Carrefour des lecteurs

Soyons cohérents

Les écologistes au Québec semblent malheureusement incapables de sortir de leurs ornières et de comprendre qu’en matière de GES, la lutte est mondiale et ne se limite pas à notre région.

Le développement de la science nous a permis de découvrir que nous avons le plus grand trésor énergétique de la planète sous nos pieds. Notre capacité de production surpasse tout autre moyen de production d’énergie renouvelable, et le moins cher en plus. Que demander de plus ? Nous pouvons même l’exporter là où ils doivent utiliser l’énergie fossile. Ces avantages prendront toujours de la valeur au fil des décennies.

Quarante pour cent de l’électricité produite dans le monde est faite à partir du charbon. C’est bien plus que la flotte de locomotives à vapeur au plus fort de son temps. L’Allemagne, pays presque autant mentionné que la Norvège, exploite le charbon au même niveau. Des milliers de personnes manifestent pour sortir le charbon et le nucléaire de ce pays depuis longtemps. Alors, pour satisfaire ce monde-là, on fait quoi ? Il faut savoir que les énergies solaire et éolienne ne sont que des sources d’appoint pour couvrir les fluctuations lorsque la conjoncture le nécessite et pour compenser la consommation des ressources à production constante, sans plus. Penser les éliminer, c’est ne pas connaître les besoins des industries et de la population. Un moment donné, il faut être cohérent entre les idées qu’on se fait et la réalité.

En Allemagne, Greenpeace a même collaboré à la mise en place d’une coopérative de distribution d’énergie axée sur les énergies renouvelables visant à réduire les GES. Cette coopérative compte sur le gaz naturel pour l’aider à répondre à ces objectifs et aux besoins de ses clients lorsque la puissance éolienne ou solaire ne suffit pas. Par exemple, par vents insuffisants, la nuit ou sous couvert nuageux, la production est insuffisante.

À écouter les environnementalistes, on est complètement dans l’irrationnel. La solution est de mettre en place des sources fiables de base, alimentées au gaz naturel, et y combiner toutes les sources renouvelables d’appoint pour en réduire au maximum son utilisation et en préserver la pérennité, tout en permettant à l’environnement de récupérer et stopper l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique et de l’anhydride carbonique océanique acidifiant les océans.

En 2007, Steven Guilbeault, alors porte-parole d’Équiterre, cosignait une lettre ouverte dans plusieurs médias, mentionnant le gaz naturel comme une énergie permettant de réduire les GES en lieu et place du pétrole et du mazout, notamment. Même au Québec, il y avait des gains à faire en cette matière

En mars 2018, à 12 h 10, sur les ondes de Midi-Info à Radio-Canada, Steven Guillbeault revenait à la charge en indiquant que remplacer du charbon par du gaz naturel, surtout au sein de l’industrie lourde, permettrait de réduire les GES.

Sur le plan environnemental, le projet Énergie Saguenay tient la route. Il permet en plus de mettre à profit l’effet ricochet, c’est-à-dire convertir le gaz naturel en GNL pour permettre à la planète de mettre de côté le charbon. On parle de 15 % de gain direct sur la production du GNL par l’hydroélectricité et d’un très fort pourcentage sur la réduction des GES par le remplacement du charbon.

Alors comment les opposants peuvent-ils prétendre qu’ils défendent l’environnement local et planétaire alors qu’ils refusent une solution applicable à court terme ? Ceux qui s’y opposent ne défendent pas l’environnement ni la cause de la lutte contre les GES à l’échelle mondiale, mais le « pas dans ma cour », car ce ne sont que les voisins qui sont contre. Sinon, pourquoi des manifestants ne se font pas entendre ailleurs que dans les regroupements environnementalistes qui sont solidaires entre eux ? Ils agissent contre les intérêts de la région et de la planète ou font exprès pour faire exprès, car c’est au Québec que nous réalisons les projets les plus respectueux de l’environnement. Les environnementalistes nous ont poussés à cette excellence, mais ce n’est pas encore assez. Un moment donné il faut en revenir et arrêter de se laisser faire. Il faut maintenant défendre nos emplois.

Développer l’économie verte ne signifie en aucun temps de mettre fin aux autres économies établies, loin de là. L’un n’empêche pas l’autre, mais doit plutôt contribuer à l’autre, comme cela se fait en Norvège, un pays si cher aux environnementalistes, où l’on exploite du pétrole aux limites de l’Arctique.

Pierre Charbonneau

Arvida