Chantale Cyr blanche comme neige

OPINION / Je ne connais Liz Gagné et Chantale Cyr que d’après tout ce que j’ai pu lire et entendre au cours de la saga qui a mené au jugement bouleversant et sévère du juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail. Un tribunal administratif soit, mais dont le jugement s’apparente à ceux des tribunaux habilités à entendre les pires exemples de la bassesse humaine.

Car, la lecture de ce jugement d’une soixantaine de pages vous laisse froid dans le dos. Selon la décision du juge Roy, Liz Gagné n’est ni plus ni moins qu’un bourreau sans cœur. Chantale Cyr, elle, est dépeinte comme une pauvre victime de harcèlement à qui le système doit des excuses et des compensations financières à la hauteur des actes de harcèlement décrits dans le jugement Roy.

Mais bon, tous ceux et celles qui ont suivi le procès à travers les comptes rendus des journalistes se rappelleront tout de même que la victime, Chantale Cyr, n’y allait pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’agissait de blâmer l’un ou l’autre des employés de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

Je retiens entre autres ce témoignage de la directrice adjointe de l’école secondaire Charles-Gravel, Michelle David qui, à la suite du décès de sa fille atteinte du cancer, avait exprimé à des collègues son désir de poursuivre sa carrière dans une école primaire. Mme Cyr l’a cavalièrement renvoyée chez elle réfléchir durant quatre jours.

Même attitude envers l’ex-présidente de l’Association des cadres, Mme Ginette Tremblay, qui a eu le malheur de signer une lettre de reproches envers la DG, Mme Cyr. Le juge Roy passe aussi sous silence le climat de peur qui régnait chez les directeurs d’école quand Chantale Cyr occupait le poste de directrice générale de cette commission scolaire. Pas moins de 26 directeurs sur une quarantaine ont changé de poste en 2017 quand Chantale Cyr tenait la barre.

L’avocat de Mme Cyr a habilement mené sa plaidoirie de telle sorte que sa cliente est devenue la femme martyre aux yeux de la population et Mme Gagné la louve. Le tribunal public a tôt fait de condamner Mme Liz Gagné. Est-il possible que cette condamnation populaire ait pu avoir une influence sur le jugement ?

On n’en sait rien, mais chose certaine, comme disent nos savants confrères, « In medio stat virtus », la vérité se trouve au milieu des versions exposées. Ou encore, une pièce de monnaie, aussi mince soit-elle, a toujours deux côtés.

Nul ne peut prétendre que tout va bien à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ; même les commissaires ne se sont pas fait entendre dans cette cause qui va soustraire d’importants montants au budget d’éducation des étudiants. Mais ce jugement sans nuance à l’égard de la présidente laisse une drôle d’impression quand on a suivi les différents témoignages et qu’on constate l’atmosphère d’omerta qui semble envelopper les directions des écoles concernées.

Richard Banford

Chicoutimi

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UN REMPLACEMENT S'IMPOSE

La ministre Andrée Laforest ne représente pas la majorité des Saguenéens et des Jeannois, que sont les travailleurs et les travailleuses. Sa sortie récente en faveur de la compagnie Rio Tinto était plus que maladroite politiquement. Elle prend les plis de son patron, qui s’est illustré dans le lockout d’ABI à Trois-Rivières, en cassant du sucre à son tour sur les employé(e)s de cette compagnie. En fait, la ministre a avoué, entre les lignes, c’est le moins qu’on puisse dire, ce qu’elle pense vraiment.

Chaque fois qu’une compagnie va mal parce qu’elle ne vend pas assez de son produit, issu de la force de travail des employés, faut le dire ; chaque fois que les actionnaires se plaignent de ne pas en avoir assez pour leur argent, certaines personnes — et elles sont nombreuses, intentionnées par la philosophie patronale de l’appât du gain — se mettent à toiser les travailleurs. « Il doit y avoir encore du jus dans le citron. » Ceux qui restent, il va sans dire, car depuis qu’il y a de l’aluminium dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, combien de milliers de travailleurs ont quitté les usines pour toutes sortes de raisons, bonnes et mauvaises, sans avoir été remplacés ? Si bien qu’aujourd’hui la quantité de travailleurs en est réduite à une peau de chagrin.

Mais, par exemple, quand vient le temps de vanter les avantages particuliers de la région pour la compagnie, cette dernière ne tarit pas d’éloges envers ces travailleurs résiduels qu’elle dit être les plus compétents en la matière. Mais notre ministre régionale n’en a que faire ; encore une fois, c’est à la convention collective qu’il faut s’attaquer par un « nouveau modèle d’affaires ». Façon très creuse de voir les choses, mais une personne comme elle, qui ne semble pas comprendre les enjeux et la dynamique des forces socio-économiques en présence dans la région, va se ranger tout naturellement du côté de la compagnie. Sa zone de confort.

Au risque de me répéter, cette personne n’a pas la compétence pour nous représenter, comme ministre représentant tous les Jeannois et les Saguenéens au gouvernement.

Marcel Lapointe

Jonquière