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Campagne de vaccination à deux vitesses: des correctifs à apporter

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / La prise de rendez-vous pour les 65 ans et plus a débuté le vendredi 19 mars dans notre région et dans plusieurs autres régions du Québec. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les quelques places disponibles en avril se sont envolées très rapidement, ce qui est un signe incontournable de l’inquiétude de la population de notre région et du désir de se faire vacciner. Selon les données de l’INSPQ mises à jour le 19 mars, avec un taux de 100,2 cas actifs par 100 000 habitants, la région vient au troisième rang après Montréal et Laval.

Par Gilles Bergeron, économiste, et ex-vice-président du conseil d’administration de l’hôpital de Chicoutimi

Vendredi 15 h, les seules places disponibles étaient le 15 et le 16 mai.

Quelques places de vaccination s’ajouteront sans doute durant le mois d’avril. Cependant, pour permettre de terminer la vaccination des groupes les plus vulnérables en avril, soit un mois après la vaccination de ces mêmes groupes dans la région de Montréal, il faudrait ajouter au moins dix jours de vaccination durant le mois d’avril dans une région comme la nôtre. Cette mesure permettrait de maintenir les hospitalisations et les décès à un niveau stable malgré une croissance du nombre de cas en avril.

C’est une question de répartition des vaccins entre les régions dans un contexte de rareté et un choix politique de la part du gouvernement du Québec.

Dans la région de Montréal, vendredi, à la même heure, il était possible pour une personne du même groupe d’âge de prendre un rendez-vous pour se faire vacciner au Palais des Congrès le 23 mars, soit 54 jours avant la meilleure date disponible dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Toutes les personnes faisant partie des catégories des personnes les plus vulnérables qui le désirent pourront se faire vacciner dans la région de Montréal avant la fin du mois de mars.

De plus, des mesures sont prises pour accélérer la campagne de vaccination dans la région de Montréal durant le mois d’avril pour les groupes ne faisant pas partie des groupes prioritaires. Vendredi dernier, il y avait encore neuf jours disponibles en mars au Palais des Congrès et 21 jours de vaccination prévus en avril, en plus des nombreuses places disponibles dans les pharmacies.

Si la vaccination plus rapide des groupes prioritaires dans la région de Montréal en mars peut se justifier compte tenu des risques plus élevés pour ces groupes dans cette région, sur quelle base est-il acceptable de privilégier l’accélération de la vaccination des groupes non prioritaires dans la région de Montréal alors que la vitesse de vaccination dans les régions ne permet pas la vaccination des groupes prioritaires durant cette même période?

Selon l’avis préliminaire sur les groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19 du comité sur l’immunisation du Québec, « le premier objectif qui devrait être poursuivi est la prévention des maladies graves et des décès. Cet objectif est mis de l’avant par tous les organismes ayant proposé des objectifs pour un programme d’immunisation contre la COVID 19 » (p.1).

Cinq valeurs ont été retenues pour définir les groupes prioritaires : la bienfaisance, l’équité, la justice, la réciprocité et la non-malfaisance.

C’est à partir de ce cadre de réflexion que le comité a défini les groupes prioritaires que le gouvernement du Québec a acceptés.

L’avis du comité ne fait pas une référence explicite à la répartition des vaccins sur le territoire, mais souligne en page 23 « à cela on pourrait ajouter l’égalité (tous ceux qui figurent dans un groupe d’ordre de priorité devraient avoir un accès égal au vaccin), notion qui interpelle l’organisation des services de vaccination et la distribution des vaccins à travers toute la province ».

Nous comprenons qu’il s’agit d’un avis préliminaire et que l’évolution de la situation épidémiologique peut moduler l’ordre de priorité, ce qui a été fait en vaccinant plus rapidement les clientèles les plus vulnérables dans la région de Montréal.

Nous estimons cependant qu’il serait plus raisonnable et plus en conformité avec l’avis du comité d’experts de répartir maintenant les vaccins de façon à ce que toutes les régions du Québec, ou du moins les plus vulnérables puissent terminer leur campagne de vaccination des personnes de 65 ans et plus au plus tard le 30 avril et que la distribution des vaccins, qui est une décision politique, soit faite en conséquence.

Il serait par la suite plus facile de terminer la campagne de vaccination pour l’ensemble de la population le 24 juin, en même temps pour toutes les régions du Québec.

Je pense que le temps est venu pour tous les élus de notre région de faire entendre leur voix auprès du gouvernement du Québec.