Chicoutimi, ma ville

OPINION / Dernièrement, je suis allé voir La Fabuleuse histoire d'un royaume. Quel est donc ce royaume ? Le Saguenay, voyons donc ! Le premier volet de La Fabuleuse était avec des Amérindiens et des colons, et des aventuriers, et dans le milieu de ce premier volet, un aventurier criant très fort « Chicoutimi ».
Oui, ça fait plaisir d'entendre à nouveau le nom de ma ville, Chicoutimi. J'ai 71 ans. Comment tourner le dos au nom de ma ville, ce nom amérindien, Chicoutimi, qui veut dire « jusqu'où c'est profond ». Chicoutimi est au Saguenay, comme La Baie, Jonquière, Kénogami, Arvida, est au Saguenay. Tous ces noms ont une identité remarquable. Chicoutimi et Chicoutimi-Nord sont séparés par cette belle rivière, la rivière Saguenay. Je demeure à Chicoutimi-Nord depuis plusieurs années. Cependant, c'est à Chicoutimi que j'ai passé mon enfance, et mon adolescence, et je suis toujours fier de cette ville que j'ai vue grandir, s'épanouir. Je trouve dommage que même les médias, aux nouvelles, n'aient pas le droit de dire le nom Chicoutimi au Saguenay. Peut-être la peur d'attraper la peste. Pourquoi avoir cette rage de changer le nom de ma ville ? Ma mère est décédée non pas au CIUSSS, mais à l'hôpital de Chicoutimi. La grande autorité municipale a demandé au ministère des Transports de bannir le nom de la ville de Chicoutimi pour le nom de Saguenay. Eh bien croyez-moi, le nom de Chicoutimi est disparu des pancartes au Québec. Même sur Google Maps, Chicoutimi est effacée, et les autres villes du Saguenay, comme La Baie, Jonquière et Arvida, ont toutes gardé leur nom.
Eh bien pour finir, à 71 ans, le temps passe très vite. À la fin de ma vie, je vais être inhumé à Chicoutimi. Et j'espère que, le 6 novembre, celui ou celle qui deviendra maire ou mairesse aura le courage et la fierté de redonner le nom à notre belle ville. 
Avec fierté, ma ville, Chicoutimi.
Alain Duchesne 
Chicoutimi-Nord, Saguenay 
Lettre du Curateur public
OPINION / En réaction à une chronique du journaliste Normand Boivin, publiée dans l'édition du 5 août. 
M. Normand Boivin,
J'ai lu avec intérêt votre chronique intitulée « Trois mois pour changer une vie ». D'abord, je vous remercie de parler du mandat de protection, nouvelle appellation depuis janvier 2016 du mandat en cas d'inaptitude. J'en fais sans cesse la promotion, car il est important que chaque Québécois adulte se dote d'un tel mandat, un outil de prévoyance qui permet à une personne de décider, à l'avance, qui prendra soin d'elle et de ses biens si elle devient inapte. Selon un sondage réalisé fin 2015, 42 % de la population adulte du Québec a déjà préparé son mandat de protection.
Cependant, même si le Curateur public existe depuis maintenant plus de 70 ans, des perceptions erronées circulent encore aujourd'hui sur son rôle et sur le processus entourant l'ouverture de régimes de protection. Dans votre chronique, vous mentionnez qu'il faudrait « peut-être adoucir les règles entourant les mandats d'inaptitude pour ne pas que ce soit automatiquement le Curateur public qui prenne en charge celui ou celle qui n'a pas eu la prévoyance de faire signer un tel mandat alors qu'elle avait encore toute sa tête (...) ».
Il est vrai que le mandat de protection doit être signé par la personne lorsqu'elle est apte. Cependant, si une personne devient inapte sans avoir de mandat de protection, il n'est pas exact de dire que c'est automatiquement le Curateur public qui deviendra son représentant légal. Lorsque l'inaptitude survient, il n'est pas toujours nécessaire d'ouvrir un régime de protection. Si une personne est bien entourée et que ses biens sont faciles à gérer, ses proches peuvent prendre soin d'elle et de son patrimoine sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir un régime de protection.
De plus, en l'absence d'un mandat de protection, si un régime de protection doit être ouvert, une assemblée de parents et d'amis de la personne inapte devra alors être convoquée et elle désignera un représentant légal (tuteur ou curateur) parmi les proches. Ce n'est que si personne dans l'entourage de la personne inapte ne peut ou ne veut accepter cette charge, donc, en dernier recours, que le tribunal désignera le Curateur public comme représentant légal. En fait, l'idéal pour une personne inapte est d'être représentée par une personne bienveillante, qui l'aime et qui connaît ses goûts et ses besoins.
N'hésitez pas à faire appel à la Direction des communications du Curateur public du Québec si vous souhaitez obtenir davantage d'informations concernant le mandat de protection, l'inaptitude et les différents régimes de protection.
Je vous prie de recevoir, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Normand Jutras
Curateur public