Beaucoup de courage de la part de Gaudreault

OPINION / Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, a montré beaucoup de courage pour s’opposer à la valse des milliards que font miroiter les tenants d’un gazoduc et d’une usine de liquéfaction dans notre belle région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Vous savez sans doute que ces entreprises ont de puissants lobbyistes auprès du gouvernement. J’ai lu dernièrement qu’ils seraient au nombre de sept. À ce sujet, j’aimerais inviter notre premier ministre, M. Legault, à être plus cohérent dans ses déclarations. N’a-t-il pas affirmé qu’il ne voulait pas gouverner par les groupes de pression ? Alors, pourquoi laisse-t-il ces lobbyistes circuler dans les corridors des officines gouvernementales ? D’ailleurs, que fait-il de l’acceptabilité sociale ? Existe-t-elle seulement pour les régions situées près des grands centres ?

Voilà que dans une région de grandes rivières, dans un Québec qui a des surplus d’électricité, on nous impose un gaz dont nous n’avons pas besoin au profit de riches investisseurs étrangers ! C’est aberrant ! J’oubliais la sérénade de la création d’emplois pour justifier l’invasion de ces compagnies. Or, il s’avère justement que nos grandes et petites entreprises régionales vivent une pénurie de main-d’œuvre devant les départs massifs à la retraite de leurs employés. Le Quotidien du 28 mai dernier l’a clairement démontré dans les pages 3 et 4. Gens de la région, soyons capables de dire haut et fort à nos gouvernants que l’acceptabilité sociale n’existe pas pour l’implantation de ces entreprises pétrolières chez nous. Appuyons Sylvain Gaudreault !

Florent Villeneuve

Chicoutimi

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VOUS AVEZ DIT UN PLACARD?

OPINION / « Des élèves autistes enfermés dans un placard d’école », c’est le titre qui a surgi à mes yeux en ouvrant mon ordinateur récemment. Voici le genre de choses envers lesquelles on ne devrait pas garder le silence. Premièrement parce que le rôle de l’école est d’éduquer et transmettre une culture où l’étudiant aura accès à une certaine liberté. Ensuite, nous devons nous rappeler que le mot autisme veut dire isolation sur soi, c’est-à-dire une personne qui est déjà enfermée dans son propre monde et prisonnière des normes sociales. N’est-il pas absurde d’isoler quelqu’un qui l’est déjà ? Quand les parents envoient les enfants autistes à l’école, c’est parce qu’ils ont foi que les professionnels feront de leur mieux pour transformer leur vie.

Ce n’est pas facile de vivre avec les autistes, j’en conviens. Le monde des autistes et celui des neurotypiques (nous) sont complètement différents. Mais les enfermer dans un placard dans le but de diminuer leurs crises n’est pas le meilleur moyen pour créer le pont entre les deux mondes.

Jusqu’à quand va-t-on isoler ces enfants pour les mettre dans le droit chemin ? Et qu’en est-il de leur développement ? Combien d’enseignants de cette école se sont questionnés sur la source des crises et la violence de ces enfants autistes ? Enfermer ces enfants est comme couper l’herbe à la surface. Il repoussera. Mais qui a le temps et l’amour d’investiguer sur la racine de ces crises ?

Vivre avec un autiste, cela prend beaucoup d’amour et de compassion. Ce sont les deux qualités qui font naître la patience pour les comprendre, comme ils sont.

Chaque chose – être – possède sa propre étoffe, sa propre composition. La meilleure aide que l’on peut apporter à une personne autiste est d’abord de comprendre ce qu’elle vit dans son propre monde. Celui qui a la patience et l’amour d’étudier ce monde, de le comprendre sous un angle objectif, a déjà fait le premier pas dans leur univers. Et quand on est dans leur monde, on gagne leur confiance. Une chose est sûre, cette confiance ne se gagnera pas dans le placard.

En général, les autistes sont très intelligents. Leur monde intérieur est un terrain de jeu, un univers de possibilités où ils auraient le potentiel d’être libres. Mais nous leur faisons peur avec nos normes. Cette peur les paralyse et empêche leur imagination de se déchaîner. Comment pourraient-ils retrouver cette dextérité qui s’est enfouie sous les couches de la crainte et de l’angoisse ? Sur le plan de la symbolique, ce n’est pas approprié de mettre un enfant autiste dans un placard. Le rôle de l’école serait de mettre à l’écart tous les obstacles qui créent de l’indignité, de l’incapacité envers ces enfants, et de les aider à développer leur créativité à pleine mesure. Ce qui n’arrivera pas dans un placard.

Sherman Sezibera

Gatineau