Conseillers, gardez-vous une petite gêne

OPINION / Si on résume le débat entourant le salaire des conseillers municipaux de Saguenay, la moitié de ces représentants du peuple sont là pour le salaire. Sinon, pourquoi s’en défendraient-ils publiquement ? Pourquoi vouloir justifier un salaire si ce n’est qu’il est trop élevé ?

Surtout qu’on le prétend légitimé. Dans un contexte où on demande aux contribuables de se serrer la ceinture en augmentant les taxes, où on n’arrive pas à atteindre nos objectifs de coupes dans l’administration municipale et où le prix de nos maisons subit une dévaluation, est-il justifié d’accorder une augmentation de plus de 25 % à nos administrateurs ?

Depuis quand le travail d’un conseiller municipal est-il un job à temps plein ? J’en ai personnellement côtoyé pendant dix ans des conseillers et les ai suivis dans leurs travaux. J’ai moi-même eu le privilège de représenter des citoyens à titre de conseiller municipal dans une petite municipalité. Est-ce que trois ou quatre réunions par semaine et quelques rares téléphones de contribuables justifient un salaire d’employé à temps plein ?

Se réunir pour prendre des décisions inapplicables gruge énormément de temps.

On l’a vu avec le projet d’un nouvel amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi. On a pu aussi le constater quand une majorité de conseillers ont rejeté le budget proposé par la mairesse de Saguenay. Mais ces vains échanges, où tout le monde cherche à défendre ses propres intérêts aux dépens de la collectivité, ne justifient en rien des paies de salariés à plein temps.

Je suis prêt à parier que plus de la moitié de nos représentants municipaux actuels ne faisaient pas la différence entre une résolution et un avis de motion à leur arrivée à la table du conseil. La Ville emploie des dizaines de professionnels fonctionnaires qualifiés pour l’administration courante. Les conseillers sont là pour orienter l’administration municipale dans le développement de la municipalité. D’aucune façon, ils n’ont le pouvoir de s’ingérer dans la gestion quotidienne des affaires municipales.

Alors, comment nos conseillers municipaux peuvent-ils justifier leur travail à temps plein ?

Ne connaissaient-ils pas, lorsqu’ils se sont présentés, les conditions salariales et les heures de travail dévolues à leur fonction ? Ne savaient-ils pas qu’une grande partie de leurs activités repose sur le bénévolat ?

Leur acharnement à vouloir défendre leur hausse salariale démontre qu’ils mettent davantage d’effort pour défendre leur propre intérêt plutôt que celui du contribuable. Une réaction plutôt choquante aux vues des résultats que leur amateurisme a obtenus depuis les deux dernières années.

Richard Banford

Saguenay

Ex-conseiller de Jean Tremblay

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LE RETRAIT DE BERKSHIRE HATHAWAY

Voici une opinion en réaction au retrait de Berkshire Hathaway dans ses démarches d’investissements au projet GNL Québec à Saguenay. L’assistante de Warren Buffet a reçu ma correspondance pour défendre du point de vue d’un citoyen le projet et la région. Reste à voir si je vais en avoir des nouvelles.

La guérilla d’activistes et leurs alliés journalistes pro-environnementalistes ont frémi d’excitation à l’annonce du retrait d’un important investisseur potentiel, à tel point qu’ils ont fait croire par de gros titres catastrophes que c’était une perte pour GNL Québec. [...] Or, pour ceux qui lisent bien les nouvelles de sources sérieuses, il n’en est rien. On est dans le grenouillage de mauvaises langues. On nage en plein journalisme biaisé encore, [...] ce qui nuit au projet.

En fait, ce n’était qu’un investisseur qui, pour des circonstances complètement externes au projet, vu la manière dont le gouvernement a géré la crise, s’est retiré avant de s’engager, sans quoi il l’aurait probablement fait. Le projet GNL Québec a un as dans son jeu qu’aucun autre projet de gaz naturel liquéfié sur la planète n’a : l’hydroélectricité. Cet as lui confère 15 % d’efficacité supérieure à tout projet concurrent, car c’est ce que les autres doivent consommer pour le liquéfier. Ainsi, peu importe les niveaux de performance de liquéfaction des usines concurrentes, elles n’atteindront jamais leur performance, car tout gain qu’elles réussiront à faire pourra être appliqué à l’usine et conserver leur avance au-dessus des autres.

Tout projet dans une industrie, quelle qu’elle soit, est un bon placement quand ce projet est le meilleur au monde. Et l’industrie du GNL est loin d’être en mauvaise posture face aux autres énergies fossiles. Même le charbon n’est pas près de tomber, quoiqu’en pensent les environnementalistes.

Comme à la Rocky Balboa, les opposants ont festoyé trop vite et c’est toujours mauvais présage pour eux.

Toute la population appuyant le projet GNL aura l’occasion de prendre part à la grande marche qui se tiendra le samedi 28 mars à midi, à partir de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), pour montrer aux investisseurs que ce n’est pas une poignée d’activistes qui vont diriger le pays et enchaîner notre région dans leur dogmatisme.

Pierre Charbonneau

Arvida