Bienvenue à vous, Mgr René Guay

OPINION / Le pape François a fait son choix : l’abbé René Guay sera ordonné évêque de Chicoutimi (Saguenay-Lac-Saint-Jean) le 2 février prochain. Une date à marquer sur votre calendrier si vous désirez participer à un événement marquant de la vie communautaire ecclésiale (à 19 h 30, à la Cathédrale).

À part cette journée importante, ce qui compte le plus, ce sont les attentes suscitées par l’arrivée de ce nouvel homme de Dieu. 

J’en perçois quelques-unes dans la foulée de ce que mon ami Jocelyn Girard nous a si bien présenté dans l’édition du Progrès du 13 janvier dernier à la page 40.

Je suis d’accord avec les fonctions décrites dans sa présentation : un évêque, c’est un leader, un guide spirituel, un responsable de la gouvernance, une personne de compromis, un animateur-accompagnateur du culte et de la liturgie et aussi un administrateur. 

Mais pour nous, que nous soyons croyants ou non, pratiquants ou non, l’arrivée de ce nouvel évêque, c’est un peu comme une élection ! 

Expliquons-nous : je sais qu’il n’y a pas eu de campagne électorale et personne n’a voté. Tout cela s’est fait à l’intérieur des « murs de l’Église catholique » avec ses règles et ses processus. 

Il n’en demeure pas moins que c’est un homme public qui a été nommé par le pape François (après consultations multiples) et que ses tâches et décisions auront des répercussions sur tout le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

De là le rôle politique de la fonction. Et voici pourquoi.

Tout simplement parce qu’il n’aura pas d’autre choix que de mettre en pratique le leitmotiv maintenant véhiculé par les autorités du diocèse depuis quelques années et résumé en ces mots : « Aller vers ». 

Ce qui est maintenant connu comme étant le tournant missionnaire de l’Église chrétienne et promu par le pape François, c’est de ne plus attendre que les lieux de culte se remplissent comme auparavant, mais plutôt d’aller à la rencontre de l’autre et de l’Autre. C’est cet aspect « pasteur » ou « paternel » (mère et père réunis) qui me rejoint le plus dans les différents rôles de l’évêque.

L’accueil de la différence, l’ouverture à ce qui nous dérange et le « vivre-ensemble », ce sont toutes des manières de vivre notre foi différemment aujourd’hui (la prière et les offices ont quand même toute leur place). 

À titre d’exemple, l’accompagnement des familles de migrants autant déjà réalisé que celui qui est en voie de se concrétiser est un bel exemple d’une Église nouvelle, accueillante et aimante.

Donc, notre évêque René devra s’équiper d’un bon sac à dos et partir dans toutes les directions de notre région pour se « brancher » à la vie quotidienne. 

Plus concrètement, je le vois s’adressant aux membres du nouveau conseil municipal de Saguenay (et de tous les autres qui voudront l’inviter) et aborder avec eux les enjeux de la gouvernance, basés sur l’équité, la vérité et la justice. 

Il n’ira peut-être pas faire une prière, ne voulant pas mêler la religion à la laïcité de l’État, mais sûrement voudra-t-il proposer une réflexion de fond et des outils de développement harmonieux de notre milieu municipal.

Il pourra également, si l’organisation le souhaite évidemment, susciter un dialogue avec les membres des différentes Chambres de commerce où le discours sur l’argent pourrait rejoindre celui du pape François : savoir l’utiliser pour faire progresser nos sociétés et combattre les inégalités. Un gros dossier en vue.

Enfin (et il pourrait y en avoir plusieurs d’autres), j’imagine notre évêque René portera la bonne nouvelle à la classe agricole, par l’intermédiaire de l’UPA, par exemple. 

S’il y a un domaine où le respect de la Terre (le sol, l’air, l’eau) est déjà bien compris, c’est bien chez les agriculteurs en tout genre. 

Mais est-ce que le message de l’encyclique Loué Sois-tu ! est bien connu et mis en pratique ? Voilà un autre défi pour notre nouveau pasteur diocésain.

Et je n’ai pas touché à la lettre pastorale La Joie de l’Amour où il y a tant à dire sur les relations amoureuses, le sacrement du mariage, la famille et la communauté.

En fait, accueillons bien notre nouvel évêque, donnons-lui la possibilité de nous faire découvrir ses positions et orientations, mais n’oublions pas aussi de prier pour lui. Il en aura bien besoin.

Bienvenue à Mgr René !

Pierre Forest, B. Th.

Jonquière