Des parents d’enfants autistes réclament des méthodes d’attribution des postes différentes pour les enseignants en adaptation scolaire afin de mieux correspondre aux besoins de leurs enfants.

Autisme et Commission scolaire De La Jonquière

OPINION / En réponse au texte « Des parents d’enfants autistes inquiets », publié dans Le Progrès du samedi 9 novembre.

« Enfin », me suis-je dit, en lisant le cri du cœur de Loyce Bélanger et de Mélanie Minier dans vos pages, il y a moins de deux semaines, ces deux dames étant mamans d’enfants autistes. Parce qu’à ma connaissance, il est rare d’entendre ou de lire sur la place publique (ou dans les médias) cette crainte pourtant bien réelle que nous, les parents d’enfants autistes, vivons à l’approche de chaque rentrée scolaire, c’est-à-dire le stress du possible changement d’enseignantes pour les classes adaptées.

Mesdames Minier et Bélanger précisaient qu’en raison du processus d’attribution de postes de la Commission scolaire De La Jonquière, le fait que des enseignants parfois moins expérimentés se retrouvant en charge d’une classe adaptée pouvait représenter un facteur non négligeable d’impact négatif sur la routine de la clientèle vivant avec le TSA (trouble du spectre de l’autisme). Le fameux « bumping » faisant en sorte qu’un (e) enseignant (e) peut « hériter » d’une autre classe, alors qu’il (elle) aurait peut-être préféré conserver sa classe adaptée une ou deux autres années de plus. Je dis « bravo » mesdames, car vous avez tellement raison de dire haut et fort que de changer d’enseignante chaque année est un perpétuel recommencement et met en situation d’échec plus souvent qu’autrement nos jeunes. 

Avez-vous pensé aussi au stress occasionné aux enseignants qui ne sont pas suffisamment formés et qui s’en vont enseigner aux enfants de classes adaptées ? Avez-vous songé au risque qu’ils partent en « maladie » après un court laps de temps (situation réelle vécue par des parents qui ont dû vivre deux changements d’enseignants en moins de six mois…) ? Pour la stabilité, je suis aussi en faveur que la Commission scolaire De La Jonquière calque son modèle sur celui de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, c’est-à-dire que les enseignants de classes adaptées soient en poste avec leurs classes sur plus d’un an, donc trois ans, question d’assurer une stabilité, un suivi, et une quiétude d’esprit aux enfants TSA… et naturellement à nous leurs parents. Nous avons assez de composer avec l’autisme au quotidien sans avoir à nous casser la tête avec la rentrée scolaire. D’autant plus qu’avec les suppressions de postes d’éducatrices spécialisées dans les dernières années, certains titulaires de classes sont à bout de souffle ! La solution semble à une portée raisonnable, et à l’image de la demande formulée par les mamans Loyce et Mélanie, moi aussi je demande aux responsables en poste à ce qu’elle soit appliquée. J’adresse en passant un merci à la journaliste Anne-Marie Gravel pour avoir mis en lumière ce problème tellement criant. J’espère que nos dirigeants de la Commission scolaire De La Jonquière répondront favorablement à ce cri du cœur des deux dames, cri du cœur tellement représentatif de nombreux parents qui demandent la même chose. 

André Deschênes

Jonquière