Bravo aux policiers

OPINION / Personnellement, lorsque j’ai lu la semaine dernière ce qu’ont réussi à faire deux agents de la Sécurité publique de Saguenay, Julien Boucher et Jean-François Martel, grâce à leurs connaissances, pour sauver une dame en décembre, je n’ai d’autre choix que de les féliciter. Nous critiquons souvent nos policiers en raison des contraventions qu’ils donnent, mais là, cet acte humanitaire mérite d’être souligné.

J’espère, selon leurs désirs, qu’ils pourront revoir celle qu’ils ont sauvée. Les policiers, en particulier ces deux agents, méritent toute notre gratitude et notre reconnaissance.

Je connais l’un des deux policiers en question et je sais que c’est un homme de valeur et qu’il a de grandes qualités ; qu’il est à la bonne place dans ce travail. Alors bravo encore pour votre beau travail, Julien et Jean-François, et bonne continuité dans votre carrière.

Yves Thibeault

La Baie

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LE FONDS DES GÉNÉRATIONS DOIT ÊTRE REVU

OPINION / Depuis 2006, le Québec s’est doté d’un fonds unique en Amérique du Nord : le Fonds des générations, dont l’objectif est de contribuer au remboursement d’une partie de la dette cumulée au fil des ans par le gouvernement québécois. Cette année, le montant total déposé au fonds atteindra un montant respectable de 15 milliards de dollars.

Si nous sommes nombreux à partager l’objectif vertueux de ce fonds original, que savons-nous de son financement ? En vertu de la loi qui l’a mis en place, le Fonds des générations bénéficie d’un revenu annuel provenant d’une taxe sur les boissons alcoolisées, des revenus provenant de la vente par le gouvernement de divers biens non réclamés, des redevances minières, des redevances hydrauliques payées à Québec par les producteurs privés d’hydroélectricité et Hydro-Québec, de même que d’autres contributions provenant des activités d’Hydro-Québec. Finalement, les intérêts générés annuellement par les sommes déjà déposées au fonds continuent de s’y accumuler. À première vue, donc, rien de bien particulier me direz-vous, mais regardons-y de plus près. C’est que les redevances minières viennent essentiellement des régions dites ressources, alors que la très grande majorité de l’hydroélectricité du Québec (qu’elle soit produite par le privé ou par Hydro-Québec) vient elle aussi des régions dites ressources. Un calcul de base permet d’établir que plus de 50 % des revenus actuels du Fonds des générations proviennent des régions dites ressources : le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec, la Côte-Nord, la Gaspésie-Îles-De-La-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent. Ensemble, ces sept régions dites ressources abritent 13,4 % de la population du Québec. Ainsi, des régions qui ne comptent que pour 13,4 % de la population fournissent, dans les faits, plus de 50 % (soit quatre fois plus que leur poids démographique) des sommes annuelles consacrées au remboursement de la dette de tous les Québécois ! Juste pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est l’équivalent de 100 millions de dollars (soit quelque chose comme 300 000 $ par jour) que nous envoyons chaque année pour rembourser la dette de tous les Québécois. Si cette somme était utilisée, par exemple, pour payer des salaires à raison de 1000 $ par semaine (plus les avantages sociaux), c’est l’équivalent de 1800 nouveaux emplois (bien rémunérés) qui seraient immédiatement créés ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean…

Nous convenons tous qu’il faut faire des efforts pour assurer le remboursement de la dette du Québec, mais ces efforts se doivent d’être répartis plus équitablement entre les régions du Québec. Ainsi, contrairement à ce qui s’est fait jusqu’à présent, une partie des sommes fournies par les régions dites ressources au financement du Fonds des générations devrait leur revenir sous la forme, par exemple, d’un fonds de diversification économique. Le dépôt du premier budget du nouveau gouvernement, le mois prochain, sera l’occasion de constater comment la CAQ entend concrétiser son engagement de revoir le fonctionnement du Fonds des générations. Considérant le contexte social, économique et démographique difficile vécu par les régions dites ressources, leur demander de continuer à contribuer de façon quatre fois plus importante que les autres au remboursement de la dette du Québec est insoutenable.

Roger Boivin, président

Groupe Performance Stratégique (GPS)

Saguenay