C’est parti

OPINION / Oui, c’est parti ! Le Mouvement Chicoutimi déposera sous peu une requête auprès des élus de Saguenay pour réfléchir à nouveau sur le nom de la ville. Oui, c’est parti !

Après moins d’une journée, les médias sociaux s’en mêlent et certains citoyens (nes) n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Les qualificatifs fusent de toutes parts. C’est à savoir lequel ou laquelle gagnerait le trophée : « Vieux croûton », « Ego démesuré », « Tête de nœud », « Radoteux », « Clown » et j’en passe. Par chance, d’autres personnes pensent autrement. Pour ma part, je me sens comme un gars de 30 ans avec toutes ses capacités intellectuelles et en prime, une expérience, des connaissances et de la réflexion additionnelles de plus de 46 ans. Les personnes de 55 ans et plus représentent, dans cette ville, près de 50 % des personnes en âge de voter. La majorité de celles-ci sont encore très actives dans leur communauté que ce soit au travail ou dans les organismes communautaires, caritatifs, culturels ou sportifs, en autres. Je ne pense pas que ce soit tous des « radoteux ». Pourquoi renier le passé et considérer que le monde ne commence que maintenant ? Qu’est-ce qu’on vous demande lorsque vous postulez un emploi ? Votre curriculum vitae ; n’est-ce pas votre passé ?

Oui, peut-être suis-je un « vieux croûton » de penser qu’il est possible, en 2019, de laisser un moment de côté nos vieilles rancœurs et prendre un temps d’arrêt, d’au plus quelques semaines, pour se poser la question : avons-nous fait un bon choix en 2002 ? Oui, peut-être suis-je une « tête de nœud » de considérer que le conseil municipal a changé et qu’il prendra le temps nécessaire pour évaluer la situation.

Oui, le sujet perdure après 17 ans, l’ancienne administration ayant fermé la porte, avant même la décision finale du choix du nom, à des organismes telles la Commission de toponymie du Québec ou la Société historique du Saguenay. Elle a laissé la place à des groupes partisans, le débat s’est politisé et le résultat ne fut ni plus ni moins qu’un règlement de comptes. Par la suite, elle a fermé la porte à toutes les demandes qui sont restées lettre morte.

Le nom d’une ville est sa marque de commerce. Nous avons donc actuellement une marque de commerce partagée, par conséquent non distinctive et de plus non significative. Nous avons choisi un nom mythique, représentant un royaume utopique.

Il est difficile de croire qu’avec un tel nom on se tourne vers l’avenir. Laissons à une commission le soin de démêler la question et laissons au conseil municipal le soin, par la suite, de prendre la décision. Le Mouvement Chicoutimi, pour sa part, s’engage à respecter le choix de la commission telle que définie dans notre requête.

Jacques Pelletier, président

Mouvement Chicoutimi

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RENDEZ À CÉSAR

OPINION / Je suis un catholique pratiquant qui porte une petite croix au cou. Non pas une décoration, mais un signe de ma foi chrétienne.

Un communiqué de la Ville de Montréal affirme que personne ne devrait perdre son emploi ou se voir refuser un avancement à cause de ses croyances religieuses. Or, la loi 21 ne vise pas l’adhésion à une religion, mais le port de signes pour certaines fonctions sensibles reliées à l’État. J’y inclus l’enseignement.

La pratique de ma foi se situe d’abord dans mon style de vie basé sur l’évangile, mes rapports aux autres (je me situe comme frère universel) et la participation aux assemblées de prière le dimanche.

Donc, enlever ma croix dans certaines fonctions civiles ne brimerait pas ma foi, car elle ne se résume pas à un signe extérieur, quel qu’il soit.

Et il est tellement facile d’instrumentaliser un signe de façon opportuniste à des fins politiques. Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, disait le prophète de Nazareth.

Ne mêlons pas tout et ne diabolisons pas le point de vue de l’autre. Nous discutons entre adultes…

Gérard Laverdure

Montréal