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Au front

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / C’est la nuit... je ne dors pas. En toute sécurité dans mon lit d’hôpital, je rêvasse. Sans bruit, un faisceau lumineux apparaît soudainement dans la chambre et cette image éveille en moi comme un film déjà vécu. Le jour est tombé.

Par Véronique Fortin, Saguenay

Le calme revient graduellement dans la ruche bourdonnante. Les abeilles regagnent leur cellule. Journée bien remplie dans un va-et-vient discipliné à répondre aux besoins. Et là où elles se posent en y laissant une part de leur vie trépignante, chacun en récolte des bienfaits. Généreuses, elles donnent, encore et encore avec prudence, parfois même au-delà de leur pouvoir et certaines tombent, épuisées. Alors elles s’isolent le temps de refaire leurs forces, mais investies du courage des combattants, elles reviennent avec acharnement, guerrières qui s’offrent sur la ligne de front pour sauver ceux qui leur sont confiés.

Le jour est tombé, le calme est revenu.

Mais des profondeurs de la nuit, les lucioles surgissent, petites lueurs éphémères qui s’allument et s’éteignent dans un ballet bien ordonné. Traits de lumière qui voyagent dans la nuit, ces anges gardiens, fées clochettes qui répondent aux alarmes, disparaissent silencieuses, dans des grottes sombres, balayant l’obscurité et dispersant chaleur et réconfort.

Tel un phare qui signale sa présence en perçant la nuit, elles servent de repères et, infatigables, volent au-devant d’un bruit qui les alerte, s’affairant à y ramener le calme.

Les années ont passé, à mon tour de bénéficier de leur dévouement. Mais je garde en mémoire la fierté d’avoir tenu dans l’insécurité du moment, et la lampe et la main.