Débat du Cercle

OPINION / Le Cercle de presse accueillait les quatre candidats-es à la mairie de Saguenay la semaine dernière. À mon humble avis, il m’est apparu que M. Jean-Pierre Blackburn s’en est mieux sorti que les autres. Le fondateur de Blackburn Communications est passé de la théorie à la pratique en toute aisance. Josée Néron s’est a priori classée en second avec une présence authentique et respectueuse, suivi de Dominic Gagnon, déterminé, mais qui montrait un brin d’agressivité, et d’Arthur Gobeil, visiblement mal à l’aise devant les journalistes.

En poussant l’analyse plus loin, si on décortique un peu plus les débats on réalise que ce qui a plombé la performance de Mme Néron, ce sont deux questions qui lui ont été posées directement par des journalistes. Aucun des autres débatteurs n’a eu droit à ce traitement. Non pas que les questions étaient impertinentes. Il est normal de se demander si la chef de l’ERD traitera sur un même pied tous les élus mêmes s’ils ne sont pas de l’ERD ou de s’interroger sur sa position concernant les résidus de bauxite en fonction de la présence de Mme Lana Pedneault comme candidate de l’ERD. Mme Pedneault a été la présidente du Comité de citoyens pour un Vaudreuil durable qui a été perçu, à tort, comme s’opposant à l’expansion de l’usine arvidienne. La question est que ces interrogations auraient pu être éclaircies en entrevues individuelles avec Mme Néron puisqu’elles ne concernaient pas l’ensemble des candidats-es. Pour moi, ces questions auraient dû être évacuées du débat par la médiatrice, Mme Jessica Blackburn, tout simplement parce qu’elles débordaient du cadre établi dès le départ. Comme ces questions ne s’adressaient pas aux autres candidats, ils ont pu y répondre plus librement. Par contre, lorsque vint le tour de Mme Néron, elle a dû consacrer une bonne partie des 90 secondes allouées soit pour rassurer la population que l’ERD respecterait sans restriction les choix de la population et qu’aucune discrimination ne serait exercée au sein d’un conseil municipal qu’elle dirigerait, soit pour justifier la présence de Mme Pedneault dans son équipe et surtout, la volonté du comité de conserver tous les emplois. 

Pour sa part, M. Dominic Gagnon a clairement exprimé qu’il ne ferait aucune place à la dissidence au sein d’un conseil qu’il dirigerait. Pour reprendre son slogan : « C’est ça l’Équipe Dominic Gagnon, la nouvelle génération. » Slogan qu’il a employé à toutes les sauces. Je l’ai trouvé tendu, à la limite agressif envers Mme Néron lorsqu’il s’est affligé des timides interventions des conseillères de l’ERD au conseil municipal qui, selon lui, étaient improductives. Aussi lorsqu’il a brandi un article de journal où étaient rapportés les propos de M. Paul Grimard, aigri suite à sa démission de l’ERD, qui affirmait que le parti qu’il supervisait n’avait rien à proposer. On peut facilement comprendre la réaction de M. Grimard à l’époque. Mais à quoi bon remettre ces vieilles histoires sur le tapis ? L’ERD a bien évolué depuis. Par ailleurs, je n’ai pas compris ce que M. Gagnon avait lui-même à proposer. 

M. Arthur Gobeil semblait très mal à l’aise. Il répondait aux questions de manière un peu confuse. Lui qui se présente comme le candidat rassembleur ne me donnait pas le goût de le suivre. Peut-être se resaisira-t-il lors des prochains débats ?

Au final, je donne M. Blackburn et Mme Néron gagnants, loin devant leurs adversaires. Nous assisterons vraisemblablement à une course à 2. 

Benoît-Robin Lessard

Chicoutimi

Une Église moderne

OPINION / La nouvelle parue dans Le Progrès du 30 septembre à l’effet que le secret pontifical entoure le processus de nomination (du prochain évêque de Chicoutimi) m’a fait réfléchir. Ne devrions-nous pas être rendus à un moment dans l’histoire de l’Église où les laïcs, et surtout les membres de la vie pastorale diocésaine, puissent avoir leur mot à dire au sujet de leur évêque ?

Bonne nouvelle ! J’ai découvert que le Conseil des neuf cardinaux (C9) qui est un groupe restreint de personnes bien placées à Rome ayant pour mandat de conseiller le pape François, réuni en juin dernier, a poursuivi sa réflexion sur la procédure de nomination des évêques, évoquant « une consultation plus ample, par exemple de certains consacrés ou de laïcs, sur les candidats proposés à la nomination épiscopale ». Nous sommes témoins ici d’une réelle volonté de la part du pape de vouloir changer les façons de faire dans l’Église. Il est tout à fait souhaitable que cette volonté se concrétise dans les meilleurs délais parce que notre Église a besoin de consolider sa crédibilité. Ce n’est qu’un exemple, celui de vouloir démocratiser la nomination des évêques ; nous pouvons penser à plusieurs autres aspects de notre vie qui pourraient être collés à notre réalité :

À quel moment accepterons-nous une femme évêque ? Pour cela, il faudrait commencer par accepter l’ordination des femmes comme chez les anglicans. À quel moment les femmes pourront-elles être consacrées diacres permanents et ainsi être accompagnées, si elles sont mariées, de « leur homme » dans la mission qui leur serait confiée ? À quel moment, le candidat à la prêtrise aura-t-il le choix entre la vie de célibat ou la vie d’homme marié tout en étant ordonné prêtre comme nous le trouvons dans plusieurs autres confessions ?

D’ici à ce que toutes ces réformes soient proposées, étudiées et réalisées, continuons à vivre de l’espérance de la concrétisation d’une Église plus en lien avec nos nouvelles réalités sociales et surtout d’une Église plus moderne.

Pierre Forest B.Th.

Jonquière