Ce que l’on voit et que l’on ne voit pas

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / « Attaquer sans relâche », « interventions répétées », « propos jugés diffamatoires », « fait preuve d’un manque de respect qui passe l’insolence », « bas », « injustifié », « cheap »... Ce sont les mots que nous avons vus passer dans les médias pour décrire Jimmy Voyer lors de son récent passage au conseil de ville. Le Quotidien à lui seul a consacré trois articles, une vidéo et un éditorial. On aurait presque dit que c’était arrangé avec le gars des vues.

Ce que l’on ne voit pas cependant, c’est Jimmy Voyer s’inquiéter de la situation budgétaire de la ville, participer à la vie démocratique depuis plus de deux ans, faire des demandes d’accès à l’information, monter des dossiers, poser des questions, « challenger » les élus... Je comprends mal la dureté des qualificatifs employés par les médias, car tout mon travail ne diffère en rien de celui de n’importe quel élu de l’opposition à l’exception que je ne bénéficie d’aucune immunité et que je ne suis pas payé pour ça.

Une démocratie en santé exige une opposition capable de questionner et de se faire entendre. Ce dont j’ai été témoin dans les dernières semaines ne me laisse rien présager de bon pour la démocratie à Saguenay. Revenons-en aux faits. Nous avons constaté que la résidence de la mairesse est située sur l’un des quadrilatères les mieux asphaltés et les mieux aménagés sur tout le territoire. Lors de la séance du mois d’août, j’ai essentiellement posé deux questions : « Combien ont coûté les travaux d’asphaltage ? » et « Quel était le niveau de classification de la rue DuBerger attribué par les travaux publics ? ». Questions pour lesquelles je n’ai pas eu de réponse. J’ai même eu droit à une menace de la part de la mairesse qui m’a dit sèchement : « En tout cas, ça ne restera pas là! » Est-ce que le ton et les émotions ont monté ? La réponse est oui, et ce, des deux côtés. À la séance du conseil de la semaine dernière, je me suis limité à une simple question : « Où en êtes-vous rendu dans vos démarches parce que je n’ai toujours pas reçu ma mise ne demeure ? » Est-ce que le ton a monté ? Est-ce que j’ai fait preuve d’impolitesse ? Je ne crois pas. J’ai simplement rétorqué à l’attaque de M. Crevier sur le même ton qu’il a employé.

Chose certaine, on ne peut attribuer 100 % des torts d’un côté seulement (si fautes il y a). Nous sommes face à une joute politique et Mme Néron est très habile à ce jeu. Malheureusement, les médias n’ont pas su prendre du recul, me poser des questions et faire la part des choses dans ce dossier. C’est décevant de la part des médias parce que je m’attends à plus de ceux-ci. C’est également décevant de la part de la mairesse puisqu’un citoyen ne devrait jamais être menacé de poursuite par son administration municipale pour avoir posé des questions difficiles, mais légitimes. Au-delà de nos allégeances politiques, je tiens à remercier tous nos élus pour leur travail parce que c’est très loin d’être facile.

Jimmy Voyer

Membre de l’Alliance Saguenay