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Confinement et couvre-feu : de nombreuses réactions

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Le confinement et le couvre-feu annoncés mercredi par le premier ministre François Legault a suscité de nombreuses réactions. En voici quelques-unes reçues par Le Quotidien.

JE NE POURRAI PLUS GARDER MA PETITE-FILLE

À compter de samedi 9 janvier 2021, je ne pourrai plus garder ma petite-fille de 7 ans ni m’amuser à l’extérieur avec mes autres petits-enfants. Ses parents vont continuer à travailler et la garderie scolaire est très achalandée.

La décision du gouvernement Legault qui considère que les 65 ans et plus sont maintenant des personnes vulnérables qu’il faut protéger de la COVID-19 malgré eux et d’interdire aux grands-parents de garder et de faire des activités avec leurs petits-enfants est une décision que je déplore.

Le ministre Dubé nous a montré un beau graphique bleu et vert des 20/80, à savoir que 80 % des lits d’hôpitaux sont occupés par 20 % de gens qui ont 65 ans et plus.

C’est faux. Entre 65 et 95 ans, il y a toute une différence ! Les gens de 65/75 ans dont je suis sont pour une proportion de plus en plus grande très en santé et en bonne forme physique. Nous infantiliser de la sorte est une honte.

Qui gardera ces enfants ? La télé ? L’ordinateur ? Les jeux vidéo ? Il est important il me semble pour le bon développement des enfants et de celui de leurs grands-parents qu’ils puissent s’occuper d’eux lorsque cela est nécessaire.

Malheureusement, cela va me coûter une amande de 1500 $ si je garde mes petits-enfants ou si je fais une activité avec eux. On pourrait partir en Floride dans un condo de luxe sans problème pour le prochain mois pour le prix de l’amende. On y serait même vaccinés contre la COVID gratuitement !

Modifiez votre interdiction, M. Legault. Les grands-parents de 65 ans ne méritent pas ça. Déjà que nous voyons nos propres parents mourir seuls sans accompagnement. Il ne faut pas généraliser les drames familiaux. Il y en a déjà assez.

Merci.

Denis Gagné

Chicoutimi

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COVID-19 ET UN COUVRE-FEU

C’était évident, il fallait que le gouvernement impose de nouvelles mesures pour passer un message clair à celles et ceux qui ne respectent plus les consignes de distanciation physique à l’extérieur de leur bulle familiale.

L’imposition d’un couvre-feu est en soi une bonne idée. Nous avons tous une histoire personnelle où une connaissance — et parfois nous-mêmes, avouons-le — qui a baissé la garde et a décidé de rendre visite à un ami en restant à deux mètres à l’intérieur d’un garage.

On le sait que c’est interdit, mais parfois, c’est plus fort que nous. L’imposition d’un couvre-feu, même s’il est contraignant, nous fera assurément réfléchir sur nos actions individuelles.

La majorité d’entre nous n’avons jamais vécu de telles restrictions. Il est normal de se sentir brimé, mais n’oublions pas que la hausse phénoménale du nombre de cas n’est pas étrangère à nos actions. Dans notre région, nous avons réussi à réduire le nombre de cas recensés, mais il ne faut pas oublier les malades qui doivent être hospitalisés alors que nos anges gardiens sont dans un véritable marathon depuis plusieurs mois.

Le couvre-feu est une mesure qui vise à nous faire prendre conscience de l’urgence d’agir… Encore faut-il que la courbe redescende, sans quoi le gouvernement Legault et la Santé publique devront expliquer pourquoi même l’une des mesures les plus drastiques ne permet pas de stabiliser le bilan de la province.

Jonathan Thibeault

Jonquière

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UN COUVRE-FEU QUI SÈME L’ÉMOI

De mémoire d’homme, la dernière fois que le Québec a été soumis à un couvre-feu remonte aux événements d’Octobre 1970. J’étais enfant, mais je m’en souviens très bien. Car un couvre-feu qui se tient à l’échelle d’une nation, c’est effectivement rarissime. Mes parents ont connu les couvre-feux de la Seconde Guerre mondiale, bien qu’ils étaient enfants eux aussi à l’époque.

Je me souviens qu’en 1970, moi et mon frère on jouait à se cacher sous la table de la cuisine à l’heure précise où le couvre-feu commençait et on attendait que le pire se produise. Mais nous restions sur notre faim. Car après tout, nous n’étions pas sous le joug d’une guerre de l’ampleur de celle de 1939-1945. On évoquait tout au plus qu’une possible guerre civile pouvait se produire. Mais on parlait plus d’une occupation de l’armée canadienne dans différentes villes du Québec, surtout Montréal.

Voilà que dès samedi, 20 h, le Québec sera soumis à nouveau à un couvre-feu. Ne sommes-nous pas en guerre, à vrai dire ? Et ce, contre un virus qui ne lâche pas prise. La situation en lien avec la COVID-19 a atteint un point critique.

Le gouvernement Legault a décidé d’agir en donnant un grand coup. On s’attendait pour la plupart d’entre nous à un autre confinement complet, sans surprise. Voilà en prime qu’on sera soumis à un couvre-feu du 9 janvier au 8 février, et ce, de 20 h à 5 h chaque jour. Le fameux « restez chez vous » de François Legault vient de prendre une plus-value. Et voilà que ce couvre-feu annoncé sème l’émoi dans la population.

J’anticipe déjà certains Québécois qui manifesteront leur désaccord. On lira sûrement sur des affiches : trop c’est trop. Voilà que nos complotistes voudront à nouveau se faire entendre dans les rues. Mais ils devront le faire avant 20 h en journée et avec le port du masque...

Il me semble que la majorité d’entre nous salue le couvre-feu en se disant qu’il faut mettre toutes les chances de notre côté si on veut un jour passer au travers de cette crise sanitaire. Le couvre-feu est une mesure exceptionnelle, certes, mais nécessaire dans les circonstances. La France et d’autres pays ont recours au couvre-feu pour contenir la COVID. Le Québec emboîte le pas.

J’ai agi à titre de gardien de nuit à l’Auberge de jeunesse de Baie-Saint-Paul du temps où elle était encore ouverte. Ma tâche principale était de faire respecter un couvre-feu — et c’est le cas de le dire — aux clients qui faisaient la fête autour d’un feu de joie. Alors plus de bruit, plus de musique après 23 h, question de respecter ceux et celles qui dormaient à cette heure dans de petits chalets ou dans leurs tentes. Mais il y avait toujours de la résistance de la part de deux ou trois fêtards qui semaient la pagaille pendant que 150 clients de l’auberge étaient susceptibles d’être réveillés. Ils me trouvaient trop sévère.

Voilà encore une minorité qui se plaignait pendant qu’une majorité faisait montre de savoir-vivre et de respect. Il est à souhaiter que le couvre-feu, qui débutera samedi et que la majorité des Québécois respectera, ne subisse pas les foudres d’une minorité de contrevenants.

Yvan Giguère

Saguenay