Au revoir madame Marie-Rose

J’écris pour vous raconter la belle rencontre que moi et ma sœur avons faite ce printemps.

Nous sommes allés magasiner à Place du Royaume, nous étions en train de dîner quand une belle madame nous a demandé pour s’asseoir avec nous.

Comme nous aimons beaucoup les personnes âgées, nous lui avons dit oui, elle s’est assise avec nous et elle est allée se chercher un café. Nous avons gardé sa place et sa bourse ! Elle nous faisait confiance ! Elle est revenue avec son café et a sorti de sa bourse une petite pochette en satin avec une petite tasse dedans en nous disant qu’à son âge, elle avait ses petites habitudes, et qu’elle ne buvait pas son café dans un verre de styrofoam. Ma sœur lui a demandé son âge, 93 ans qu’elle nous a dit. Elle demeurait au Manoir Champlain et faisait des sorties de temps en temps, elle avait un monsieur qui la conduisait où elle voulait. Elle était indépendante !

C’est une rencontre qui nous a marquées, nous l’avons trouvé tellement gentille !

Et mardi soir, j’ai vu que c’était la dame qui est décédée sur son balcon.

Nous voulons souhaiter nos sympathies à la famille et cette rencontre restera gravée dans notre cœur ! !

Au revoir belle madame Marie-Rose !

Martine Tremblay

La Baie

IGNORANTS ET FIERS DE L'ÊTRE

Les groupes militant pour la protection de l’environnement au Saguenay, à commencer par la protection des mammifères en voie d’extinction dans le fjord, ont essuyé tout un revers à la séance publique du conseil de ville, le 2 juillet dernier. Leur présence pourtant bien sentie, pancartes et banderoles l’appui, et les nombreuses interventions de leurs porte-paroles au micro, n’ont pas réussi à dissuader ledit conseil d’appuyer officiellement trois grands projets industriels controversés dans la région : Métaux BlackRock, la mine d’Arianne Phosphate avec son 3e port et Énergie Saguenay, tous situés en bordure du fjord.

Le conseiller Simon-Olivier Côté, qui avait remis en question au moins un de ces projets il y a quelques mois, brillait par son absence. La seule opposition est venue finalement du conseiller Kevin Armstrong, qui ne se sent pas à l’aise avec une approbation des projets dans leur ensemble. Tout en se ralliant à la majorité du conseil, Julie Dufour a pour sa part plaidé en faveur de la mise sur pied d’un comité afin que la municipalité progresse plus rapidement vers d’autres modèles de développement économique. Mince consolation.

La pire déception pour les pro-environnementalistes est venue de la mairesse elle-même. La pensée de Josée Néron ne semble pas avoir évolué d’un iota depuis des lustres. Dans le cas du projet Énergie Saguenay, notamment, elle reste sourde aux arguments des experts qui remettent en question les prétentions des promoteurs quant aux retombées positives de l’exploitation du gaz naturel comme énergie de transition à l’échelle planétaire. Madame la mairesse préfère s’en tenir au très complaisant rapport d’impact environnemental que l’entreprise a elle-même commandé à une firme privée de consultants !

Ironie du sort, un article de La Presse canadienne paru dès le lendemain de cette soirée funeste donne pleinement raison aux opposants au projet Énergie Saguenay. L’information est tirée d’un rapport de l’organisme Global Energy Monitor. Déjà, le titre est assez explicite, merci : L’essor du gaz naturel plombe la lutte aux changements climatiques.

Josée Néron a également tort de réitérer sa confiance dans le processus d’évaluation de méga projets par nos deux paliers de gouvernements supérieurs. De nombreux observateurs du domaine des sciences et du milieu politique, incluant les trois partis d’opposition provinciaux, ont dénoncé le manque de crédibilité de ces études qui, en segmentant les projets, diminuent leur impact global, tant à ce qui a trait à la production de gaz à effet de serre que du bruit néfaste pour la faune aquatique et causé par l’accroissement de la circulation maritime lourde sur le fjord.

Dernier argument militant en faveur d’un appui officiel à ce type de projets, au dire de notre conseil de ville : Saguenay a grand besoin de nouvelles rentrées de fonds pour éponger la lourde dette héritée de la précédente administration et mener à bien d’autres projets visant, prétendument, à améliorer la qualité de vie des citoyens.

Je regrette mesdames, messieurs, mais pour moi la priorité va à la sauvegarde de l’intégrité de mon milieu de vie, pas dans la construction d’un nouvel amphithéâtre à Chicoutimi ou, pire, dans l’aménagement d’un parc récréatif à La Baie sur l’emplacement d’une ancienne papetière. Un emplacement aucunement attractif, coincé entre les installations portuaires de Rio-Tinto, son monstrueux entrepôt de bauxite et les voies ferrées de Roberval-Saguenay avec ses locomotives au diésel archi polluantes. Les amateurs de plein air ont facilement accès à de magnifiques espaces presque partout ailleurs le long de la Baie des Ha ! Ha ! et ils ne se gênent pas pour en profiter. Je le sais pour avoir demeuré pendant près d’un an dans ce secteur.

Que l’administration de Saguenay soit prête à dépenser six millions de dollars et à aller siphonner deux millions de plus au fédéral pour une telle initiative confirme son manque de jugement et explique sa difficulté à gérer sainement les finances publiques.

Clément Fontaine

Chicoutimi