Corps et âme

OPINION / C’est le titre du concert tenu dimanche dernier dans le cadre des Jeunesses musicales du Canada, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob de Jonquière.

Encore une fois, une salle pleine a eu droit à une performance hors de l’ordinaire et inoubliable d’un jeune prodige pianiste de 27 ans. Nul autre que Teo Gheorghiu, meilleur artiste canadien du Concours musical international en 2017, s’est donné corps et âme avec maîtrise et assurance pour notre plus grand plaisir.

L’artiste, qui est également un adepte du vélo, a raconté avoir réalisé la prouesse de rouler, en juillet dernier, de Londres au Maroc, au motif qu’il avait un besoin impératif de déconnecter de la musique pour reconnecter avec son corps. Son périple lui a d’ailleurs servi de trame narrative à son spectacle. 

Le pianiste de concert n’est-il pas, à sa façon, un athlète ? Teo a passé d’un extrême à l’autre sur le clavier, à jouer avec la grâce et l’assurance du patineur artistique, sans filet de sécurité. Pour seule protection, en fait, une confiance inébranlable acquise grâce à un entraînement de durée incalculable qu’il a dû s’imposer pour en arriver à une maîtrise parfaite de son piano : le plus grand des instruments, a-t-il évoqué.

Le pianiste extrême et assuré a tout simplement ébloui la foule par sa touche magique, en nous amenant à la rencontre des plus grands parmi les plus grands. De Debussy à Mussorgsky, en passant par Maurice Ravel et sa renommée Valse.

En présentant La jeune fille et le rossignol, du compositeur catalan Enrique Granados, Teo a dit : « Si vous écoutez bien, vous reconnaîtrez, au cours de la pièce, le chant du... rossignol. » J’ai faussement douté. 

J’en suis convaincu : homo sapiens n’a pas inventé la musique, mais il la cultive depuis la nuit des temps au motif qu’elle le connecte avec la nature.

Merci à Luc Bouchard et à sa troupe qui, encore une fois, ont permis la production du spectacle. J’ai déjà hâte au 16 février 2020.

Marcel Lapointe
Jonquière