Contre les bacs bruns

OPINION / Saguenay veut emprunter 5,5 millions de dollars pour l’achat de bacs bruns en vue du compostage de nos déchets domestiques, ce qui est une cause noble en soi, mais nous oblige à recevoir un troisième bac de plastique sur nos galeries. Nous en avons déjà deux, un pour les déchets et l’autre pour le recyclable, et bien souvent, nous peinons à remplir le fond de chacun d’eux. Il me semble que nos bacs verts sont assez grands pour y recevoir nos déchets compostables, pourvu qu’on ait pris soin d’accumuler ces déchets domestiques dans un sac bleu, qu’un robot se charge de reconnaître au centre de tri et d’acheminer vers le compostage. On nous dit que la technologie est au point. Pourquoi un autre bac de plastique ? C’est une pollution de plus !

Je suis allé signer le registre contre le règlement d’emprunt pour cette dépense qui est quand même assez élevée. Si la Ville faisait signer un registre, non pas contre le règlement d’emprunt, mais pour celui-ci, je me demande si on réussirait à ramasser le nombre de signatures nécessaires. Et je parie qu’on se ferait un devoir d’ouvrir des bureaux à Jonquière et La Baie.

Michel Tremblay

Chicoutimi

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NON À ARIANNE PHOSPHATE

OPINION / Le projet de l’Administration portuaire du Saguenay d’implanter un port sur la rive nord du Saguenay pour la compagnie minière Arianne Phosphate, à quelques kilomètres à peine en amont du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, soulève des inquiétudes, particulièrement pour le béluga du Saint-Laurent, classé « en voie de disparition ». L’Agence canadienne d’évaluation environnementale évalue comme non importants sur lui les impacts de l’implantation de ce port. Son opinion est à l’opposé de celle de Robert Michaud, le directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), qui soutient que hausser la circulation maritime dans le Saguenay et le Saint-Laurent fragilisera cette population. Et, en effet, lorsque l’on considère le nombre de bélugas qui ont été trouvés morts en 2017, soit 22, dont une dizaine de rejetons ; que la mortalité chez les bélugas est en augmentation depuis 2010, alors que la population totale se chiffre à moins de 900 individus, il m’apparaît évident que ce projet n’aurait jamais dû être sur la table.

Au-delà de sa rentabilité ou non, il demeure que du point de vue environnemental, il est complètement inacceptable. Je n’hésiterais pas à qualifier sa concrétisation de « crime environnemental ».

Pour le maintien de la biodiversité, ce projet doit être abandonné.

Sylvie Dussault

Chicoutimi

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CALMONS-NOUS LE POMPON

OPINION / Que cela plaise ou non, une récente étude économique du gouvernement du Québec démontre que le projet de mine d’apatite d’Arianne Phosphate ne serait ni finançable ni rentable, aux prix mondiaux actuels. Même le premier ministre Couillard déplore que la rentabilité de ce projet ne soit pas au rendez-vous. Selon les prévisions de la Banque mondiale, le prix de la tonne de phosphate, qui se situe sous les 100 $ US depuis plus de deux ans, ne devrait pas atteindre 125 $ avant au moins 2030. Mais, selon les données d’Arianne Phosphate citées par l’économiste du ministère, le seuil de rentabilité du projet se situerait entre 125 $ et 130 $ la tonne. Dans ce contexte, construire un nouveau terminal industriel sur le Saguenay – qui en compte déjà deux – serait, bien honnêtement, prématuré.

C’est précisément ce que confirme le rapport préliminaire de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, qui recommande de ne pas construire le port avant que les promoteurs du projet de mines ne trouvent le financement nécessaire pour faire démarrer leur projet. Cela est plein de bon sens : pourquoi construire un nouveau port industriel sur le Saguenay avant de savoir si le projet de mine verra le jour ?

D’autre part, reconnaissons que ce projet aura des impacts sur le paysage d’un des joyaux du Saguenay : le paysage de Sainte-Rose-du-Nord, maintes fois photographié et peint par de grands artistes du Québec et d’ailleurs. Des milliers de touristes y passent chaque année, et plusieurs y séjournent une partie de leurs vacances. Nous nous sommes mobilisés il y a moins d’un an pour que le fjord du Saguenay soit reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO. Encore faut-il prendre soin de ces attraits soumis pour cette prestigieuse reconnaissance.

Si tant est que le prix de l’apatite remonte d’ici quelques années à un niveau qui justifierait l’ouverture du projet de mine d’Arianne Phosphate – ce qui justifierait l’utilisation d’installations portuaires – pourquoi ne pas regarder la possibilité d’utiliser les installations existantes à Grande-Anse ou La Baie ? Ceci nous permettrait de faire de la place au développement économique de la région, tout en protégeant les paysages qui en font son attrait et son rayonnement, ici comme ailleurs.

C’est une idée à débattre au cours des prochains mois. Non ?

Sylvain Dragon

La Baie