C’est petit en titi !

OPINION / On apprend ce matin (mercredi) que l’ancien politicien Thomas Mulcair est maintenant le porte-étendard d’un groupe voulant promouvoir l’homéopathie au Québec. Le but de tout ça, dit-on, est de reconnaître la légitimité de l’homéopathie. Pour connaître en détail le processus derrière l’homéopathie, je vous recommande le site Web de mon héros, Olivier Bernard, dit le Pharmachien. Avant d’aller plus loin, permettez-moi de faire ma profession de foi : je crois en la science et aux faits scientifiques ; pour me convaincre, je veux des données empiriques ; des fake news mon esprit s’acquitte ; l’homéopathie c’est de la bullshit.

Comment reconnaître la légitimité de l’homéopathie ? Commençons par le consensus : l’homéopathie ne fait pas mal. Aucun effet négatif n’est rapporté, sauf quand l’homéopathie est utilisée à la place d’un traitement recommandé.

Dans le cadre de cet évènement transcendant, l’une des intervenantes est citée et nous parle des évènements qui sont de l’ordre de l’infiniment petit qui pourraient expliquer le mécanisme de l’homéopathie. Allons-y donc avec les échelles connues dans le « petit en titi ». Tout d’abord, il y a la cellule. Quand on parle de la « vie », la cellule est la plus petite unité vivante autonome universellement reconnue. Au niveau de la cellule, il n’y a aucune évidence scientifique que l’homéopathie fonctionne. Allons-y plus petit. Il y a par la suite les molécules. Les molécules sont des assemblages d’atomes qui sont chimiquement liés. Au niveau des molécules, toujours aucune évidence. Plus petit qu’une molécule ? Les atomes, évidemment ! Les atomes sont définis comme les éléments élémentaires de toutes les substances. Même au niveau de l’atome, il n’y a aucune évidence scientifique qui supporte l’utilisation de l’homéopathie. On ne se décourage pas ! Plus petit que l’atome ? Il y a les protons, les neutrons et les électrons. Mais encore là, toujours rien concernant l’homéopathie. Plus petit ? Vous êtes tenaces ! Il y a les gluons, les quarks up et les quarks down. Ça fait quoi dans la vie ? Très honnêtement, je n’en sais rien ! Mais encore ici, aucune preuve tangible de l’efficacité de l’homéopathie. Les experts de l’homéopathie auraient donc trouvé des particules encore plus petites ? Je dois donc saluer leur modestie, car s’ils avaient la bonté de partager leurs connaissances, ça serait un chemin direct vers un prix Nobel ! Rien que ça.

Ici, je vous entends déjà. Je suis biaisé, je ne prends que les sources d’informations qui font mon affaire. Vous avez partiellement raison. À ma défense, un journal scientifique qui s’appelle Homeopathy et qui n’a sur son comité éditorial que des « experts » pro-homéopathie, ce n’est pas crédible ! Même chose pour une bébelle qui s’appelle Homeopathy Resarch Institute. D’ailleurs, une proportion importante des personnes œuvrant dans des organisations du genre a des intérêts financiers importants liés au domaine de l’homéopathie. Et quand je regarde le prix des « médicaments » que Jean Coutu met dans ses allées, je comprends tout de suite l’intérêt ! D’ailleurs, un de mes étudiants m’a un jour expliqué que l’homéopathie est fréquemment vendue sous forme de granules… solides.Il est où l’effet mémoire de l’eau quand il n’y a pas d’eau ?

Certains diront que moi aussi j’ai des intérêts financiers liés aux grandes pharmaceutiques. Câline que j’aimerais ça ! Posséder un yacht de 1000 pieds ou une Lamborghini jaune flash sont totalement des éléments présents sur ma liste de choses à faire dans ma vie. Malheureusement pour moi, les compagnies pharmaceutiques ne me trouvent pas assez lucratif pour m’envoyer ne serait-ce que des petits gogosses le fun. Misère ! Je me rassure en me disant que je suis content de représenter la science et les faits sans honoraires. Cela dit, il me fera plaisir de répondre à vos commentaires et de discuter avec vous, dans le respect, sur les réseaux sociaux.

Pour en revenir à notre ami Thomas, il ferait peut-être mieux de concentrer ses « grandes compétences scientifiques » à des causes qui requièrent vraiment la présence d’un porte-parole influent et éloquent.

Simon Girard, professeur en génétique

Université du Québec à Chicoutimi