Comment peut-on nier l’évidence ?

OPINION / Dans sa lettre parue samedi dernier dans Le Progrès, M. Roger Dufour blâme l’ensemble des intervenants qui ont critiqué le mouvement Je crois en ma région. Il revendique davantage de respect à son égard pour un débat soi-disant plus sain. Encore lui faudrait-il commencer par regarder la réalité en face.

Avant d’adhérer à Je crois en ma région, ce monsieur dit avoir pris le temps de s’informer sur les valeurs que véhicule le mouvement. Il affirme n’avoir vu sur son site Web aucune mention des trois grands projets industriels dont tout le monde parle depuis des mois, notamment celui de GNL Québec. Ces projets sont pourtant détaillés sous la rubrique intitulée « Caractérisation des emplois liés aux grands projets industriels au Saguenay-Lac-Saint-Jean », dans le menu de la page d’accueil, et de nombreuses autres sections du site y font référence. Étant donné que seul GNL n’a pas encore été approuvé par nos deux paliers de gouvernement supérieurs, il est logique d’en déduire que c’est ce projet-là que Je crois en ma région cherche à promouvoir, non ?

Qui plus est, la publicité que diffuse le mouvement sur Internet insiste sur le fait qu’il appartient aux résidants du Lac-Saint-Jean d’approuver les grands projets de développement sur leur territoire, même si celui de GNL Québec déborde pas mal nos frontières. Comme si le reste du Québec n’avait pas le droit de s’en mêler sous peine de nous manquer de « respect » justement. Un coup parti, on devrait peut-être songer à se séparer du reste de la province !

Au dire de M. Dufour toujours, la raison d’être de Je crois en ma région serait simplement d’envoyer un message au reste de la province à l’effet que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est prêt à considérer tous les projets d’envergure, sans porter de jugement de valeur a priori. Mais existe-t-il une seule région du Québec qui ne partage pas ce même objectif d’attirer des investissements pour assurer son développement économique ? À ma connaissance, aucune autre ne sent le besoin de lancer une campagne publicitaire pour ça.

Le mouvement Je crois en ma région devrait revoir son approche ou carrément disparaître.

Annie Bouchard

La Baie

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MOINS POLLUANT ? RIEN DE MOINS CERTAIN

Le projet Énergie Saguenay se soumettra bientôt à un processus d’évaluation environnemental du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). À titre de fondateur du groupe Saguenay en phase « terminale », j’invite la population à participer en grand nombre à ce processus. Pendant plus de cinq ans déjà, nous avons tenté d’informer bénévolement la population sur tous les aspects de ce projet. Je tiens à remercier tous les collaborateurs et collaboratrices bénévoles qui ont participé à maintenir ce groupe vivant. Parmi ces bénévoles, plusieurs sont des clients du Quotidien et valorisent la neutralité journalistique.

Dans son édition du 28 janvier, Le Quotidien donnait l’opportunité à Stéphanie Fortin, porte-parole de GNL Québec, dans une lettre d’opinion, d’influencer la population en faveur du projet Énergie Saguenay qui consiste à construire une usine de liquéfaction de gaz naturel de 7 milliards de mètres cubes annuellement et un terminal méthanier. J’aimerais signaler au rédacteur en chef qu’il est encore une fois passé à côté d’une belle occasion de rentabiliser le journal. Mme Fortin n’écrit pas à titre de citoyenne, mais bien au nom d’une entreprise privée distincte du journal.

Pour ce qui est des prétentions de Mme Fortin qui répète depuis quelque temps que le gaz canadien est voué à remplacer des formes d’énergie plus polluantes, j’aimerais rétorquer que rien n’est moins certain. La seule explosion d’un puits de fracturation survenue en février 2018 sur un site d’extraction appartenant à Exxon-Mobile, à Belmont, en Ohio, a relâché plus de méthane dans l’atmosphère que toute l’industrie européenne n’en émet annuellement. En Pennsylvanie, plus de 325 000 puits de gaz de fracturation ont été abandonnés. Ces puits représentent un réel danger public parce qu’ils n’ont pas tous été refermés correctement et même ceux qui l’ont été fuient. Sans compter tout ce qui nous est caché de l’extraction du gaz dans la région de Peace River en Colombie-Britannique, dans ce qu’on appelle désormais la zone sacrifiée, là où les torchères brûlent du mauvais gaz jour et nuit et où les compagnies gazières font la pluie et le beau temps en intimidant carrément la population. Là où les taux de cancer infantiles montent, allez donc savoir pourquoi.

Benoît-Robin Lessard

Saguenay

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PUNITION OUI, MAIS...

La sentence était de 40 ans. Actuellement, on se dispute à savoir si c’est trop ou pas assez.

Le droit criminel canadien a depuis longtemps opté pour des punitions susceptibles de respecter ou même de favoriser l’amendement des personnes reconnues coupables.

Des peines trop lourdes contredisent cette attitude et revêtent les caractéristiques du châtiment exclusivement punitif.

Je suis de ceux et celles qui veulent que le crime grave soit puni, mais qui pensent que le responsable d’un tel crime demeure toujours une personne humaine susceptible de se reprendre… si on lui en laisse la possibilité.

Et il ne faudrait pas que les terribles conséquences d’une récente libération conditionnelle mal avisée viennent infirmer ce qui précède.

Normand Breault

Montréal