Au pays de la tolérance

Les Québécois sont des gens pour la grande majorité éduqués, travaillants, aimants de la vie, friands de belles choses tels la culture, le théâtre, les chansons, la musique, la danse, les spectacles d'humour, l'activité plein air et bien d'autres choses. Toutefois, à écouter ce qui se passe dans l'actualité, on serait porté à penser qu'ils sont désabusés tellement ça dort sur la « switch ».
Les policiers et le système de justice ne semblent pas venir à bout de petits gangs d'enfants terribles, tapageurs, troubleurs, toujours les mêmes à faire de la casse aux dépens de la démocratie et de la majorité trop silencieuse. Les politiciens apparaissent d'une mollesse insupportable, un peu plus ils sortiraient leurs mouchoirs pour essuyer le nez de ceux qui font mal paraître tous les autres jeunes qui ont du génie et une tête sur les épaules. Cette manière de faire a coûté cher à Madame Marois, avec sa complicité, dans la rue, tapant de la casserole, avec les carrés rouges. Les silencieux s'en sont rappelés. Le maire Labaume a raison de dire que les politiciens actuels, ceux que l'on mérite, pratiquent l'aveuglement volontaire. Les silencieux vont s'en rappeler à la prochaine élection, mais vont s'endormir pour un autre quatre ans. Au Québec, on pratique la soi-disant vertu de la tolérance que le dictionnaire définit « comme l'acceptation de pratiques ou opinions que l'on ne partage pas, voire que l'on réprouve ». Vertu dites-vous ? Une connerie !
Au pays d'Evos Morales, un autochtone, président de la République Plurinationale de Bolivie, l'autodiscipline est pratiquée par la population entière. Par exemple, si l'on augmente le prix du pain, des transports en commun, c'est toute la population du secteur concerné qui se mobilise. Même le gouvernement d'Evos Morales a dû reculer avec un projet qui avait pour objectif de faire doubler le prix du litre d'essence de quatre pesos (25 sous canadiens) à huit pesos. Toute la population avait décidé de faire un arrêt total de travail dans tout le pays. Dans le département de Oruro, l'Assemblée nationale a voulu changer le nom de l'aéroport, puisque devenu international. Les étudiants et les professeurs s'en sont mêlés par un « sit in » sur la place publique. Voyant qu'ils n'étaient pas entendus par les autorités, 4000 mineurs, des pères de famille, sont sortis de la mine d'Oruro et sont venus les appuyer sur la place publique. Tout le monde a compris leur détermination et le lendemain, le projet de changer le nom de l'aéroport était mis au rancart. Avec les mineurs du pays, on ne niaise pas avec la « puck » comme on dit par chez nous. Les mineurs sont des pères de famille qui travaillent à la dure pour faire vivre leur femme et enfants. Même la police et encore moins l'armée n'ont pas besoin d'être dans le décor. Il y a de l'autodiscipline.
Ici au Québec, des augmentations du prix de l'électricité sont décrétées, des augmentations de 12 cents le litre du prix de l'essence pendant les semaines des vacances de la construction et l'on reste imperturbable. Paye Baptiste, pis tais-toi ! On change le nom de l'aéroport international de Dorval en celui de Pierre-Elliott-Trudeau et ça passe comme du beurre dans la poêle. Pourtant, l'ancien premier ministre a fait un immense gâchis avec l'aéroport de Mirabel ! C'est quoi l'affaire ?
Ici au Québec, on jase, on joue du violon, on dort au gaz de schiste pour ne pas dire au gaz de chiotte, alors qu'en Bolivie, un pays en voie de développement, la population pratique l'autodiscipline. Là-bas, on vit pour la plupart avec juste l'essentiel. Ici, on vit dans la surabondance avec une dette toujours de plus en plus monstrueuse. Mais, peut-être que le réveil sera brutal.
Martin Belley 
Saint-Nazaire