Comment rester debout?

OPINION / À mon sens, il n’y a rien comme un voyage culturel, expérience d’une époque révolue, pour prendre conscience que tous les humains sont une seule et même race. La pandémie de COVID-19 le montre bien, frappant sans distinction, quelle que soit la couleur de la peau.

Le Québec de demain sera multiculturel ou ne sera pas. Ne pas admettre cette évidence, c’est pratiquer le déni, la crispation xénophobe, refuser de voir la réalité en face. C’est la première chose que la majorité francophone encore composée des natifs doit reconnaître pour être en mesure d’assurer la survivance du peuple québécois francophone.

Déjà Montréal et sa couronne empruntent inéluctablement le chemin du multiculturalisme, qui doit être balisé, pour qu’il soit distinct de celui du ROC. Un modèle québécois que le sociologue Gérard Bouchard a nommé l’interculturalisme. Bien que relégué aux oubliettes, ce dernier reviendra sur le devant de la scène. C’est inévitable.

Montréal est maintenant composé au tiers de minorités visibles, toutes générations confondues qui enrichissent économiquement et culturellement le peuple québécois, comme l’a si bien souligné l’éditorialiste du Quotidien Marc Saint-Hilaire dans un texte récent.

Ce dernier s’est, à mon goût, prononcé contre cette xénophobie rampante qui attaque vicieusement et injustement des travailleurs saisonniers étrangers testés positifs à la COVID-19. Ceux-là mêmes qui, on l’espère, vont sauver nos entreprises agricoles de la faillite en cet été particulièrement sec.

Quel que soit l’endroit au Québec, je pense bien que les francophones de souche sont en majorité conscients des vrais défis qui nous sont posés par cette pandémie, les changements climatiques et la diminution du poids du Québec dans la fédération canadienne. À souligner que depuis 50 ans, la fécondité est largement en deçà de 2,1 enfants par femme, niveau nécessaire au remplacement des générations, selon le démographe Michel Paillé. Évidemment, l’aveuglement volontaire serait néfaste.

La grande majorité des francophones de souche et des nouveaux locuteurs francophones du Québec est consciente de sa responsabilité collective envers les générations futures. Si tant est que les demeurés ignorants et négationnistes de la réalité, qui pratiquent l’individualisme sous toutes ses formes, vont se faire de moins en moins crédibles sur les réseaux sociaux, à mesure que l’éducation des jeunes va travailler contre leur caverneuse boîte crânienne à penser à l’envers.

Marcel Lapointe

Jonquière