Elle en redonne presque 62 milliards, plus une péréquation de 12 milliards. Ce qui fait que nous sommes plus riches de 33 milliards. 

Les électeurs ont élu un gouvernement qui nous a remis sur les rails de l’économie. Chapeau à Philippe Couillard et à Gaétan Barrette, qui ont coupé dans le gras. Nous avons un surplus de plus de 3 milliards et nous voguons vers une économie plus saine avec la confiance des investisseurs. Nous sommes libres et Elvis Gratton en a pris pour son rhume. 

Je suis fanatique de mon Québec libre, mais tant qu’on me prouvera que je suis plus riche de 33 milliards, je ne voterai jamais pour l’indépendance. C’est une utopie que le Québec ne veut plus. 

À l’heure présente, le Bloc québécois est à l’agonie, les sondages placent le Parti québécois avec 20 % de suffrages et ça continue de baisser. Je ne veux pas d’une république de bananes (qui n’est pas une démocratie pure). Je désire un Québec libre dans une fédération libre, qui utilise toutes ses richesses intellectuelles à bon escient. « Think hard », M. Castonguay.

André Tremblay

Saguenay