Concours de mangeurs de hot-dogs

OPINION / Je n’arrive pas à croire qu’en 2018, de tels concours puissent encore exister. Il est connu qu’aux États-Unis, c’est la grosse mode, mais il ne faut pas oublier que ce genre d’activité est vraiment à risque.

Il n’y a pas si longtemps, une jeune étudiante de l’Université Sacred Heart au Connecticut est morte après avoir avalé 4 ou 5 crêpes. Ça fait des décennies que les Américains élèvent ces compétitions au rang de sports nationaux et que plusieurs pays ont embarqué dans ce genre de compétition dangereuse et complètement inutile.

Aucun n’est plus grand que le concours du Nathan. À midi, dimanche (dernier), des dizaines de milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs se demandaient comment quelqu’un, comme le champion Joey Chestnut, peut avaler un record de 68 hot-dogs et petits pains en 10 minutes. Quelle performance et quel titre : le roi des cons !

Une étude datant de 2007 et réalisée par l’école de médecine de l’Université de Pennsylvanie explique que « les champions de ces compétitions ont élargi leur estomac pour le transformer en une sorte de grand sac inerte supportant des quantités énormes de nourriture ». Sympa ! Les scientifiques ont conclu que « les mangeurs professionnels peuvent développer une obésité morbide, une gastroparésie importante, des nausées résistantes aux traitements. Dans certains cas, la gastrectomie est nécessaire ». « Bien que la pratique soit de plus en plus populaire, manger un maximum pour tenter de gagner une compétition est un comportement autodestructeur en puissance », ajoute-t-on dans l’étude.

Les risques inhérents à cette pratique sont connus de tous et ne devraient même plus nous étonner. Les concours – qu’il s’agisse de manger le plus possible, le plus vite ou d’en mettre le plus dans sa bouche sans avaler directement – ne sont pas sans danger. Surtout pour ceux qui s’y adonnent régulièrement.

Il y a évidemment un risque d’obésité, de cholestérol et de problèmes de pression artérielle. Mais les participants peuvent également développer une gastroparésie (trouble de la vidange gastrique) – cela s’observe quand l’estomac est élargi au-delà de sa capacité normale. On peut également voir des perforations de l’estomac et des intoxications à l’eau (qui sert souvent de lubrifiant).

Même en France, pays qui découvre progressivement cette pratique, l’étouffement à cause d’un aliment est l’une des premières causes de mort accidentelle, et faire des compétitions pour savoir qui est le plus glouton ne peut qu’en augmenter la fréquence.

Qui voudrait avoir le titre de champion mangeur de hot-dogs et être malade pour le reste de sa vie ou en mourir ?

Camille Lalancette

Chicoutimi

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NOTRE PREMIER MINISTRE EST-IL « PHILOU » ?

OPINION / Sur les planches du Zoofest, où l’on reçoit même les bêtes curieuses, Marie-Lyne Joncas, humoriste à ses heures, sera passée du vouvoiement au tutoiement, puis de Philippe à Phil, et de Phil à Philou, dans le cadre d’une heure d’entrevue avec le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard.

Voici donc notre premier ministre devenu « Philou ». On imagine les grands titres au lendemain d’une autre victoire libérale : « Philou, quatre ans de plus. » Ou encore la réaction des libéraux célébrant leur victoire : « Notre Philou à la tête du gouvernement. »

Et que dire ensuite des cris d’indignation jetés à la face du pouvoir quand les habituelles promesses électorales se transforment une fois de plus en inévitables compressions budgétaires : « Philou un jour, toujours Philou. »

Le premier ministre du Québec n’est pas « Philou ». Que l’on soit libéral ou non importe peu. Il n’est « Philou » que dans l’ombre. À l’abri des regards du public. Entre « Philou » du même milieu.

Pour les autres, simples citoyens et citoyennes du Québec, la fonction de premier ministre exige un minimum de respect, d’honneur, d’intégrité, où un « Philou » n’a pas sa place. Ne serait-ce que pour éviter d’horribles malentendus.

Christian Bouchard

Professeur retraité du Collège Laflèche

Trois-Rivières