Cette boucane enivrante

OPINION / C’est comme ça que l’a nommée Jacques Cartier dans son livre de bord en revenant de fumer le calumet de la paix avec les Indiens. Ce qui prouve que l’on n’a rien inventé sur cette plante sinon d’avoir aujourd’hui une qualité de THC comparable à ce qui se produit ailleurs sur la planète. Parce que cette plante est millénaire et que la qualité d’aujourd’hui produite au Québec n’est pas nécessairement supérieure à ce qui se fait en Colombie, au Maroc, à Antigua ou ailleurs dans le monde.

Moi qui en consomme depuis une quarantaine d’années, en 2008, au décès de ma mère, pour me prouver et aux autres intéressés de mon entourage que c’était moi qui contrôlais le produit et non le contraire, j’ai cessé d’en fumer pendant 2 ans et 2 mois. Après mon expérience pour démontrer que tout le monde n’en devenait pas automatiquement accro à tout jamais, j’ai consommé à nouveau en essayant de ne pas exagérer parce que cette fleur me calmait, me rendait plus confortable et me servait de détente après l’effort physique ou intellectuel. 

J’entends beaucoup de demi-vérités, de peur et d’exagérations sur le sujet qui faussent le débat. Ce n’est qu’une plante et c’est la plus douce des drogues ; certainement moins dangereuse que bien des produits disponibles sur prescription en pharmacie et pas plus nocive que peuvent l’être toutes ces boissons alcoolisées disponibles sur le marché. Ce n’est qu’une question de contrôle de soi et de modération, et c’est ce qu’il faut enseigner aux enfants comme avec la boisson. 

Au sujet des quatre plants permis pour la culture artisanale à domicile, la position du gouvernement du Québec est totalement ridicule. On ne va pas faire deux catégories de criminels à l’intérieur du même pays, selon le lieu de résidence. Ce n’est pas fort pour un gouvernement fédéraliste à outrance. Il faut savoir que la meilleure façon d’éloigner la clientèle du crime organisé, c’est justement de permettre cette culture à domicile.

Il y a environ 40 % de la population qui admet fumer son joint ou sa « puff » à l’occasion, et ces gens représentent une force politique importante. Lorsque Justin Trudeau, deux ans avant les élections, a fait la promesse de légaliser ce produit, j’étais convaincu que cela serait une prime à l’urne et ce fut le cas.

Fernand Turbide

Chicoutimi